13 juin 2009
Interlude
Bon, je viens de regarder les statistiques du blog... Et les mots-clés utilisés pour arriver ici sont plutôt affolants ^^
En vrac:
- Bruitage foudre Sith
- Jeux pour faire souffrir un prof
- Grigri de casque
- pom pom Sith (et pourquoi pas une pom pom girl, pendant qu'on y est? Ah, merde, je crois que je fais le pom pom sith dans un épisode...)
- wallpaper femme au travail de ménage avec balai (Oo omagad)
- comment faire du mal à quelqu'un avec grigri (ben, tout simplement en disant "ATTAQUE!")
- grigri pour avoir quelqu'un (encore un adolescent paumé, tiens ^^)
02 juin 2009
Trips du Grigri - Saison 3, Episode 1 - Dégénérescence.
Bonjour à tous! Je suis de retour pour une troisième saison! J'vais essayer d'être un peu plus sérieux cette fois. Ne cherchez pas de lien avec les épisodes précédents, il n'y en a pas vraiment. J'espère que vous apprécierez! Commentez tout votre soûl :)
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Episode 1: Dégénérescence.
Grinder était assis en position de Seiza. Derrière lui, le soleil levant commençait à caresser ses épaules et son dos nus. Un léger vent faisait bruire l’herbe et les feuilles.
Grinder expira lentement par la bouche, puis ouvrit les yeux. Devant lui s’étendait un magnifique paysage : le Lac du Bourget, vu depuis le site unique de la Chambotte.
Le sabre laser du Sith reposait devant lui. Grinder ferma les yeux. Le bruit du vent se fit plus lointain.
Grinder ouvrit les yeux à nouveau. Le sabre était au même endroit. Il soupira et se leva, en récupérant le sabre dans le mouvement. Il l’accrocha à sa ceinture avant de passer la tunique que lui passa Peter.
- Toujours rien ? demanda ce dernier.
- Non, rien, fit le Sith en passant sa capuche. Viens, on rentre.
~
Les deux amis retournèrent à leur véhicule, un vieux break fatigué, et descendirent de la Chambotte silencieusement. P.O. s’arrêta acheter des croissants pendant que Grinder ruminait dans la voiture. Ils finirent par arriver chez eux, du côté du Revard, dans un petit hameau sans nom.
Ils avaient retapé un vieux corps de ferme, un peu isolé du reste du monde, avec une vaste salle en sous-sol, ainsi qu’un caveau pour Peter, même si son immunité au soleil rendait ce genre d’installation plus symbolique qu’autre chose.
Peter gara la voiture, puis ils prirent le petit déjeuner dans la cuisine, baignée par les rayons du soleil matinal.
Ils rangèrent, firent la vaisselle, puis Grinder retourna dans la cour pendant que P.O. descendait au sous-sol.
Le Sith fit ses exercices de karaté matinaux : échauffement sommaire, puis révision des katas. Grinder finit avec Jitté, puis se désaltéra alors que P.O. remontait du sous-sol, vêtu d’un simple pantalon.
Le vampire développait une musculature impressionnante. Il s’étira, faisant craquer son puissant cou, puis il toisa Grinder, une lueur verte dans le regard.
- T’es prêt ?
- Je t’attends, fit Grinder, qui était lui aussi torse nu.
- Très bien. Je commence à dix pour cent.
P.O. avança sur Grinder, nonchalamment. Le Sith attendait, debout, muscles relâchés. Le vampire attaqua, portant un crochet du droit avant d’enchaîner très rapidement sur un uppercut du gauche. Grinder bloqua la première attaque, rentra dans la garde et porta un vif coup au menton, avant de prendre appui sur le poing gauche de son ami pour se propulser au-dessus de lui. A peine le Sith toucha-t-il par terre que P.O. était sur lui, le mettant au sol d’un balayage. Grinder amortit la chute, se propulsa avec les mains, et envoya ses deux talons dans le menton du vampire. P.O. tituba en arrière en chancelant, la bouche en sang.
- Bien, fit-il. A ce stade, tu me bats sans problèmes, même sans la Force.
- Oui, mais tu n’es qu’à dix pour cent.
- C’est vrai. On continue ?
- Oui. Monte directement à cinquante pour cent, s’il te plaît.
- D’accord.
Les yeux de P.O. flamboyèrent un court instant. Le sang cessa de couler de sa bouche. Puis il fonça sur Grinder, en lui portant un coup de pied au visage. Grinder accompagna le geste, entraînant P.O. dans une rotation, qu’il mit à profit pour lancer un coup de pied retourné. Grinder se baissa, et lança sa jambe pour balayer son ami. Ce dernier sauta lestement en l’air, et repartit à l’assaut dès qu’il eût touché le sol. Il lança un coup de poing direct, que Grinder bloqua des deux mains avec difficulté, la puissance du coup l’envoyant en arrière. Il ne vit pas venir le deuxième coup de poing, qui le cueillit au plexus solaire, lui coupant le souffle. Crachant et toussant, le Sith para avec difficulté les autres coups de poings. Il réussit à bloquer et à frapper le bras de son ami avant de porter un coup à la gorge, mais P.O. riposta d’un puissant coup de pied qui fit décoller Grinder du sol.
Le Sith atterrit à plat dos, le visage en sang, les côtes douloureuses. Il tenta de rouler sur le côté, mais P.O. lui sauta dessus, un genou sur le plexus, accentuant une douleur déjà bien présente, et une main pleine de griffes serrée autour de la gorge.
Grinder matraqua désespérément le bras de son ami pour lui faire lâcher prise. Rien à faire.
Le sang battait aux temps de Grinder. Ses yeux se colorèrent de jaune. Une vague invisible sembla passer, les cailloux et la terre tremblèrent un instant.
Puis, aussi soudainement que le phénomène était venu, il cessa. P.O. lâcha son ami, puis il se releva.
- Toujours rien ? demanda-t-il en aidant son ami à se relever.
- Non, fit péniblement Grinder, la gorge en sang. J’ai bien cru, à la fin, que ma colère allait marcher…
- J’y ai cru aussi… Les yeux jaunes, les petites caillasses qui bougeottent…
- Faut croire que c’est pas encore aujourd’hui que ma maîtrise de la Force reviendra, fit Grinder, en se dirigeant vers la maison.
~
De retour à la maison, Grinder soigna ses blessures. P.O. rentra également, l’informant qu’il allait se reposer dans son caveau quelques temps. Tous deux descendirent à la salle souterraine.
- Je vais m’entraîner un peu au sabre, fit Grinder.
- Katana ou sabre laser ?
- Sabre laser, répondit le Sith.
- Tu veux essayer à nouveau le double lame ?
- Non, pas encore. Sans la Force, en cas d’erreur, je risque d’y laisser un bras.
- Effectivement, mieux vaut faire attention. Bon, je vais me reposer. Fais attention à toi.
- Merci. Repose-toi bien.
P.O. se retira dans son caveau. Seul dans la salle d’entraînement souterraine, Grinder appuya sur le bouton d’une télécommande. Une sphère d’entraînement apparut dans un sifflement de répulseurs. Grinder activa son sabre laser, déployant une lame rouge sang.
La salle d’entraînement était vaste, et reflétait un terrain montagneux standard : des cailloux, des touffes d’herbe, des buttes et quelques arbres rabougris. La sphère sortait d’une ouverture sise aux côté de l’accès secret menant à la salle.
Grinder fit tournoyer son sabre avec précaution, l’effet gyroscopique de la lame la rendant dangereuse pour des mains de novice. Le Sith avait l’habitude de manier son arme, devenue une extension de son bras, mais le fait qu’il soit coupé de la Force le rendait méfiant.
La sphère analysa brièvement le Sith, puis mit en action ses programmes basiques : attaquer, bouger, attaquer. Grinder n’avait plus la Force, mais ses réflexes aiguisés étaient toujours là. La sphère tira un premier rayon, monta sur le côté gauche du Sith et lança une brève rafale de trois coups depuis deux ouvertures différentes.
Grinder esquiva la première salve d’un simple pivot du pied, puis il sauta lestement au-dessus des trois tirs suivants, se rétablissant derrière la sphère.
Cette dernière, pourvue d’orifices de tir sur toute sa surface, ne fut pas gênée : elle riposta aussitôt par deux tirs. Grinder avait prévu le coup et para le premier tir de la lame de son sabre, avant d’effectuer une roulade pour esquiver le tir suivant. En se relevant, il para deux nouveaux tirs, les faibles décharges d’énergie allant se dissiper contre un mur.
La sphère évalua la situation, puis repartit à l’attaque. Le ballet se poursuivit quelques temps encore, Grinder parvenant à parer sans trop de difficultés les tirs, grâce à son intuition et à son expérience.
Après un quart d’heure d’exercices, Grinder appuya à nouveau sur sa télécommande, arrêtant le programme d’attaque de la sphère, qui se mit à léviter au-dessus à hauteur de tête en mode passif.
Le Sith appuya sur une autre touche, et trois autres sphères apparurent. La lame écarlate se déploya à nouveau.
~
Quelques minutes plus tard, Grinder était en sueur, haletant, son habit troué de toutes parts par les tirs des sphères télécommandées. Le Sith arrêta le massacre d’une pression sur sa télécommande et s’assit par terre pour faire le point.
La Force ne venait plus à lui. Tout son entraînement ne servait plus à rien. Les mécanismes étaient encore là, la rage bouillonnait toujours au fond du jeune homme, mais la Force semblait inaccessible.
Elle était toujours là, pas de doute : Grinder le sentait au fond de lui. Mais elle était tout simplement inaccessible. Ses sens ne profitaient plus de l’acuité conférée par la Force, ses réflexes, quoique toujours supérieurs à la moyenne, n’avaient plus leur rapidité surnaturelle d’antan.
Le Sith, toujours par terre, posa son sabre devant lui, et ferma les yeux, projetant ses sens comme il avait l’habitude de le faire : vider son esprit, canaliser la rage qui couvait toujours au fond de son cœur, et s’en servir pour alimenter le flot de Force qui l’enveloppait.
Mais rien à faire. La Force semblait toujours bloquée. Soupirant, Grinder se mit en position seiza, mains en coupe sur ses genoux, puis il fit le vide pour méditer. Pour une fois, il décida de ne pas méditer selon les principes Sith, mais selon les principes du karaté. L’esprit au calme, vide de toute intention, de toute pensée, de tout sentiment.
Depuis bien longtemps, Grinder fit le vide dans son esprit. Une grande paix l’envahit, qu’il n’avait pas connue depuis qu’il avait embrassé le chemin des Sith. Il n’y eût rien pendant un temps indéterminé, un battement de cœur, ou l’âge d’une galaxie.
Puis une lumière apparut, brillante, dans l’esprit du Sith. Doucement, la Force revint. Grinder sentit le flot l’envahir, mais d’une façon différente à ce qu’il avait l’habitude d’éprouver : la Force venait de son sentiment de paix, et non plus de sa frustration, de sa peur et de sa colère.
Sans se départir de son calme, les yeux toujours fermés, Grinder tendit la main. Son sabre vint s’y loger, avec douceur.
Le Sith ouvrit les yeux. L’instant passa.
Un sentiment de triomphe et d’avidité emplit Grinder alors qu’il se relevait. Mais la Force n’était plus là. Perplexe, le jeune homme fit appel à ses techniques de méditation Sith pour laisser la Force couler en lui. Rien à faire, cela ne marchait toujours pas.
Il se rassit, posa son sabre, et fit encore le vide, façon karaté. La paix l’envahit à nouveau, et la Force avec elle.
Tremblant, le Sith se releva et sortit de la salle d’entraînement.
~
- Quoi ? fit P.O., son verre de sang à la main.
Les deux amis se tenaient sur la terrasse et profitaient de la lumière vespérale avant qu’elle ne disparaisse derrière les montagnes.
- Tu as bien entendu. Je ne peux plus me servir de ma colère pour canaliser la Force. Mais dès que je fais le vide… Que je suis en paix… Elle revient…
- Mais… C’est des techniques de Jedi, ça !
- C’est bien ce qui me fait peur ! Comment est-ce que j’aurais pu perdre des années et des années d’entraînement comme ça ? Pourquoi est-ce que ma colère ne me permet plus d’utiliser la Force ?
- Je sais pas, moi… T’es devenu trop gentil ?
Grinder lui jeta un regard noir.
- Mais bien sûr…
- Bah, quoi ? On sait très bien que tu te sers du Côté Obscur, mais uniquement parce qu’il apporte plus de puissance facilement, fit P.O.
- Oui. Et l’utilisation que je fais de cette puissance ne regarde que moi. De toute façon, la Force n’a pas de morale.
- Ouaip. Elle va pas décider que tu te sers mal d’elle, et te couper le jus comme ça… Le vampire porta le verre à sa bouche et but une gorgée de sang. Au fond, tu t’en fous un peu, non ? Si tu peux te servir de la Force en étant en paix au lieu d’être en colère…
- Je sais bien… Mais je fais quoi de mes années d’entraînement, hein ? répondit Grinder avec humeur. J’ai appris à me servir de la Force instinctivement, en répondant à mes instincts primaires, avec la puissance de la colère….
- Et tes années d’entraînement de karatéka, hein ? fit avec justesse P.O. Tu t’es quand même entraîné un moment dans cette voie, et tu vas pas me dire que le karaté recommande la colère et l’emportement pour se battre ?
- C’est pas faux… Mais je vais devoir tout réapprendre… Et ça me fera vraiment bizarre de passer du Côté Lumineux…
- Tu étais déjà du Côté Lumineux, couillon, fit P.O. en assénant une tape sur l’épaule de son ami.
Grinder sourit. Puis il soupira.
- C’est pas comme si m’entraîner me dérangeait… J’en ai encore vraiment beaucoup à apprendre de la Force, on dirait…
- Et ouais, fit P.O. en finissant son verre de sang.
- On en reparlera demain, fit Grinder, alors que les derniers rayons du soleil disparaissaient derrière la montagne. Je vais aller me promener un peu et réfléchir à tout ça.
- D’accord, mon pote. Moi, j’vais m’ouvrir une autre petite bouteille de sang, et profiter un peu de la nuit.
- Rejoins-moi, si tu veux. Je ne serai pas bien loin.
- Ca marche. A tout à l’heure.
- A tout à l’heure.
P.O. se leva et rentra dans la maison, laissant Grinder seul sur la terrasse à contempler le paysage qui s’obscurcissait.
Canaliser la Force à l’aide du Côté Lumineux, en faisant la paix avec soi-même… Voilà une bien étrange pensée, se dit le Sith en se levant pour aller marcher dans les bois.
06 janvier 2009
A quand la suite?
Voilà voilà, le dernier épisode, paru en avril dernier, est le dernier épisode à ce jour. Après un (énième) passage à vide, me voici de retour, pour encore plus de conneries (si mon inspiration tiens le coup.)
J'hésite encore entre plusieurs pistes, à savoir une autre ellipse narrative telle que celle qui est arrivée avant les trips Next Gen, ou bien continuer directement ceux-ci, ce qui ferait diablement plaisir à P.O....
(Je crois que je vais faire plaisir à mon pote :) )
Trips du Grigri Next Gen – Episode 2 et sa moitié : Fire at will !
- Bip.
Le calme de l’espace se déploie majestueusement autour de la Terre. Le petit appareil métallique était en passe de terminer une autre rotation autour de la planète.
- Bip.
Les rayons du Soleil, perçant à travers la couche de l’atmosphère aussi épaisse, semblait-il à cette altitude, qu’une feuille d’Oxyde Carton Blindé, éclairèrent les flancs de l’appareil.
- Bip.
D’autres éclats lancèrent des reflets sur la carcasse métallique du satellite. Un autre appareil spatial, bien plus gros, le croisa à haute vitesse, poursuivi par des tirs de laser imprécis. Le satellite esquive miraculeusement les shrapnels et les rayons et continue sa route.
- Bip.
C’est maintenant une bataille spatiale qui se déroule devant le satellite. Un gigantesque vaisseau en est le cœur, et il est assailli par des dizaines et des dizaines d’autres bâtiments plus petits. Le fragile composé d’alliages divers, incapable de détecter la menace et même de changer de direction, fonce droit sur le gigantesque vaisseau.
- Bip.
Le satellite avance inexorablement, se rapprochant du cœur de la bataille. Soudain, un autre chasseur le frôle.
La torpille à protons, elle, ne fait pas que le frôler.
- Bordel, raté, jura Tom, transpirant, aux commandes de son Tie/def. Qu’est-ce qui a intercepté ma torpille ?
~
Sur Terre, dans un bunker secret perdu au fin fond de la Sibérie orientale du sud-ouest occidental… (après le petit pont à gauche, pour être précis)
- Dabrochniak !
- Nié zalabounka ?
(Note : pour permettre une meilleure compréhension, nous traduirons
les dialogues suivants du russe (en passant par le module de décodage
Grigrimagination 3.0) en emmerdant copieusement les puristes. Reprenons
donc le début de notre dialogue en le traduisant : )
- Aaarg !
- Quel hippopotame ?
- Je parle pas d’hippopotame, crétin !
- Quoi, qu’est-ce qui se passe ?
Les deux hommes se tenaient dans une grande pièce équipée d’un immense écran sur un mur. Des courbes traduisant les trajectoires de divers appareils s’affichaient à l’écran. L’une d’entre elles, alors qu’elle passait au-dessus de la France, s’interrompait avec un petit logo stylisé représentant une tête de mort en Russe. (On fait ce qu’on peut.)
- On a perdu un satellite !
- Quoi ? Razbagnök ! (note : nous ne traduisons pas le terme «
Razbagnök pour des raisons morales. Notez toutefois que le « gnök » se
prononce sans diphtongaison, de la façon suivante : « gunök ». Bien à
vous.) C’était lequel, Youri ?
- Et bien, Dimitri…
- Quoi ? C’est si grave que ça ?
- Dimitri…
La tension se fit insoutenable au cœur de la salle. Elle-même avait vécu les grands jours de la Guerre Froide, mais restait dorénavant utilisée uniquement par routine, le gouvernement russe ayant totalement oublié son existence (son fonctionnement était assuré par un bureau obscur et autonome du gouvernement.) L’homme s’alluma une cigarette avant de répondre, avant de laisser tomber un regard lourd de conséquences sur son collègue, en même temps qu’un nuage de fumée.
- Dimitri… On vient de perdre Spoutnik.
~
- Estimation des dégâts ? demanda un Grinder tendu au capitaine Chaax.
- Importants, monsieur. Grinder serra les dents. Les boucliers
tiennent le coup, mais ne sont plus qu’à 38% du nominal. Un barrage de
torpilles a fait tomber le bouclier du quart avant, et nous avons perdu
60% de la puissance de feu du quart avant de pouvoir remonter les
boucliers. Le générateur d’énergie principal est à 59% du nominal. Les
générateurs auxiliaires tournent à plein régime. Puissance de feu
générale à 72% du nominal.
- Et les bonnes nouvelles ?
- La flotte ennemie ne compte plus que 83 appareils au lieu des 121 initiaux, monsieur.
Grinder ferma les yeux, se passa la main sur le front et se tourna vers Nounours.
- Bon, il est temps. Appelez la flotte.
Nounours eût un sourire sadique ; sortant un mystérieux appareil, il appuya sur un bouton et aboya quelques ordres. Le commandant, à ses côtés, se mit à sautiller partout en hurlant, les yeux fous. Il sortit un débouche-chiottes d’on ne sait trop où et s’attaqua à un enseigne avant que Nounours ne le calme.
- Trippeurs, tenez-vous prêts au décollage, lança Grinder dans le circuit com interne aux trippeurs. Nos alliés arrivent.
- Pas trop tôt, grommela Tom. Ça tremble, par ici !
- Grinder, terminé.
Le trippeur scrutait attentivement l’écran radar. Soudain, le fouillis de points colorés devint encore moins lisible : les mystérieux alliés arrivaient…
- A tous les vaisseaux : décollez immédiatement ! Chasseurs, supprimez la chasse ennemie. Assignation de cibles par l’ordinateur central. Barges d’assaut, visez les plus gros appareils ennemis. A l’attaaaaaaaaque !
Le Sith coupa la communication et arbora un sourire de dément. Les alliés venaient d’arriver, ajoutant du suspense à la bataille…
~
Tom, saisissant fermement les commandes de son chasseur, poussa les moteurs une fois hors du hangar. Aussitôt sortit de la bulle protectrice du bouclier déflecteur, il faillit être réduit en poussière d’étoile par un tir de turbolaser. Dirigeant rageusement son escouade sur le vaisseau à l’origine du tir, il réduisit en cendres l’analogue de croiseur qui avait failli l’avoir. Une fois le bâtiment ennemi détruit, il fit plus attention à son environnement et attendit que l’ordinateur central lui donne des cibles. Son regard erra alors sur le champ de bataille à travers la verrière. Le Sith écarquilla les yeux, secoua la tête, et regarda à nouveau.
Impossible…
~
-C’EST QUOI CE BORDEL ? hurla Jabinette, s’accrochant tant bien que mal aux arceaux de sécurité de la navette d’assaut de classe
Gamma
dans laquelle elle se trouvait.
Tout autour d’elle, par la verrière, elle voyait une monstrueuse flotte de sous-marins jaunes canari sortir de l’hyperespace et attaquer la flotte de la FGEN. Les réseaux com furent soudain saturés de « BWAAAH ! », attestant de l’attaque des alliés de Grinder.
Jabinette était atterrée : les mystérieux alliés de Grinder étaient des Lapins Crétins…
~
- BWAAAAH ! BWAAAAAAAAAH !!!
Sur la passerelle de l’Asmodée, le commandant Lapin Crétin sautait de partout en agressant des officiers avec son débouche-chiottes. Nounours lui courait après pour le calmer.
- A tous les lapins : à l’assaut ! Abordez les plus gros vaisseaux ennemis, et détruisez les plus petits. Chasseurs, continuez d’éliminer la chasse adverse. Barges d’assaut, marquez les cibles que vous allez aborder pour ne pas qu’on tire dessus. Allez, allez !
Grinder se rassit dans son fauteuil de commandement alors que Nounours plaquait le Lapin Crétin commandant, lui faisant sortir les yeux de la tête. Le Sith en chef (si, si ^^) étudia plus attentivement son écran de commandement…
~
Des « BWAAAH ! » résonnaient sur tous les canaux de communication.
Les sous-marins jaunes, approchant de la flotte ennemie, se mirent à
tirer sur les appareils de la FGEN avec des débouche-chiottes géants.
Les vaisseaux touchés étaient alors remorqués par plusieurs
sous-marins, et abordés par un essaim de lapins en combinaison
spatiale. La flotte ennemie eût un instant de flottement, avant de
reprendre le combat avec ce qui ressemblait à de la consternation. Les
barges d’assaut profitèrent de la confusion pour aborder un groupe
d’analogues de destroyers qui se tenaient un peu à l’écart de la
bataille. Jab, J.R. et Zombi partirent dans un vaisseau, Jojo et l’Elfe
en investirent un autre, tandis que Mercurio et Imy s’occupaient d’un
troisième bâtiment.
J.R., marteaux en main, se mit à courir follement dans les
couloirs, écrasant tout ce qui bougeait. Zombi suivait le parterre de
cadavres de grandes silhouettes en robe noire tant bien que mal, un
énorme DL-44 modifié en main, tandis que Jab tranchouillait de-ci
de-là, en faisant preuve d’un certain sadisme lorsque personne ne
regardait.
L’Elfe, dans le vaisseau qu’elle abordait, prenait les devants,
arc en main. Suivant les instructions de Jojo, elle visait le mobilier,
réussissant des tirs impressionnants sur des soldats médusés.
L’Empereur, lui, grillait à tout va et balançait des cocktails
waylandoff pour nettoyer les poches de résistance.
Enfin, sur le dernier bâtiment, Imy repoussait les soldats à
grands coups de « NOOOOOOOOOOON », et Mercurio, lueur égrillarde dans
l’œil et chaînes en main, avançait en lacérant tout ce qui bougeait.
Les passerelles des bâtiments furent bientôt prises, ce que ne manquèrent pas de communiquer les trippeurs à Grinder
via
la ligne com interne. Grinder se pencha sur l’affichage tactique alors qu’on pouvait entendre la voix de Tom jurer et se demander ce qui avait bien pu intercepter sa torpille à protons. Les forces de la FGEN étaient désorganisées. Leurs bâtiments principaux dérivaient, en flammes, après s’être fait tirer dessus par les appareils investis par les commandos trippiens. Les vaisseaux capturés par les lapins crétins étaient rapidement investis, et un chapelet de soldats de la FGEN en sortaient, expulsés par des commandos lapins armés de débouche-chiottes. Grinder souriait. Il appuya sur le bouton de com pour s’adresser à la FGEN, lorsqu’une secousse le jeta hors de son siège. Les lumières s’éteignirent lorsque le front du Sith rencontra le bord de la console de commandement. Lorsque le Sith se releva, les lumières ne s’étaient toujours pas rallumées ; seul l’éclairage de secours nimbait la pièce d’une pâlotte lueur rouge.
- Capitaine Chaax ! Que se passe-t-il ? demanda le Sith alors qu’une bosse catégorie œuf de pigeon naissait sur son front.
- Dégâts critiques, monsieur. Le générateur principal a été touché.
Générateurs auxiliaires en surcharge ; il faudra du temps avant de les
redémarrer. Les systèmes d’urgence fonctionnent, mais nous n’avons plus
de boucliers, ni d’armement.
- Merde ! qu’en est-il de la bataille ?
- Les Lapins crétins forment un rempart entre l’
Asmodée
et nous. La chasse ennemie a été anéantie, et les bâtiments investis
par nos équipes de commandos font le ménage dans le plus gros de la
flotte ennemie. La FGEN n’a plus que 32 bâtiments. Nous pouvons dire
que la victoire est à nous, monsieur.
- Ouf ! soupira le Sith. Mais comment la panne est-elle survenue ?
- Je ne sais pas, monsieur.
- Nounours, une idée ? demanda Grinder en se retournant vers le grand trippeur.
Le problème, c’est que Nounours n’était pas là.
Et le commandant Lapin Crétin non plus.
- Merde ! s’écria le Sith en partant en courant dans les couloirs. Schwarz Engel, avec moi !
~
- C’est terminé ? demanda Jab depuis la passerelle du
Censeur
, l’analogue de destroyer qu’elle avait capturé.
- On dirait bien, répondit Mercurio
via
holocom depuis la passerelle du bâtiment sur lequel il se trouvait.
La flotte de la FGEN battait en retraite. Les rares bâtiments intacts avaient plongé dans l’hyperespace, et ceux qui restaient étaient détruits pas les sous-marins des Lapins Crétins et les vaisseaux capturés par les trippeurs. Tom, de son chasseur, enchaîna les figures pour fêter la victoire.
- Victoire ! cria-t-il.
- BWAAAAAH ! lui répondirent bon nombre de voix sur le canal com.
- Ouais, Bwaaah, répondit mollement le Sith.
- On a gagné ? demanda un Zombi hébété.
- Et ouais, fit Mercurio, enjoué. Hiheuhiheuha, on les a eu ! Grinder est un génie, poursuivit-il avec un sourire.
Souriant, tout le monde attendit le bruit, révélateur, de l’explosion de chevilles grinderienne. Nenni : Grinder ne se manifestait pas. Inquiets, les trippeurs se rapprochèrent de l’
Asmodée
, sans remarquer la reconfiguration des sous-marins jaunes : les bâtiments des Lapins Crétins s’étaient regroupés d’un côté de l’
Asmodée
, entre la Terre et le vaisseau amiral du Grigri.
~
Le Grigri, lui, courait comme un dératé dans les couloirs, suivi par le lourd martèlement de ses DarkTroopers. Tout autour, c’était la folie, entre les officiers qui fêtaient la victoire, ceux qui s’inquiétaient de l’éclairage rougeâtre, et ceux qui gisaient morts à cause d’un bête tir de laser mal placé (oui, c’est très con d’être figurant dans un trip à deux balles.)
- PUTAIN DE LAPINS DE MEEEEEERDE ! hurlait Grinder en courant.
Après une série de virages, le Sith finit par atteindre la salle du générateur principal. Un tas de stormtroopers gisaient au sol, un débouche-chiotte en travers du casque. Ils étaient inanimés. Grinder passa la porte blindée, qui avait été arrachée par un débouche-chiotte géant, pour apercevoir Nounours, au sol, luttant de plus en plus faiblement contre le débouche-chiotte qu’il avait sur le visage et qui l’empêchait de respirer.
- NOUNOURS ! brailla Grinder en arrachant le débouche-chiotte
(embarquant au passage un morceau de barbe) tandis que les Schwarz
Engel sécurisaient la salle du générateur. Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Zuis dézolé, fit Nounours. Z’ai essayé de l’empêcher, mais il est devenu fou, et il a détruit le générateur principal.
- Merde ! Mais qu’est-ce qu’ils veulent faire ?
- Ze sais pas !
- Et pourquoi tu parles comme ça, à la fin ?
- Tu veux aussi un débouze-ziottes zur la tronche ? rétorqua Nounours, boudeur, en se relevant.
~
Dans l’espace, les choses se compliquaient : un groupe de sous-marins tenait les autres trippeurs à distance, tandis que le gros de la flotte lançait ses débouche-chiottes géants sur l’
Asmodée
. Puis les moteurs des sous-marins crachèrent des flammes lorsqu’ils se mirent tous à tirer l’énorme masse du superdestroyer, l’entraînant vers la Terre.
- Oh nom de Dieu, jura Jabinette en voyant l’action.
- On fait quoi ? demanda Imy par canal com.
- On leur pourrit la gueule, *buuuuuuuuuuuuurps*, et on redescend sur Terre, fit Jojo.
- On n’a pas le temps d’arrêter ça ? demanda Tom depuis son chasseur.
- Je crois pas, non…
Sous les yeux des trippeurs, l’
Asmodée
prenait de la vitesse, et son blindage commençait à virer au rouge en entrant dans l’atmosphère…
~
- Merde ! Il se passe quoi ? demanda Grinder lorsque la secousse le jeta une nouvelle fois au sol.
- Monsieur, il semble que le bâtiment soit tracté par les Lapins Crétins, répondit un DarkTrooper.
- Merdeuh ! Tous à la passerelle ! cria le Sith en repartant, tout son p’tit monde sur ses talons.
Lorsque Grinder arriva à la passerelle, il ne put rien voir : les panneaux blindés anti-explosion étaient descendus, protégeant la verrière. La chaleur commençait à devenir assez intense, et tous les officiers, s’agitant, étaient en nage.
- Il se passe quoi, capitaine ? hurla un Grinder au bord de l’apoplexie.
- Nous sommes tractés vers la Terre, monsieur !
- Et on peut rien faire contre ça ?
- Pas vraiment, si le générateur principal est détruit… Je peux
essayer de réactiver les générateurs auxiliaires, ce qui nous
permettrait d’utiliser les répulseurs, mais au vu de la masse du
vaisseau, le résultat risque tout de même d’être catastrophique,
monsieur !
- Faites tout de même, capitaine, hurla Grinder. J’ai une idée !
~
Les sous-marins, une fois leur forfait accompli, s’étaient mis à descendre sur Terre, suivant la trajectoire de l’
Asmodée
. De leur côté, les trippeurs, qui avaient finalement décidé de saboter les bâtiments capturés pour engloutir les sous-marins qui les encerclaient et par souci de facilité scénaristique, poursuivaient eux aussi l’
Asmodée
dans des chasseurs en essayant de ne pas trop se faire remarquer par l’armada de sous-marins jaunes, les canaux com étant envahis du « BWAAAH ! » tonitruant des Lapins.
~
- Ca y est, monsieur, fit le capitaine Chaax en épongeant son
front. La température était de plus en plus insoutenable. Générateurs
auxiliaires en marche, et à 86% du nominal. On peut se servir des
répulseurs. J’ai dévié l’énergie de l’armement vers les systèmes, ce
qui devrait nous assurer une bonne autonomie et une puissance
confortable.
- Bien, capitaine. Suivez mes instructions…
Au-dehors, le superdestroyer avait commencé à prendre feu. Les répulseurs, malgré la chaleur insoutenable, se mirent en route, et commencèrent à dévier un peu la trajectoire de l’Asmodée…
~
A Chambéry, capitale rayonnante de la Savoie, au cœur des
montagnes… Alors que la ville se remettait doucement de l’attaque
sauvage de la créature verdâtre…
Dans le centre de secours départemental, un pompier sirotait un
café, les pieds sur la table. Soudain, un coup de fil. Le pompier
décroche après une dernière gorgée, en regardant avec un soupir le
soleil qui se déploie au-dehors, par la fenêtre.
- Pompiers de Chambéry, je vous écoute.
- Y A LE FEU ! hurla le correspondant du pompier.
- Calmez-vous, monsieur. Le feu est-il important ?
- OH ***censuré***, CA, OUI, BON DIEU !
Une ombre commença à masquer le soleil à l’extérieur. Le pompier commença à griffonner sur un papier.
- Où êtes vous, monsieur ?
- CHUIS AU NIVOLET !
- Que se passe-t-il ? Un feu de forêt ?
- MAIS VOUS ÊTES CON, OU QUOI ? REGARDEZ UN PEU PAR LA FENÊTRE, BORDEL !
Le pompier reposa le combiné, et regarda par la fenêtre. Le soleil était intégralement masqué, et des cris de panique commençaient à se faire entendre. Un gigantesque appareil métallique survolait la caserne à une hauteur assez inquiétante vu la masse de l’engin. L’appareil était en flammes. Le pompier reprit le combiné, les mains tremblantes.
- On va voir ce que l’on peut faire, monsieur…
~
- Capitaine ?
- Les répulseurs marchent, monsieur ! Nous survolons Chambéry.
- Bien ! Cap au Nord, et descendez progressivement.
- Que voulez-vous faire, monsieur ?
- Nous allons nous échouer dans le lac du Bourget…
Tout le monde resta un instant interdit sur la passerelle, regardant le Sith avec de grands yeux.
- On n’a pas le choix, bordel, tempêta le Sith. Vous avez assez d’extincteurs pour éteindre toutes ces flammes ?
- …
- Accrochez-vous ! fit Grinder en s’enfonçant de plus en plus dans son fauteuil de commandement.
L’
Asmodée
eût une secousse terrible, accompagnée d’un grincement effroyable qui fit craindre à Grinder la rupture de la superstructure de son bâtiment. Puis une deuxième secousse, si intense que tout le monde valdingua cul par-dessus tête un peu partout sur la passerelle. Quelques Storm au cœur fragile vomirent dans leur casque et moururent noyés. De la vapeur se forma sur les murs. Il y eût enfin une dernière secousse, plus terrible que les précédentes. Les consoles se déboulonnèrent, les casques renforcés des Storm se fendirent lorsqu’ils percutèrent les murs en duracier (oui, je sais, très très dur d’être un figurant dans ces trips ^^). Grinder se tenait tant bien que mal en se servant de la Force. Malheureusement, pas Nounours, qui lui rentra dedans avec un bruit sourd. Tous deux s’évanouirent.
~
- Wohputain, s’exclama Mercurio en voyant le superdestroyer échoué dans le lac du Bourget.
Un énorme coup de bol narratif avait épargné les montagnes environnantes et les villes du coin. Le lac, juste un peu plus grand que l’
Asmodée
, avait réussi à étouffer le feu qui menaçait de consumer le bâtiment, créant un gigantesque brouillard, tandis qu’une vague impressionnante pour un coin sans marées avait mouillé tous les alentours du lac. Le superdestroyer avait fini par s’arrêter à quelques centaines de mètres du port de Portout, sous le regard médusé et tout mouillé des badauds qui circulaient par là. Le regard des badauds, toujours aussi mouillé, devint un peu plus médusé lorsqu’une armada de sous-marins jaunes débarqua, relâchant des milliers de Lapins armés de débouche-chiottes, Lapins frappant à tout va. Nombre de sous-marins s’étaient posés directement sur la coque du superdestroyer, des commandos lapins investissant les entrailles du vaisseau abattu. Les autres lapins s’amusaient avec les badauds et gênaient la flotte de pompiers venus sécuriser tout ça. Les autres trippeurs, de leurs chasseurs, détruisirent quelques sous-marins avant de se poser sur le superdestroyer, à proximité de la passerelle.
~
Grinder se relevait doucement en gémissant. Quelque chose lui pesait sur la tête, et son sang battait à ses tempes. Une fois debout, Grinder se tâta la tête : elle avait la forme de Nounours.
- Euuuuh, Grinder, tu peux me reposer, s’il te plaît ?
- AAAAAAAArgl ! fit le Sith en laissant tomber Nounours.
- Merci, fit ce dernier en se relevant et en se frottant les fesses.
- Bon, où on est ? fit Grinder en regardant autour de lui.
Les panneaux anti-explosions étaient relevés. La passerelle était au milieu du lac du Bourget, vers Tresserve. Le bâtiment avait l’air dans un sale état.
- Bon, faut qu’on sorte d’ici, fit Grinder, tandis que des officiers se relevaient tant bien que mal en gémissant tout autour des deux trippeurs.
Il y eût soudain un coup sourd à la porte de la passerelle. Puis un deuxième. Grinder se figea, sabre en main, tandis que Nounours se planquait peureusement derrière le Sith, qui n’aimait pas trop ça. La porte tomba au sol dans un grand fracas, laissant entrer une silhouette nimbée d’ombre. Un Lapin Crétin s’avança vers eux. Grinder activa son sabre.
- Bwaaah… Bwaaah… faisait le Lapin en avançant lentement vers eux.
- Il a pas l’air en forme, fit Nounours.
- Mouais, fit Grinder en s’approchant doucement.
Le Lapin tomba au sol, face contre terre. Il était encore plus blanc que d’habitude. Grinder le retourna du pied : mort. Il semblait avoir été victime d’anémie. Déglutissant, Grinder s’engagea dans les couloirs : ils étaient jonchés de cadavres de Lapins Crétins, tous figés dans une expression d’horreur, vidés de leur sang. Nounours et Grinder marchèrent un moment, puis trouvèrent une sortie, angoissés. Une fois dehors, les autres trippeurs, qui venaient de se poser, les rejoignirent.
- Ah, vous êtes là, fit Jabinette en se jetant dans les bras de Nounours.
- Vous allez bien ? demanda Grinder.
- Mieux que vous, on dirait, fit J.R. en regardant la double bosse impressionnante qui avait poussé sur le front de Grinder.
- Il s’est passé quoi, avec les lapins ? demanda Grinder.
- On sait pas, fit Tom. En descendant, on a éliminé deux-trois
sous-marins, puis on a vu quelque chose se déplacer super vite, et là…
Tous les lapins déjà dehors étaient morts.
- Merde, c’est quoi ? fit un Zombi tremblottant.
Il y eût un mouvement. Tout le monde se figea et sortit son arme dans un bruissement métallique et une odeur d’ozone propre aux sabres laser. Le silence se fit pesant, troublé seulement dans le lointain par le hurlement des sirènes des pompiers. La tension commença à monter…
- *BUUUUUUUUUUUUUUUUUURPS !*
- Jojo ! s’indigna l’Elfe.
- Désolé, fit piteusement l’Empereur.
- Attention ! cria Jabinette en fouettant l’air de son sabre.
Une grande silhouette en cape avait frôlé la Jedi, puis plus rien.
- Merde, c’était quoi ? demanda Grinder.
- Des types de la FGEN auraient survécu ? demanda Imy.
Tous regardaient dans la même direction. Une ombre commença à se déployer derrière Grinder. La Force avertit le Sith, qui se retourna vivement en donnant un coup de sabre laser. Son bras fut saisi dans un étau d’acier. Une tête se releva lentement pour faire face au visage de Grinder.
- P.O. ? fit ce dernier.
P.O., tenant toujours la main de Grinder, eût un grand sourire, révélant deux longues canines effilées…
Que s'est-il passé avec P.O.? Les trippeurs devront-ils affronter leur ancien ami? J.R. va-t-elle sortir ses marteaux dans le prochain épidose? Quel est le cri de guerre de Nounours? Pourquoi est-ce que les chats retombent toujours sur leurs pattes? Vous le saurez (pour la plupart, en tout cas ^^) en lisant la suite des...
TRIPS DU GRIGRI!
Trips du Grigri Next Gen – Episode 2 : Reunification
Grinder disposait d’une semaine pour se préparer à l’assaut contre les forces de la FGEN. Le Sith, dans sa salle de commandement secrète, sortit un databloc rouge très cliché et pressa une série de touches…
~
En France, dans divers endroits, d’autres datablocs se mirent à sonner. Tom fut le premier à répondre, débarquant sur l’
Asmodée
à bord d’un Tie/def qu’il avait réussi à planquer aux yeux de la FGEN ; il était venu en échange de la promesse qu’on lui fasse rencontrer des filles. Imy sortit de l’atmosphère en surfant sur son légendaire « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ». Il fut récupéré d’urgence par une navette de sauvetage, parce que crier dans le vide de l’espace, ça marche pas trop, et que c’est difficile de respirer, surtout sans combinaison. Pleymo planait bien trop haut pour entendre son databloc sonner, Kardass grommela quelque chose au sujet de l’Empire Sith et retourna bouder quelque part. Les rôlistes étaient perdus dans un donjon en Angleterre, Chacha refusa catégoriquement de revenir, et P.O. demeurait résolument injoignable. Joruus29 fut le dernier à débarquer (en retard, sans doute dans une optique du meilleur pour la fin), l’Elfe à son bras, reconstituant ainsi le noyau dur des trippeurs d’antan (rhâ, c’est beau !)
Tout le monde se réunit dans la traditionnelle salle de briefing.
Zombi et Jab se tenaient, super sérieux t un brin nerveux, dans un coin
de la salle et regardaient anxieusement (on l’aura compris) ce qui se
passait. Grinder, pour fêter dignement les retrouvailles, avait sorti
un caisse d’alcool grand format, et Jojo s’était joint au mouvement
avec un choix non négligeable de whiskys waylandais et corelliens. Les
alcooliques (tout le monde, sauf Jab, J.R. et Zombi) se jetèrent dessus
et commencèrent une monumentale beuverie dans un joyeux bordel. Zombi,
verre d’eau à la main, tenta timidement d’interpeller une J.R. super
contente et rouge de colère qui courait après un Tom hilare qui
titubait tant bien que mal hors du chemin du marteau de la blonde. Jab,
une menthe à l’eau à la main, tentait difficilement de repousser une
Elfe entreprenante tandis que l’ex (mais néanmoins super balaize)
Empereur des Sith, à son grand dam, la regardait d’un mauvais œil.
Imy et Mercurio tentaient une danse cosaque titubante, tandis que
Grinder roulait par terre, écroulé de rire, et que J.R. atteignait
enfin le pied de Tom avec un rictus de satisfaction et un petit
craquement mouillé.
- Dites… tenta Jab.
- Ooooooooh… Ca te gène pas si je me tiens à toi ? articula laborieusement l’Elfe.
- BUUUUUUUUURPS ! fit hargneusement Jojo en essayant de toiser
l’une des trois Jabinettes qui dansaient dans son champ de vision.
La beuverie se poursuivit. Grinder fit une mauvaise blague en montrant la flotte de la FGEN, créant un instant de panique (vu que tout le monde voyait au minimum triple.) Complètement imbibé, le Sith partit alors courir tout nu dans les couloirs de l’
Asmodée
,
oursuivit par une Elfe intéressée et une J.R. bouillonnante de rage qui
fonçait à l’aveuglette pour « ne pas voir ça », maillet « spicy »
brandi et agité sauvagement en tous sens.
Jojo, qui ne voyait pas la chose d’un très bon œil, tenta de
foudroyer le trippeur. Sa décharge se perdit, allant frapper la caisse
d’alcool. La salle de briefing, de surcroît emplie de vapeurs
éthyliques, implosa, envoyant balader des trippeurs ivres morts de rire
sur les officiers médusés de la passerelle, tandis que les sobres, un
rien verdâtres, tentaient de se faire encore plus petits contre le mur,
regrettant leurs sourcils, et ignorant nonchalamment les éclats de
verre et autres débris qui s’étaient plantés en vrombissant dans le
duracier à quelques centimètres de leur tête.
Les officiers emmenèrent les trippeurs à l’infirmerie (enfin, ceux
qui ne furent pas rendus ivres par l’haleine, en tout cas), suivis un
peu plus tard par une J.R. furibarde et écarlate, qui traînait un
Grinder nu comme un ver et affublé d’une jolie série de bosses dans une
main, et qui portait l’Elfe sur son épaule de l’autre main, laquelle
Elfe faisait remarquer à tout va la présence d’escargots sur les murs,
tout en retenant de temps à autre un hoquet vomitif.
Il fallut quatre jours pour réparer les dégâts de l’explosion, et pour soigner les trippeurs éthyliquement comateux et/ou victimes de la frénésie marteleuse de J.R.
Pendant ce temps, la flotte de la FGEN se renforçait de jour en jour, atteignant rapidement la centaine de vaisseaux. Tous étaient de modèle inconnu pour les trippeurs, et leur taille allait du forceur de blocus corellien à l’analogue de destroyer. Les trippeurs, eux, se préparaient tant bien que mal : une cellule psychologique avait été mise en place pour soutenir les Stormtroopers victimes de la nudité de Grinder ; les Storms non affectés s’occupaient de la mise sur le branle bas de combat du navire de guerre. Les trippeurs, quand à eux, traînaient nonchalamment vers les issues de secours, les capsules de survie, et posaient d’innocentes questions sur les possibilités de survie et les manœuvres standard d’évacuation. Du temps passa encore.
~
- Tu as un plan ? demanda pâteusement un Tom à peu près soigné à Grinder.
Tout le monde était sur la passerelle, et il ne restait plus qu’une journée avant la fin de l’ultimatum.
- Ben, on les poutre ! fit Grinder en affichant un sourire confiant.
- Ils sont nombreux, quand même, remarqua Jab.
- Ouais, et on sait pas de quoi ils sont capables, renchérit Zombi.
- On s’en fout, on a un Sovereign, fit Grinder.
- Mais ils sont au moins une centaine, fit imy.
- On s’en fout, on a un Sovereign, répéta Grinder. Il arborait un
sourire un peu craquelé, et une lueur de démence brillait dans son
regard.
- Je ne sais pas, mais ils ont l’air bien plus nombreux, fit l’Elfe de sa voix fluette.
- Elle a pas *buuuuuuurps* tort, fit Jojo, une main sur son épaule.
- On s’en fout ! beugla Grinder. On a un Sovereign ! Un vaisseau de
quinze bornes de long avec mille batteries d’artillerie, et
soixante-douze escadrons de chasseurs ! Ils ont quoi, eux ? Une minable
flotte d’une centaine de vaisseaux ? Mais on va le spulvériser !
Les trippeurs ne dirent rien et regardèrent Grinder, vaguement inquiets.
- Tu… Tu as un plan ? demanda Jabinette.
- ON FONCE DANS LE TAS ET ON LES EXPLOSE ! vociféra Grinder en agitant le poing.
- Aaaaah… fit faiblement Zombi.
- Niahaha… ricana le trippeur en chef (et ouais ^^). En plus, avec
nos talents supérieurs de héros de l’histoire, on fera toute la
différence dans un chasseur !
- Ah, passqu’on va piloter, en plus ? demanda Mercurio.
- Bien sûr ! Et on partira à l’abordage des vaisseaux ennemis et on
les retournera contre leurs potes ! Niahahahahahahaha ! Demoniak !
MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!!©
Les trippeurs n’eurent pas le temps de répondre. Un officier survint.
- Monsieur ! Une communication de la FGEN !
- Passez le sur la console holo centrale, enseigne, fit Grinder
avec dans la voix des trémolos inquiétants annonciateurs d’une petite
folie douce. Jabinette commença à sortir discrètement seringues et
pilules d’une de ses poches.
- Trippeur Grinder, fit la silhouette sombre habituelle de sa voix
mécanique. Il ne vous reste qu’une journée avant la fin du délai qui
vous a été octroyé. Constituez vous prisonniers, vous et vos comparses.
(les comparses en question se raclèrent discrètement la gorge et
regardèrent ailleurs en sifflotant.) Ceci est notre dernier
avertissement avant attaque demain à midi. Quelle est votre réponse ?
- TU SAIS OU TU PEUX T’LA METTRE, TA REPONSE ??? beugla Grinder en agitant le poing.
- J’en déduis que vous préférez la destruction, fit la voix de son ton froid et impersonnel. A demain,trippeurs.
La communication fut interrompue. Zombi se frappa violemment le front de la main.
- Merde ! Maintenant que j’y repense ! J’ai un truc urgent à faire
sur Chambé ! Chuis désolé, Grigri, mais tu pourrais te démerder sans
moi ?
- Oh, comme c’est bizarre, moi aussi, fit Tom en se grattant la
tête. Tu sais, pour les filles, ben, j’me débrouillerai bien tout seul,
hein…
Derrière Grinder, Jab avançait en mode furtif, chiffon imprégné de chloroforme et seringue à la main, tandis que Zombi et Tom se dirigeaient vers la sortie, entraînant un mouvement brownien général vers la porte.
- Vous restez ici, fit très calmement Grinder en imprimant sa volonté dans la Force.
Une onde de Force violente parcourut la salle. La porte se ferma,
et Jabinette, trébuchant sous la puissance de l’onde du Sith, se planta
la seringue dans le bras.
La folie de Grinder avait refroidi, et s’était cristallisée, devenant un poil plus vachement plus, en fait, dangereuse.
- J’ai un plan, poursuivit le Sith alors que tout le monde se faisait tout p’tit contre le mur (même Jojo, quoiqu’avec réticence, vexé par la patate qu’il avait senti dans l’onde de choc de Grinder). Entrez, commandant ! intima-t-il.
La porte s’ouvrit. Incrédules, les trippeurs virent entrer deux silhouettes. Les regards se tournèrent, assez haut, vers la première silhouette, puis ils se braquèrent sur la deuxième silhouette, beaucoup plus près du sol. Grinder eût un sourire malsain. Jabinette, perdue dans les brumes de sa piqure, tituba vers la grande silhouette qui venait d’entrer.
- NOUNOURS ! hurla-t-elle en se jetant (en tombant, pardon) dans ses bras.
Nounours sourit en enserrant Jabinette. Son sourire rappelait celui de Grinder. Le commandant, à côté de Nounours, poussa un hurlement. Les trippeurs entendirent les derniers morceaux de santé mentale de Grinder partir en morceaux lorsqu’il répondit au hurlement du mystérieux personnage. Tom croisa le regard de Nounours, y vit une lueur, et serra les fesses.
~
Le lendemain arriva trop vite, et les trippeurs avaient passé une nuit trop courte, angoissés par Grinder. A 7 heures, tous se réunirent dans la salle de briefing (réparée.) Grinder les-y attendait, le regard fou, accompagné par Nounours et le commandant mystérieux des forces alliées. Celui-ci était équipé d’un casque adapté à sa bizarre morphologie et d’une étrange arme. Tous s’installèrent.
- Bon, tout le monde est là, constata Grinder. On va pouvoir passer
au plan d’attaque. On a chargé le superlaser, il devrait pouvoir tirer
une bonne vingtaine de coups avant de tomber à court d’énergie. On
visera les plus gros vaisseaux. La flotte de nos alliés arrivera en
temps voulu, après les premières salves (le commandant hocha la tête,
tandis que Nounours continuait à arborer son sourire de grand dingue).
Les chasseurs décolleront dès l’arrivée de nos alliés. Tom, tu
commanderas l’ensemble des escadrons. Jojo, tu dirigeras les navettes
d’assaut. Tous les autres iront avec toi. Tom, tu les rejoindras une
fois que la chasse ennemie ne représentera plus une menace.
- Et toi, *buuuuuuuurps* tu fais quoi ? éructa l’ex-Empereur.
(Bon, allez, on va dire l’Empereur, même à titre honorifique, ça lui
fait tellement plaisir ^^ Pas griller, pas griller !)
- Je coordonne l’assaut ! répondit joyeusement l’intéressé en
fixant Jojo avec le genre de regard qui donne envie d’appeler de
gentils messieurs habillés tout de blanc.
Jojo ne répondit rien en voyant les yeux de Grinder. Ce dernier frappa joyeusement dans ses mains et annonça qu’on n’avait plus qu’à attendre midi.
~
Midi arriva très vite. Trop vite. Les trippeurs n’avaient pas réussi à trouver le chemin des capsules de sauvetage, et ils n’avaient pas réussi à obtenir une autorisation de décoller avant l’heure malgré tous leurs efforts. Une demi-heure avant l’heure prévue de l’assaut, tout le monde était à son poste. Tom déglutissait nerveusement, installé dans son chasseur qui serait le premier à être largué dans la bataille. Les autres trippeurs, répartis dans diverses barges d’assaut, affichait un teint à peu près aussi flamboyant que celui d’une armure standard de Stormtrooper. Grinder était sur la passerelle de l’
Asmodée
,
avec un bon gros sourire de dingue sur son visage. Nounours se tenait à
côté de lui avec un casque ridicule vissé sur sa tête. Le minuscule
commandant bizarroïde (vous voulez savoir ce que c’est, hein ? Et ben
vous saurez PAS ! ^^) poussait des hurlements de manière sporadique
suivant l’éclairage des panneaux de contrôle de la passerelle. Tous
deux s’apprêtaient à coordonner l’assaut des mystérieux renforts de
Grinder.
A midi moins dix, la silhouette habituelle de la FGEN apparut sur
la console holo centrale. Voyant cela, Grinder s’installa nonchalamment
dans son fauteuil de commandement, pieds posés sur sa console, mains
derrière la tête.
- Trippeur Grinder, fit la voix mécanique encore une fois atone. Il est temps. Vous rendez-vous ?
- Enseigne, fit Grinder, ignorant royalement l’hologramme, localisez-moi l’origine de cette communication.
- Bien, monsieur.
Grinder se cura nonchalamment le nez, bien en face de l’hologramme, qui répétait inlassablement la même phrase. Par la verrière, le trippeur en chef put voir l’
Asmodée
pivoter lentement.
- Nous l’avons, monsieur, fit l’enseigne alors que la silhouette répétait sa phrase pour la trente-septième fois et que l’horloge de bord affichait midi moins trois. L’
Asmodée
est dans l’axe de tir direct.
- Très bien, enseigne. Superlaser : feu !
- A vos ordres, monsieur !
Grinder se tourna vers l’hologramme avec un grand sourire :
- Non ! :-)
- Alors, vous serez…
L’
Asmodée
trembla. Une intense lueur verte illumina l’espace à une quinzaine de kilomètres de là, de l’hologramme fut remplacé par un flot de parasites. La lueur verte disparut, et une fleur de feu s’épanouit dans l’espace. Les vaisseaux proches du bâtiment détruit, un analogue de destroyer, s’égaillèrent pour éviter les shrapnels. Tous n’y parvinrent pas, et les bâtiments les plus petits enregistrèrent de sérieux dégâts. La flotte fut toutefois prompte à se ressaisir : les vaisseaux ennemis se mirent en position d’attaque et larguèrent leurs chasseurs. L’enfer se déchaîna subitement autour de l’
Asmodée
lorsque les vaisseaux ennemis attaquèrent. Grinder, sourire tendu sur les lèvres, donna l’ordre aux batteries de répliquer. L’espace s’illumina, et les écrans de contrôle devinrent illisibles, tant le nombre de vaisseaux ennemis était grand. Le commandant allié se mit à sautiller partout en hurlant, excité par l’appel du combat.
Comment les trippeurs allaient-ils faire pour se sortir de ce mauvais pas ? Vous le saurez en lisant la suite des… TRIPS DU GRIGRI !
Trips du Grigri – Intermède 1 (Face the police)
Les trippeurs se tenaient dans l’entrée du grand magasin ; Mercurio
était parti chercher un chariot sur le parking dévasté, afin de ranger
les affaires (enfin) propres, et il était revenu en courant, de larges
pans de ses grands habits déchirés par des tirs de balles. Les forces
de l’ordre avaient encerclé le bâtiment et tiraient à vue.
Grinder évalua les forces en présence : une vingtaine de voitures
de police, sept cars de CRS, cinq tanks, et trois hélicoptères. Une
bonne centaine de policiers, armés de pistolets, fusils à pompes et
lance-roquettes tenaient en joue les trippeurs.
- Bordel, c’est quoi, tout ça ? fit Grinder, ébahi.
- Rendez-vous sans résistance, fit une voix amplifiée par mégaphone.
- Non mais ça va pas ? vociféra Grinder en agitant les bras. En
plus, vous avez tiré sur mon pote, poursuivit le Sith en désignant un
Mercurio blanc comme linge.
- Il nous menace ! fit la voix au mégaphone. FEU !
L’ordre fut répercuté alors que le visage des trippeurs se
décomposait. Une pluie de balles et d’obus s’abattit sur la façade du
magasin tandis que les trippeurs battaient précipitamment en retraire.
Grinder crut même distinguer un policier complètement fêlé (il en
arborait en tout cas le sourire), cigarette à la bouche, avec un
lance-flammes en mains.
Usant de la Force, Jabinette et Grinder poussèrent J.R., Mercurio
et Zombi devant, tout en esquivant tant bien que mal les balles ; les
portes en verre faisaient une bien piètre protection contre un assaut
en règle.
- Mais ils sont malades ! hurla Jabinette alors que les balles ricochaient un peu partout.
Un obus explosa au plafond, arrachant un glapissement à J.R. Elle devint rouge de fureur sous la pluie de débris, et il fallut toute la maîtrise de la Force de Jabinette et de Grinder pour contenir la force monstrueuse de la blonde et la pousser à s’abriter.
- Il faut savoir pourquoi ils nous tirent dessus, fit Zombi, une fois tout le monde à l’abri près de la machine à lave-linge.
- Oui, je me demande bien pour quelle raison ils pourraient nous
tirer dessus, après ce qu’on a fait à la ville, fit Mercurio avec
sarcasme.
- Il a raison, fit Jabinette. Allons chercher une télé.
Les trippeurs se remirent en route lorsque la voix au mégaphone se manifesta à nouveau. Tout le monde se figea pour écouter.
- Aux terroristes réfugiés dans le grand magasin : rendez-vous, et il ne vous sera fait aucun mal ! Le bâtiment est encerclé, et vous n’avez aucune issue ! Nous vous donnons une heure pour vous rendre, après quoi, nous donnerons l’assaut.
La voix s’éteint brutalement. Les trippeurs restèrent cois, puis
repartirent en quête d’une télé. Grinder souriait légèrement à la
mention du mot « terroriste », mais une petite veine battait
dangereusement à la tempe de J.R.
Ils arrivèrent enfin au rayon télé et mirent en marche un écran
sur la chaîne d’informations : un reportage exclusif montrait justement
le magasin dans lequel les trippeurs avaient vaincu la chose de
l’appartement numéro neuf.
- …et c’est ici que se terrent les terroristes qui ont dévasté la
moitié de la ville de Chambéry cet après-midi, fit une journaliste
rousse. Selon un témoin, une espèce de créature organique se serait
manifestée vers l’hôpital, détruisant une résidence étudiante et
massacrant les passants.
Il y eût de courtes vidéos montrant la rue où se trouvait la
résidence de Grinder et Mercurio. Le reportage passa alors au témoin,
la voisine laissée en vie par le monstre et qui avait détalé juste
avant la première confrontation entre les colocataires et la créature.
La jeune femme expliquait comment la résidence avait été dévastée, puis
comment ses deux voisins étaient revenus, satisfaits, pour prendre le
contrôle de la créature. (Spéciale dédicace Gniouf bwahahahaha)
- Mais c’est pas vrai ! s’exclama Mercurio. Je savais bien que nos voisins étaient pas des flèches, mais à ce point là !
- Chht ! intima Jabinette.
Le reportage continua, présentant également le témoignage de
l’agent de police dévêtu par Grinder alors qu’il poursuivait Mercurio.
L’agent décrivait le Sith comme un dangereux psychopathe à l’allure
maléfique. Grinder se rengorgea, et le reportage continua alors que
J.R. soupirait de la réaction du Sith.
Le reportage précisa ensuite que grâce au témoignage de la voisine et du policier, Grinder et Mercurio avaient été identifiés.
- D’après les fichiers de la police, ils ‘agirait de deux dangereux
criminels, déjà soupçonnés du meurtre de Bi££ Gate$ et l’affaire de
l’incident de l’Albanais, ainsi que dans de nombreuses autres affaires.
A l’aide d’alliés, les deux criminels auraient ensuite guidé la
créature démoniaque dans la ville afin de faire le plus de ravages
possibles. D’autres témoins, les vigiles du grand magasin de Bassens,
déclarent avoir détruit la créature et enfermé les terroristes dans le
grand magasin avant d’appeler les forces de l’ordre à la rescousse.
- Les enfoirés, grogna Zombi.
- Les terroristes, au nombre de cinq, sont maintenant coincés à
l’intérieur du magasin, et ont une heure pour se rendre avant que les
forces de l’ordre ne donnent l’assaut. Nous restons en direct pour
suivre cette affaire.
Grinder éteignit la télévision et se tourna vers ses amis.
- Bon, on fait quoi, maintenant ? demanda Zombi.
- Vous pouvez être fiers de vous, râla Jabinette. Moi, une terroriste, on aura tout vu…
- Ouais, ben surveille ton évier, avant qu’il ne t’arrive la même chose, rétorqua Mercurio d’un ton acide.
- Quoi ? fit la Jedi blonde et portant la main à sa ceinture.
- Bunk ! fit le marteau de J.R. sur le pied de Mercurio.
- Merci, fit Jabinette en souriant à J.R. alors que Mercurio sautait partout en tenant son pied dans ses mains.
- Bon, arrêtez vos conneries, fit Grinder. Le fait d’être recherché
me dérange pas, mais là, bien que j’aie du mal à l’admettre, il faut
reconnaître qu’ils sont trop nombreux.
- On fonce pas dans le tas pour tout défoncer, alors ? fit J.R.
d’une petite voix en serrant son maillet « spicy »contre son cœur, les
yeux humides.
- Et non, je crois pas qu’on aurait une chance, fit Mercurio une fois calmé.
- Si seulement on était aussi nombreux qu’avant… soupira le Sith.
- M’en parle pas, fit Jabinette, l’air moqueur. J’aurais jamais intégré une équipe pareille, avec autant de Sith.
- Boarf, on est pas aussi méchants qu’on en a l’air, fit Grinder en souriant un peu. D’ailleurs, j’me souviens quand…
Le moment nostalgie fut interrompu par une explosion provenant du plafond vitré. Une quinzaine d’hommes du GIGN descendirent en rappel, armes à la main. Tout le monde brandit ses armes : le crépitement des sabres laser emplit le magasin, suivi du cliquetis des chaînes, du bruit sourd des maillets de J.R. et du claquement de la culasse du pistolet de Zombi.
- Rendez-vous ! intima celui qui semblait être le chef en braquant un FAMAS sur les trippeurs.
- MOUHAHAHAHAHAHAHA© ! répondit Grinder.
- POILPOILPOIL ! hurla Mercurio (nouveau cri de guerre officiel)
- TERRIK POWAAAAAA ! hurla Jabinette (cri de guerre officiel)
- GREUH ! hurla un Zombi sans originalité.
- Euuuuuh… Baston ? tenta timidement J.R.
- Feu ! fit le chef des gars du GIGN, paniqué.
Les trippeurs foncèrent entre les réfrigérateurs et les
télévisions, armes en main, vers les agents qui se mirent à tirer à
tout va. Grinder et Jabinette, en tête, firent un premier passage à
vitesse éclair et tranchèrent net les fusils des soldats. Alors que les
pauvres dégainaient leurs couteaux, les trois autres trippeurs
chargèrent : J.R. poursuivit joyeusement deux policiers en faisant
trembler le bâtiment alors que ses marteaux s’abattaient. Mercurio, de
ses chaînes, cinglait tous ceux qui s’approchaient d’un peu trop près,
et Zombi faisait un carton, étourdissant les pauvres diables qui
avaient heureusement un gilet pare-balle.
Grinder et Jabinette se séparèrent et firent demi-tour, acculant
les soldats au centre du cercle formé par les cinq trippeurs. De la
poussière, résultat du combat contre la chose et les tirs d’artillerie,
commença à se lever et à former un épais brouillard. Il y eût des
hurlements et les bruits caractéristiques des armes des trippeurs.
Puis plus rien. Un casque, pour souligner l’effet théâtral, roula
doucement au pied de la télé dont les trippeurs s’étaient servis pour
regarder les informations. Le nuage se dissipa, révélant cinq trippeurs
satisfaits et un tas de petits morceaux de policiers perforés,
tranchés, aplatis et écorchés.
Grinder retourna allumer la télé.
- ...décidé de surprendre les terroristes en lançant un commando du GIGN investir le bâtiment, fit la journaliste rousse. Il y a eu un grand bruit, puis plus rien. Le commandant ne parvient plus à rejoindre ses troupes. Il va lancer un nouvel appel…
La caméra fit un zoom, révélant un homme de forte stature qui dépassait d’une tourelle de char. Il prit un mégaphone en main et beugla, faisant tressauter sa petite moustache poivre et sel :
- Aux terroristes : rendez-vous ! Ceci sera mon dernier avertissement ! Il ne vous reste plus que quarante-cinq minutes !
- Je vais lui parler, moi, à ce commandant de mes deux, grommela Grinder. Restez là, j’en ai pas pour longtemps.
Le Sith partit dans le magasin tandis que les autres suivaient l’action sur la télévision. Rapidement, ils virent paraître Grinder à l’entrée du magasin, un manche à balais en main au bout duquel un torchon blanc était accroché. La journaliste surexcitée faisait commentaire sur commentaire, alors que la caméra zoomait sur la figure peu amène du Sith. Une petite veine rouge battait sur la tempe de Grinder.
- Je veux juste discuter, fit le Sith en amplifiant sa voix avec la
Force. Nous ne sommes pas responsables de la destruction de la ville.
Le créature est, euh… (il rougit) « apparue » dans notre appartement,
mais nous avons fait notre possible pour la détruire, ce que nous avons
fini par faire il y a quelques heures.
- Pourquoi ne vous rendez-vous donc pas ? vociféra le commandant dans son mégaphone.
- Vous auriez pu nous laisser le temps de nous expliquer ! beugla
le Sith en brandissant son drapeau blanc de fortune. Vous avez tiré
sans sommation !
- Foutaises ! rétorqua le commandant. Pas de pitié pour les terroristes.
- Et cet assaut du commando, hein ? Pas très fidèle à votre parole, caporal, fit le Sith en insistant sur le « caporal ».
Le commandant devint rouge et de la fumée commença à lui sortir des oreilles.
- Fumez-moi ce saligaud ! brailla-t-il.
Les canons se braquèrent sur Grinder, qui se mit alors à agiter son drapeau blanc frénétiquement.
- Ouimaisnonsjenevoulaispasdirecelapardonexcusezmoimonsieurlegénéraljenelereferaiplusetsiondevenaitdesamisje…
Grinder fut interrompu pas un obus, qui explosa juste à côté de lui. Le taré au lance-flamme s’avança vers le Sith et commença à mettre le feu au bâtiment. Grinder, aidé de la Force, sautillait un peu partout, esquivant les tirs de justesse.
- Merde, faut aller l’aider ! s’exclama Mercurio.
- Ils sont trop nombreux, fit Jabinette, toute pâle. Je suis sûr qu’il a un plan, il serait pas parti comme ça…
Sur l’écran, malgré le nuage de poussière qui commençait à se lever, on pouvait toujours distinguer la silhouette de Grinder sautillant de-ci de-là. Puis il n’y eût soudain plus un seul mouvement. La caméra dézooma alors que le commandant ordonnait un cessez-le-feu. La journaliste faisait des commentaires frénétiques alors que la poussière retombait doucement. Grinder se tenait au centre du cratère creusé par un impact d’obus, visiblement indemne. Il tenait en main une télécommande étrange. La caméra zooma.
- Hé, je la reconnais, fit J.R. en pointant l’écran du doigt. C’est son databloc de commande à distance de l’
Asmodée
- Mais il peut plus s’en servie ? fit Jabinette, surprise.
A l’écran, Grinder se mit à parler.
~
Grinder toussa faiblement au fond du cratère d’obus. La poussière commença à retomber à mesure que les tirs cessaient. Sa cape était brulée, mais il n’avait aucune blessure à part quelques égratignures. Le Sith soupira, puis, après avoir réfléchi quelques secondes, sortit son vieux databloc de sa poche avant de se redresser lentement en levant les mains. Il vit la caméra se braquer sur lui.
- Ecoutez, commença le Sith en amplifiant à nouveau sa voix. Les
évènements d’aujourd’hui étaient dus à un regrettable accident. Je
regrette d’avoir dû en arriver là et je vous demande de ne pas
envenimer les choses. Maintenant, si vous voulez bien m’écouter, nous
pourrons…
- Ne l’écoutez pas, feu ! brailla à nouveau le commandant psychopathe.
- Et ***censuré*** ! jura Grinder alors que les tirs reprenaient.
Grinder usa d’une antique technique Sith, camouflant sa présence
aux yeux des autres et laissant une illusion de Force sautiller un peu
partout pour tromper les tireurs, avant de se replier vers le grand
magasin, qui ressemblait de plus en plus à une maternelle après une
erreur de frappe américaine en Irak.
Essoufflé, le Sith rejoignit rapidement les autres.
- Grinder ! Ca va ? demanda J.R. en courant vers lui.
- Ouais, ça va, fit le Sith en reprenant son souffle. Mais je sais pas comment en sortir… Ils sont trop nombreux…
- T’as pas d’idée ? fit Zombi, anxieux.
Grinder ne répondit rien et montra son vieux databloc à tout le monde.
- Je pourrais rappeler l’
Asmodée
et mes anciennes forces d’intervention, fit le Sith.
- Mais je croyais que les Forces Galactiques de l’Equilibre
Narratif avaient exigé son démantèlement ? fit Jabinette, incrédule. Ca
avait fait la une du Blaster Mag pendant au moins… Euh, ça aurait fait
la une du Blaster Mag pendant au moins deux numéros, si ç’avait été un
quotidien et qu’il était encore publié, en tout cas.
- Je l’ai pas démantelé, en fait, fit Grinder. Je l’ai planqué sur
la Lune au cas où. Je peux le rappeler maintenant, il sera là dans
approximativement une heure.
- Aille ! fit Mercurio. Mais on n’a pas le choix !
- Effectivement… Il faudra tenir, soupira Grinder.
- Tu risques pas de problèmes avec les Forces Galactiques de
l’Equilibre Narratif (que nous appellerons FGEN pour faire plus court
et emmerder les puristes NdA) ? demanda Jabinette.
- On verra ça en temps voulu, fit Grinder. Je lance l’ordre.
Le Sith appuya sur une série de boutons. Le signal partit, ricocha sur un satellite en orbite de la Terre, ricocha sur un deuxième satellite planqué derrière la Lune, puis il prit un verre au bar avant de réactiver complètement la gigantesque base secrète cachée sur la face cachée (sic !) de la Lune. Aussitôt, des centaines de soldats et d’officiers se mirent en branle, réactivant le navire qui n’avait plus fonctionné depuis un moment.
- On n’a plus qu’à attendre, fit Grinder en rangeant son databloc. On va se planquer dans le magasin…
~
L’auteur va ici faire une ellipse d’une heure. Le premier qui me redemande un trip du Grigri octogénaire, ben, euh… J’y pense, j’y pense ^^
~
Les hommes du commandant pénétraient dans le magasin, armes au poing. De leur cachette, les trippeurs en comptèrent au moins deux cent. J.R. déglutit :
- T’es sûre que c’est une bonne idée ?
- Mais oui, fit Mercurio, enthousiaste.
Quarante-cinq minutes avaient passé. Les trippeurs étaient planqués dans une tente au rayon enfants, derrière un Cheyenne (à moins que ce ne soit un Comanche) en plastique.
- Mouais, fit un Grinder peu enthousiaste.
Le Sith consulta son databloc : l’
Asmodée
se dégageait de l’orbite lunaire et ne tarderait pas à larguer ses barges d’assaut.
- Il ne nous reste que quelques minutes à tenir, poursuivit-il en rangeant le databloc.
Mercurio se préparait à dire quelque chose mais il se tut brusquement lorsqu’une dizaine de pieds bottés passa devant la tente. Il reprit son souffle et parla lorsque les hommes furent passés :
- A votre avis, il reste combien d’hommes, dehors ?
- Je sais pas, juste de quoi protéger les journalistes et manier les tanks, fit Zombi.
- Tu pensais à quoi ? demanda J.R.
- Ben… On pourrait se faufiler discrètement dehors pendant qu’ils
nous cherchent dedans, nan ? De toute façon, les barges de débarquement
sont verrouillées sur ton databloc, Grinder, non ?
- Ouais, effectivement. On va essayer de sortir, ce sera plus facile pour les Stormtroopers de venir nous récupérer.
Grinder jeta discrètement un œil dehors : la patrouille de
commandos du GIGN la plus proche était à trois rayons de là, et la
plupart des hommes se regroupaient au rayon boucherie, là où le
commandant se sentait le mieux. Le Sith fit signe à ses amis, et tout
le monde sortit de la mini-tente Apache (ou Cheyenne) le plus
discrètement possible. Un groupe de cinq commandos passa à proximité ;
les trippeurs se planquèrent derrière un congélateur, puis reprirent
leur route vers la sortie.
Malheureusement pour eux, un cordon de policiers faisait écran entre le grand magasin et le reste de la galerie.
- Merde ! jura silencieusement Jabinette, cachée derrière un présentoir de DVDs Comment on fait ?
- Technique Sith, fit Grinder en souriant. Attendez-moi là.
Le Sith s’en fut silencieusement. Il y eût une explosion à l’autre bout du magasin, au rayon vins. Tout le monde se dirigea par là-bas, et les policiers abandonnèrent la surveillance de la sortie pour aller en renforts. Toujours planqués dans les rayons, les trippeurs virent revenir Grinder, rayonnant.
- Qu’est-ce que t’as fait ? demanda Jabinette.
- Technique Sith ! Faire exploser les bouteilles de whisky.
- Intéressant, comme technique, commenta Mercurio.
- Ouais ! C’est Jojo qui m’a appris, fit fièrement Grinder.
- Bon, on filoche ! fit Zombi en se relevant.
Tout le monde se mit à courir vers la sortie. Ils avaient presque
franchi les portes dévastées, lorsqu’une lame de couteau se ficha dans
le mur juste à côté de la tête de Mercurio, qui blêmit. Le commandant
les avait vu, et braillait des phrases incohérentes à leur encontre en
leur lançant des couteaux de combat. Les trippeurs se ruèrent dehors,
poursuivis par une horde de commandos du GIGN. Le commandant caracolait
en tête, en fendant l’air comme un dément avec ses couteaux. Les
trippeurs sortirent, pour se retrouver face aux gueules amicales des
tanks. Les trippeurs pilèrent net, avant de se faire encercler par les
commandos sortis du magasin.
Le commandant, bave aux lèvres, s’avança, accompagné par le taré au lance-flammes.
- Merdeuh… chuchota Jabinette.
J.R. serrait les manches de ses maillets à s’en faire blanchir les
phalanges. Zombi était plus blanc que blanc (grâce à Omo Terreur), et
Jabinette tentait désespérément d’attirer l’attention d’un soldat pour
lui signifier que elle était du côté des gentils, en fait, même si
c’était pas évident au premier coup d’œil…
Le commandant se campa devant les trippeurs, triomphant. Il aiguisait son plus beau couteau sur un fusil trouvé dans le magasin.
- Hahaha, ricana le militaire. Vous êtes cuits et recuits ! Mains en l’air ! aboya-t-il soudainement. Sergent ! Apportez les menottes !
L’homme au lance-flamme, ricanant, accrocha le canon de son arme à
son épaule, puis se saisit de cinq paires de menottes avant d’avancer
vers les trippeurs.
Il y eût un petit bruit ténu, et Grinder tendit l’oreille…
…Avant de la rabattre aussitôt : le bruit caractéristique d’un
canon laser en train de tirer venait de retentir, et un rayon vert
vaporisa le sergent, faisant sauter sa réserve de carburant. Les
trippeurs furent projetés au petit bonheur la chance, Grinder retombant
malheureusement sur le commandant, qui lui servit de coussin.
Alors que le Sith esquivait tant bien que mal les assauts du
militaire, une nuée de navettes de classe Sentinelle passa en
rase-mottes au-dessus du parking, mitraillant à tout va les forces de
police. Des Darktroopers débarquèrent et sécurisèrent la zone,
anéantissant les tanks restants à coups de PLX-2m.
Grinder se releva, non sans avoir fait des petits morceaux du monsieur aux couteaux. Le bruit des blasters se calma, tandis que les dernières navettes dégorgeaient leurs soldats qui finirent de sécuriser la zone. Un Darktrooper se mit au garde à vous devant Grinder, salua, et prit la parole.
- C’est un plaisir de vous revoir, monsieur, fit le Sergent Kyton.
- Plaisir partagé, sergent, fit Grinder en souriant. Bon,
nettoyez-moi toute cette zone, soudoyez la journaliste pour qu’elle ne
parle plus, et envoyez des équipes de nettoyage pour rafistoler le plus
gros des dégâts.
- Bien, monsieur, fit le Darktrooper.
- Exécution ! fit Grinder, et le soldat se mit alors à donner des ordres.
Tout le monde s’organisa, et les trippeurs se regroupèrent. A part quelques sourcils brûlés et une dignité froissée suite à un mauvais atterrissage, tout le monde se portait bien. Grinder en tête, les trippeurs embarquèrent dans la navette Sentinelle la plus proche, qui décolla pour rapidement quitter l’atmosphère et rallier l’
Asmodée
.
Rapidement, les trippeurs furent à nouveau sur la passerelle de
commandement, se rappelant des souvenirs (pour Grinder, J.R. et
Mercurio), bavant sur les postes de tir des turbolasers et du
superlaser (pour Zombi) et critiquant à tout va le clinquant impérial
(pour Jabinette.)
Grinder s’assit avec contentement dans son fauteuil de
commandement, avant de remarquer des échos bizarres sur ses écrans. Un
officier s’approcha de lui, salua rapidement et tendit un document en
filmsiplast au Sith.
- Au rapport, monsieur, fit l’officier. Nous avons détecté une
étrange flotte de bâtiments sortant de l’hyperespace quelques minutes
après notre intervention sur Terre.
- Origine ? demanda le Sith.
- Ils battent pavillon FGEN, monsieur, répondit l’officier.
Grinder se crispa imperceptiblement alors que tout le monde se réunissait autour de lui.
- Il se passe quoi, là ? demanda un Zombi inquiet en pointant les écrans des scanners du doigt.
- Je… commença Grinder.
Il n’eût pas le temps de terminer. L’holoécran de la passerelle s’alluma, dévoilant un personnage noyé dans l’ombre dans le plus pur style du grand méchant énigmatique. Grinder se mit à gémir en se prenant la tête entre les mains.
- Trippeur Grinder, fit la voix, métallique et asexuée. Vous avez rompu les règles auxquelles la FGEN vous avait subi. En vertu de quoi, selon la charte de notre organisation, vous devrez être détruits dans les plus brefs délais. Nous vous donnons une semaine pour vous constituer prisonniers, après quoi nous userons de toute notre force pour vous anéantir.
La communication fut brusquement coupée. Grinder redressa la tête pour voir le visage consterné des autres trippeurs.
- C’était bien la peine de m’embarquer dans tes conneries pour en arriver là, râla Jabinette.
- Putain, qu’est-ce qu’on va faire ? demanda Mercurio, le visage grave.
- On n’a pas le choix, fit Grinder en se levant. Pour espérer les
contrer, et peut-être faire valoir l’intervention d’aujourd’hui, il va
falloir réunir l’équipe des grands jours…
Trips du Grigri Next Gen – Episode 1, final : Wash up !
- AAAAAAAAAAAAAH ! hurlaient en cœur Mercurio et Zombi.
Ils étaient installés à l’arrière de la New Beetle, cramponnés l’un à l’autre. Devant eux, J.R. semblait d’une fureur noire.
- Ca va ! explosa-t-elle. J’y peux rien, moi, si ce… ce… ce trente-huit tonnes d’imbécile m’a doublé par la droite !
- T’étais pas obligé de lui balancer un coup de maillet, non plus, fit Zombi, les yeux exorbités.
J.R. ne répondit rien, crispée sur le volant. Derrière eux montait une épaisse fumée ainsi que les hululements des sirènes. J.R. plaqua l’accélérateur au plancher et la Volkswagen fit une embardée, alors que J.R. se mettait à slalomer entre les véhicules devant elle. Zombi et Mercurio jugèrent plus prudent de fermer les yeux. Il y eût des bruits de tôle froissée, et les sirènes s’arrêtèrent brutalement. J.R. eût un petit sourire satisfait, alors qu’elle tourna le volant à gauche à toute vitesse. La New Beetle passa sur deux roues, s’engageant sur la gauche entre les deux files de voitures. Elle retomba sur ses quatre roues après avoir évité de justesse une compression en sandwich entre un minibus et une dépanneuse d’âge respectable. Les cris de protestations des deux conducteurs, qui avaient pilés, s’arrêtèrent brusquement lorsqu’ils se rendirent compte que le ciel était noir de maillets leur fonçant dessus.
Quelques minutes plus tard, ils finirent par arriver au grand magasin. Un vigile, qui avait remarqué leur entrée plus que discrète, dit quelque chose dans son communicateur et s’approcha d’eux tandis que J.R. et les deux autres trippeurs tétanisés sortaient de la voiture.
- Excusez-moi, messieurs-dames, commença l’homme, qui devait bien mesurer un mètre quatre-vingt dix, est-ce que…
- La barbe ! cria J.R. en sortant son maillet « spicy ».
Le pauvre agent de sécurité retomba dans le caddie d’une personne âgée, qui se mit à houspiller et à tabasser le pauvre vigile de grands coups de sa canne.
- Vous faites pareil pour tous les vigiles qui arrivent, fit
sombrement J.R., que l’épisode conduite couplé à celui terreur
injustifiée (selon elle, en tout cas) de Zombi et Mercurio avaient
rendu d’humeur massacrante.
A peine avait-elle terminé sa phrase qu’une armée de vigiles
sortait du grand magasin, chassant devant elle les clients. Les stores
métalliques s’abaissèrent, bloquant l’entrée. J.R. vira rouge pivoine
et elle sortit une batterie impressionnante de maillets. Les vigiles
prirent des poses de pratiquants d’arts-martiaux. Soupirant, Mercurio
sortit des chaînes cloutées d’on ne sait trop où, tandis que Zombi
sortait, avec une certaine satisfaction, un énorme pistolet du devant
de son pantalon.
- Vous ne passerez pas ! fit le vigile de tête, s’avançant.
- Ouais, on l’a déjà entendu, celle-là, fit Mercurio avec un sourire sadique, sa chaîne claquant dans les airs.
~
Grinder et Jabinette, hors d’haleine, s’aplatirent contre le mur dans la traboule qu’ils venaient d’emprunter. Autour d’eux, le silence régnait, entrecoupé de temps à autre par un « GREUH » malsain. Jabinette regarda Grinder.
- C’est plus dur que j’aurais cru, fit-elle. Grinder eût un rictus méprisant.
- Evidemment, pour les Jedi, dès qu’on fait un truc un peu physique, ça se plaint.
- De quoi ? fit Jabinette, sa main se portant machinalement à sa ceinture.
- Ah, attention, fit Grinder, son rictus s’élargissant. On ne cède pas à la colère, tout le baratin habituel…
- Espèce de…
La Jedi blonde n’eût pas le temps de finir sa phrase. Le mur venait d’exploser, accompagné d’un « GREUH ! ».
Grinder et Jabinette se remirent à courir, en lançant en aveugle derrière eux pastilles de Javel et cocktails Môssieurproprotoff.
- Il faut qu’on se magne d’arriver à Bassens, fit Jabinette en allongeant la foulée.
- Pas trop vite quand même, faut leur laisser le temps de monter la machine.
- Et ça va leur prendre longtemps, à ton avis ?
- Chaispas. Demande leur, je retiens la bestiole un instant.
Jabinette poursuivit sa course tandis que Grinder faisait volte-face, ses serpillères traçant un sillon mouillé dans l’air.
- GREUH ! éructa la créature.
- Ouais, ouais, GREUH ! fit Grinder d’un ton désabusé. Viens voir par là, espèce de saloperie industrielle…
La créature fit fouetter ses tentacules, et Grinder para de ses serpillères avant de lancer une contre-attaque. Jabinette, elle, s’était arrêtée quelques dizaines de mètres plus loin, et commençait à sortir son comlink.
~
« Tibidi ! » fit le comlink à la ceinture de J.R.
- C’est pas vrai ! fit-elle. Un de ses maillets écrasa le pied d’un vigile dans un petit craquement mouillé.
- Réponds, c’est peut-être important, fit Zombi, qui alignait allègrement les vigiles.
Il reculait de trente bons centimètres à chaque coup, évitant ainsi le plus gros des attaques des hommes en costard.
- Couvrez-moi pendant que je réponds, fit J.R. C’est Jabinette.
- O.K. !
Les deux jeunes hommes se mirent de part et d’autre de la blonde. Mercurio, se ses chaînes, renversait quiconque s’approchait d’un peu trop près, tandis que Zombi, une lueur de folie dans son visage pâle, tirait sur tout ce qui bougeait.
- J.R. ! fit la voix de Jabinette par le comlink. Vous en êtes où avec la machine ?
- Ben, euh… On a quelques petits problèmes avec la sécurité.
- C’est-à-dire ?
- Ben, ils veulent pas nous laisser rentrer, là, et on est un peu débordés…
- Bordel ! jura la Jedi blonde.
~
- Ben, ils veulent pas nous laisser rentrer, là, et on est un peu débordés… fit la voix de J.R. par le comlink de Jabinette.
- Bordel ! Grinder, on a un problème !
- De quoi ? fit le Sith qui combattait toujours la créature.
De nombreux tentacules jonchaient le sol, mais au fur et à mesure de sa progression, la créature les réabsorbait et ils repartaient à l’attaque.
- On a un problème, je dis ! hurla Jabinette.
- Viens me remplacer, et file-moi ton comlink, fit Grinder en envoyant une salve de pastilles de Javel sur la créature.
Jabinette fit un saut périlleux avant, et para une attaque de son balai brosse. Elle lança le comlink à Grinder, qui le rattrapa avec la Force et sauta hors de protée de la créature.
- Il se passe quoi ? demanda Grinder dans le petit appareil.
~
- Il se passe quoi ? fit la voix de Grinder dans le petit comlink.
- Rhâ, fit J.R., Zombi, attrape !
La blonde balança le petit appareil à son petit ami et elle prit sa place, marteaux en main. Les vigiles reculèrent imperceptiblement.
- Zombi ? demanda Grinder. Qu’est-ce qui se passe, bordel ?
- On est retenus par une armée de vigiles, répondit Zombi. Vous serez là dans combien de temps ?
- Une demi-heure, je dirais, répondit le Sith. C’est épuisant de devoir combattre ce machin tout en s’enfuyant !
- Merde, on n’aura jamais le temps de monter la machine, si ça continue comme ça ! jura Zombi.
- Vous arrivez pas à éliminer les vigiles ?
- Ben, ils sont costauds : quand on tape, ils se relèvent, et apparemment, ils ont des gilets pare-balles.
- Merde… jura Grinder. Dis, Zombi, tu penses en avoir pour combien de temps, pour monter ta machine ?
- Je sais pas, répondit-il. Il faut que je voie ce que j’ai sur
place, que je trouve du matos, une arrivée d’eau… Une bonne heure, je
dirais.
- Putain… Bon, écoute ce qu’on va faire, fit Grinder.
~
Une demi-heure plus tard, Grinder et Jabinette débarquaient, la chose aux trousses. Les deux arpenteurs des Voies de la Force étaient en sueur, et leurs réserves de produits ménagers étaient sensiblement entamées. La créature les suivait, digérant quelques voitures de-ci, de-là.
- PLAN B ! beugla Grinder en arrivant.
J.R., qui était noyée au centre d’une marée de vigiles mal en point mais toujours alerte, secondes d’un Zombi qui peinait à trouver des cartouches et d’un Mercurio faiblissant, sortit ses plus gros maillets et commença à shooter violemment les vigiles en direction de la créature. Jabinette, se servant de la Force, fit de même pour projeter en masse des types en costard, non sans une pointe de regret. Grinder fonça vers la grille en fer qui barrait l’entrée du magasin, en lançant à Zombi et Mercurio ses munitions de propreté. Le Sith sortit son sabre laser, et rapidement, la lame écarlate se mit à découper la grille. Il n’y eût bientôt plus de vigiles dans un périmètre immédiat ; tous avaient été projetés vers la créature, et s’égaillaient en hurlant. Ravie de cette diversion, la chose lançait ses tentacules de façon presque dansante, poussant de temps à autre un « GREUH ! » enjoué.
- On y est, fit Grinder. Tout le monde commençait à reprendre espoit. Zombi et J.R., vous allez dans le magasin bricoler la machine à lave-linge. Jab et Mercurio, foncez dans le magasin dénicher un maximum de produits vaisselle. Moi, je vais chercher des pulvérisateurs. On se retrouve dans un quart d’heure ici. Go !
Tout le monde se dispersa dans le magasin. Grinder trouva rapidement trois pulvérisateurs dorsaux, qu’il amena dans un bar de la galerie marchande du magasin, où il les remplit presque à ras-bord d’eau. Jabinette et Mercurio ne tardèrent pas à le rejoindre, poussant un caddie rempli à ras-bord de produits ménager. Les pulvérisateurs se virent bientôt remplis d’une quantité honorable de produits nettoyants. Chacun des trois trippeurs s’en sangla un sur le dos, et ils sortirent du magasin.
Dehors, la créature continuait à s’amuser avec les vigiles, mais il n’en restait pas beaucoup.
- ON FONCE ! cria Grinder.
Les trois trippeurs se séparèrent, chacun prenant une direction différente en pulvérisant la substance ménagère au sol. Ils eurent tôt fait de faire le tour du magasin. Alors qu’ils se regroupaient dans l’entrée, Grinder alluma son comlink.
- J.R., ici Grinder, fit le Sith dans le petit appareil.
- Ca va bien, dehors ? demanda la blonde.
- Pour l’instant, la créature joue avec les vigiles. Elle a pas encore essayé de passer le cordon sanitaire, répondit Grinder.
- O.K. Zombi travaille sur la machine, mais il faudra la déplacer, vu qu’il n’y a pas d’eau dans le magasin lui-même.
- Estimation du temps restant ?
- Trois bon gros quarts d’heure, répondit J.R. en coupant la communication.
Grinder rangea le comlink dans sa poche et se retourna vers l’extérieur. La créature venait d’engloutir le dernier vigile, qui hurlait alors que des restes de cages thoraciques immaculées se devinaient derrière la créature. La chose reporta son attention vers le trio.
- J’espère que le cordon sanitaire la retiendra un moment, fit Jabinette en actionnant la pompe de son pulvérisateur.
- On va le savoir dans trente secondes… fit Mercurio.
La créature avança, puis posa un pseudopode sur le petit ruisseau qui serpentait autour du magasin. Il y eût un sifflement bouillonnant, et la chose rampa en arrière en sifflant, ses tentacules s’agitant en l’air. Grinder, Jabinette et Mercurio sautèrent de joie.
~
Pendant une demi-heure, la créature renouvela ses tentatives de pénétration (du magasin, bande de pervers !), avec à chaque fois le même résultat. A chaque fois, les trippeurs rajoutaient du liquide sanitaire là où le passage de la créature laissait de grandes traces verdâtres. Quelque chose semblait toutefois préoccuper Grinder. Il sortit son comlink.
- J.R. ? fit-il.
- Oui ? répondit la blonde.
- Vous en avez encore pour longtemps ?
- GREUH !
- Une vingtaine de minutes. Zombi est comme un dingue, là… (on
entendit le bruit d’une boîte de clous renversés, un petit cri, et une
voix demandant une clé de douze.) Vous avez des problèmes, de votre
côté ?
- Ben, j’ai l’impression que la bestiole commence à développer une sorte de résistance…
Grinder coupa brusquement la communication. La créature pénétra le cercle une fois de plus, mais au lieu de reculer en sifflant, elle continua à avancer, ses tentacules fouettant l’air en signe de douleur. Le trio recula imperceptiblement.
- On l’asperge ! cria Jabinette, joignant le geste à la parole.
La créature siffla de plus belle, puis recula. Mercurio soupira de soulagement. Pas longtemps, toutefois : la créature, à l’extérieur du cordon sanitaire, venait de ramasser l’ensemble de ses tentacules sous elle, puis, les faisant claquer contre le béton du parking, elle sauta en l’air, atterrissant derrière le trio de trippeurs. Grinder se saisit immédiatement de son comlink.
- J.R. ! Faites gaffe ! La créature vient de rentrer ! On va essayer de la retenir, mais va chercher de quoi te défendre ! Essaye aussi de trouver un moyen d’alimenter la machine sur place ! On pourra pas la déplacer avec cette chose en liberté dans le magasin !
J.R. accusa réception et coupa la communication. La créature eût un « GREUH ! » de joie, puis recommença à attaquer, tout en reculant dans le magasin.
- Merde ! jura Mercurio. Si elle atteint la machine pendant que Zombi travaille dessus, on est foutus…
Les trois trippeurs se précipitèrent à la suite de la créature, se séparant pour essayer de lui barrer le chemin. Mais la chose déracina des caisses, et les balança vers les trois trippeurs. Mercurio fut touché de plein fouet et glissa, sonné, au pied d’un mur.
- Mercurio ! cria Jabinette en faisant mine de se diriger vers son ami.
- Plus tard, coupa Grinder, une trace de dureté dans la voix. La priorité est de retenir cette chose.
Les deux trippeurs sortirent leurs sabres, dont ils se servirent
pour couper les objets que la créature leur envoyait. Dans le lointain
se faisait entendre les « Clang ! » terrifiés des marteaux de Zombi en
pleine action.
A court de munition, la créature recommença avec ses tentacules et
des projections de mucus. Grinder et Jabinette rengainèrent les sabres
pour repasser aux serpillères et balais. Toujours impossible,
toutefois, pour les deux trippeurs de contourner la créature, qui
continuait, inexorablement, à avancer.
La scène dura encore pendant cinq bonnes minutes, lorsqu’une
espèce de gros tuyau passa par-dessus la créature pour atterrir aux
pieds de Jabinette. La créature siffla de douleur lorsque le tuyau la
toucha.
- Branchez ça sur une conduite d’eau, fit la voix de J.R. de
derrière la créature. Je l’ai enduit d’eau pour empêcher la bestiole de
l’attaquer.
- Compris ! fit Jabinette en s’emparant du tuyau. Grigri, tu me couvres !
- Ca marche, fit le Sith en approchant de la créature.
Grinder para quelques coups de la chose, lorsque la voix de Zombi,
atténuée par la relative distance, parvint aux oreilles de Grinder :
- C’est bon, c’est fini ! cria-t-il. Ouvrez l’eau !
- Ouvre la flotte, Jab ! relaya le Sith.
Le tuyau se gonfla soudainement, cinglant la créature.
- Attirez-la, maintenant, poursuivit Zombi.
- C’est parti… fit Grinder.
Appelant la Force autour de lui, il effectua un magnifique saut
périlleux au-dessus de la bête, manquant s’écraser la tête au plafond.
La créature tenta de se saisir des chevilles du Sith, mais J.R.
intercepta les tentacules de salves bien placées de pastilles de Javel.
En reculant le Sith parait les coups, tandis que J.R. donnait de grands
coups de maillet imprégné d’eau propre.
Ils finirent par arriver là où Zombi avait construit la machine à
lave-linge : une espèce d’emberlificotement improbable de tuyaux et de
câbles, encadrant, au centre, un caisson de lavage d’un volume assez
impressionnant. La créature hulula à cette vue.
- Balancez-la dedans, fit Zombi, qui tenait à la main un boîtier de contrôle.
- Prête, J.R. ? demanda Grinder.
- Prête à qu… commença la blonde.
Elle n’eût pas le temps de finir : le Sith lui avait saisi la main,
et avait à nouveau sauté par-dessus la chose, trop effrayée par ce
qu’elle regardait (on ne savait trop comment) pour essayer de les
attraper.
Grinder et J.R. atterrirent sans encombre, même si Grinder faillit
se manger un coup de maillet « spicy ». Jabinette les rejoint.
- A trois, on pousse, et toi, tu shootes, commanda Grinder. 1… 2… 3 !
La créature eût un hululement pitoyable en dressant ses tentacules.
J.R. balança un formidable coup de maillet, appuyé par une poussée de
Force combinée de Grinder et de Jabinette. La chose vola droit dans le
tambour de la machine à lave-linge, fouettant inutilement l’air de ses
tentacules. Zombi referma la porte en toute hâte, et appuya sur un
bouton de son boîtier de contrôle.
L’eau commença à se déverser dans le tambour, noyant la chose, qui
frappa la porte vitrée de ses tentacules. Pas longtemps, toutefois : un
jet de lessive et de liquide vaisselle arriva par un autre tuyau, jet
qui commença à dissoudre la créature. Il y eût une plainte pitoyable,
qui se réduisit progressivement. Soudain, un grand flash de lumière
verte illumina la salle, puis plus rien. La vapeur masquait l’intérieur
de la machine à lave-linge.
Tout le monde s’approcha prudemment, même un Mercurio sonné qui zigzaguait sans trop de conviction. Zombi ouvrit précautionneusement la porte, envoyant une bouffée de vapeur et une agréable odeur de fleur d’oranger (obtenue grâce à GrigriWash©, la lessive des Sith qui veulent une tunique plus noire que noire !) A l’intérieur de la machine, on pouvait apercevoir une rangée de linge propre, plié et repassé (oui, oui, dans l’ordre !), ainsi que des couverts et casseroles qui étincelaient sous l’éclairage cru des néons.
Tout le monde soupira et applaudit copieusement l’œuvre de Zombi, qui s’inclina sous les hourras.
Grinder et Mercurio, toutefois, tressaillirent lorsque J.R. dit :
- Bon, maintenant, faut aller ranger tout ça…
Trips du Grigri Next Gen : Episode 1 et demie : On court ! Et vite !
Les quatre trippeurs se tenaient face à la créature de
l’appartement numéro neuf, sur le parking devant la résidence de
Grinder et Mercurio.
Grinder fit tournoyer sa serpillère au-dessus de sa tête, tandis que Jabinette préparait une pluie de pastilles de Javel.
- Elle se régénère, déplora Mercurio en brandissant son nettoyant en spray. Qu’est-ce qu’on fait ?
- Je sais pas, grimaça J.R., qui avait perdu son balais. Une attaque massive, peut-être ?
- Avec quoi ? demanda Jabinette avant de sauter lestement pour
éviter un coup de tentacule. Ce machin se régénère trop vite pour nous,
et je crois pas qu’on ait assez de matos pour la nettoyer d’un coup !
- Et meeeeeerde ! jura Grinder.
Ils continuèrent à lutter tant bien que mal, en esquivant les coups de tentacules de la créature, tranchant sans conviction de-ci, de-là. Les réserves de Javel s’amenuisaient.
- C’est pas normal qu’un truc pareil puisse exister, fit Jabinette, hors d’haleine. Vous êtes vraiment dégueulasses, les mecs !
- Tu veux qu’on reparle de ton évier ? tança Grinder.
- Screugneugneu, fit Jabinette.
- On devrait appeler des renforts, grimaça Mercurio.
- Mais qui ? fit Grinder. P.O. est loin, je te parle pas de Imy et de Tom… Tout le monde est trop loin pour nous !
- Je sais ! fit J.R.
Elle se contentait, depuis la perte de son balais, d’esquiver les coups de la créature.
- Qui ? demanda Jabinette ?
- Je reviens ! cria J.R. alors qu’elle partait en courant.
Un instant, les trippeurs restèrent médusés, bras ballants et
bouche bée. La créature se rappela à leur bon souvenir en désintégrant
une autre portion de béton sous leurs pieds.
- Putain, j’aurais jamais pensé que J.R. se barrerait un jour en plein combat, tiens, fit Grinder, amer.
- C’est clair, ajouta Mercurio.
La bataille devenait désespérée. La créature gagnait peu à peu du
terrain, acculant les trippeurs contre un mur, alors que Jabinette
lançait ses dernières pastilles et que Mercurio jetait par terre sa
bouteille de spray, vide.
Seul, Grinder fit face à la chose, couvrant ses amis. Il paraît
tant bien que mal les nombreuses attaques de la créature. Soudain, la
serpillère fut arrachée des mains du Sith. Il mobilisa la Force pour
une dernière tentative…
- GREUH ! fit la créature.
- Hé, les gars ! fit la voix de J.R., bientôt suivie par J.R. elle-même.
Elle tenait par le bras un jeune homme assez grand et très maigre, qui avait autant l’air d’être là que Grinder de se retrouver en partiel de grammaire.
- C’est qui ? demanda Grinder.
Il regarda mieux.
- Putain, Zombi ? c’est toi ?
- Euh, non, non, il y a erreur sur…
- Mais si, c’est lui, fit vigoureusement J.R. en hochant la tête.
Dans le mouvement, elle secoua le pauvre Zombi de haut en bas, l’enfonçant quelque peu dans le béton.
Il y eût un instant de silence.
- Mais, tu veux que ce type nous serve à quoi ? fit Grinder. Il sait pas se battre ! C’est juste un zombi !
- Oui, tout à fait, je peux rentrer chez moi… commença Zombi avant d’être coupé par J.R. :
- Allez, c’est mieux que rien ! Il peut nous aider à réfléchir sur
la façon de combattre cette chose. Et tu parles pas comme ça de mon
petit ami, renchérit J.R. en secouant encore plus fort le pauvre Zombi.
- GREUH ! fit la chose.
- Elle a dit « greuh », la chose, je crois que je ferais bien d’y aller…
- Non, tu restes là, Zombi, maintenant que tu es là… ajouta Jabinette.
- Personne n’a d’idée ? demanda désespérément Mercurio.
- Si, j’ai une idée Sith ! fit un Grinder rayonnant.
Jabinette lui lança un regard noir. Un nouveau « GREUH ! » de a chose enleva de son visage toute trace de regard noir et la fit écouter attentivement le Sith.
- C’est quoi ? demanda Mercurio. Si tu veux encore me trancher le bras…
- Non, non, rien d’aussi extrême, fit Grinder. Enfin…
Une lueur jaunâtre typiquement Sith naquit dans son regard.
- Je pensais qu’on pourrait utiliser Zombi et J.R. comme appât pour détourner la créature de nous !
Il y eût un instant de silence, et même la poigne, pourtant phénoménale, de J.R. eût de la peine à retenir un Zombi devenu encore plus blafard.
- D’accord, je veux bien vous aider, mais vous lancez pas cette chose à mes trousses ! hurla Zombi.
- Super ! se réjouit Grinder.
- GREUH !
- Ouais, bon, ça va ! fit Mercurio.
-
GREUH !
Mercurio se tut. Il leur restait un problème : Mercurio, Grinder et Jabinette étaient coincés contre le mur par la créature, et J.R. et Zombi étaient de l’autre côté. Heureusement pour eux, la narration leur avait permis de discuter sans être importunés par la créature, mais ce temps semblait désormais révolu. La chose recommença à darder ses tentacules.
- Bon… Plan B ! hurla Grinder.
- C’est quoi… commença à demander Jabinette.
Elle n’eût pas le temps de finir. D’une poussée de Force, Grinder la balança sur le côté, l’envoyant bouler par terre, loin de la créature. Dans le même mouvement, le Sith s’était propulsé de l’autre côté. La créature sembla perdue un instant, puis reporta son attention sur le pauvre Mercurio, resté seul au centre. Trois tentacules se levèrent avec une lenteur délibérée, avant de fondre vers la tête du malheureux colocataire devenu aussi blême que Zombi. Les tentacules fouettèrent le vide : Grinder venait d’attirer à lui, grâce à la Force, son ami.
- MAIS T’ES MALADE ! hurlèrent en même temps Jabinette et Mercurio.
- Plus tard les remontrances ! Et de rien, fit Grinder en prenant Mercurio sous le bras et en commençant à courir.
Jabinette ne tarda pas à les rejoindre.
- GREUH !
- On fait quoi, maintenant ? demanda J.R.
- Technique Jedi : fit Grinder. ON SE BARRE !
- Excellente technique, approuva Zombi.
Jabinette eût un nouveau regard noir, à nouveau balayé par un joli « GREUH ! ».
Les cinq trippeurs se mirent à fuir, la créature rampant mollement à leurs trousses. Des cris horrifiés se firent entendre dans la rue, alors que les passants se rendaient compte de ce qui dégageait une si nauséabonde odeur.
- On va pas pouvoir fuir éternellement, fit J.R. en haletant. (La course n’avait jamais été son fort.)
- Je sais, fit Grinder. Peut-être qu’on aura une idée en cours de route ! Zombi, des suggestions ?
- Je sais pas, moi, choper une bagnole et se barrer loin d’ici ? suggéra-t-il.
- Et on laisse tous les Chambériens se faire bouffer par ce machin ? vitupéra Jabinette. Ca va pas, non ?
- Ben, je sais pas, moi, on peut la combattre avec quoi ?
- C’est un amas des saletés de Grinder et de Mercurio.
- Surtout de Mercurio ! fit Grinder.
- Surtout de Grinder ! fit Mercurio.
- Vos gueules ! fit J.R., menaçante, en sortant deux maillets. Les deux trippeurs se turent.
- Apparemment, continua Jabinette, les instruments ménagers la blessent, mais elle se régénère trop vite.
- Ben, faut la laver en une seule fois ! fit Zombi.
On n’entendit plus que le bruit de la course et les hurlements désespérés des passants (ainsi que, de temps en temps, un rot écœurant signifiant que la créature venait d’avaler quelqu’un.)
- Bonne idée ! fit Grinder, qui reprenait du poil de la bête. Et on lave avec quoi ?
- Ben, c’est un mélange de vieilles fringues sales et de vaisselle pas faite, non ? fit J.R.
- Alors, il nous faudrait un lave-vaisselle géant ! fit Grinder.
- Ouais, et aussi un lave-linge, ajouta Mercurio.
Il y eût un nouvel instant de silence.
- AAAAAAAH ! ON EST FOUTUS ! hurla Mercurio. OU ON VA TROUVER UN LAVE-LINGE QUI FAIT LA VAISSELLE GEANT ?
- Du calme, Mercurio, un Sith garde toujours son calme, sauf quand il s’énerve, fit Grinder avec sérieux.
- CHUIS PAS SITH, MOI ! hurla Mercurio.
- Ah, ouais, tiens, remarqua Grinder.
- Zombi ! fit J.R.
- Oui ? répondit l’intéressé.
- Tu pourrais pas nous bricoler un machin du genre ?
- Moi ?
- Ben, oui, toi ! T’as pas des profs qui ont inventé la plaque à induction ?
- Ben, si, mais à ton avis, pourquoi est-ce que je continue à suivre des cours ?
- On s’en fout ! explosa Grinder. Si t’es là, tu peux servir !
- En quel honneur ?
- Licence poétique ! cracha le Sith.
- Bon, O.K., je veux bien essayer… Mais ça va prendre du temps. La créature est loin ?
- Je crois qu’on l’a semée, fit Jabinette, hors d’haleine.
- GREUH ! fit la créature, depuis une certaine distance, toutefois.
- On court encore un peu, fit un Zombi décidé.
~
Les trippeurs coururent encore un bon moment, jusqu’à arriver tout juste au bord de la portée des cris de frayeur et de douleur des Chambériens qui se faisaient dévorer. Ils se trouvaient dans le centre-ville de Chambéry. Quelques voitures de police passèrent, toutes sirènes hurlantes. Les trippeurs, eux, cherchaient un magasin d’électroménager.
- Rhâ, mais pourquoi y a jamais rien à Chambé ? demanda rageusement Jabinette aux trois pigeons qui passaient devant eux.
- Rouh ! firent-ils.
- Vos gueule, fit un Grinder maussade.
Pas la moindre enseigne d’électroménager.
- Zombi, fit Mercurio, tu sais pas où il peut y avoir un magasin où ils vendent des machines à laver et des lave-linges ?
- Ben, je sais bien, mais ils sont en-dehors de la ville, dans les zones industrielles…
- D’accord. Il faut qu’on se rende là-bas, décida J.R.
- Minute, tempéra Grinder. Je suppose qu’une fois bricolé, ton machin sera pas des masses transportable, pas vrai ?
- Effectivement, reconnut Zombi. Et en plus, il faudra une arrivée d’eau.
- Merdeuh, fit Mercurio.
- Voilà ce qu’on va faire, fit Grinder. Zombi, Mercurio et J.R.,
vous allez aller dans le grand magasin le plus proche pour bricoler le
machin. J.R., je compte sur tes marteaux en cas de non-coopération.
- D’accord, fit J.R. en arborant un sourire sadique, son fameux maillet rose portant la mention « spicy » à la main.
- Jabinette et moi, poursuivit Grinder, on va appâter la chose. On reste en liaison par comlink.
Le Sith fit passer les petits appareils à tout le monde.
- Question, fit Zombi. Comment on va aux magasins ?
- Piquez une bagnole, répondit Grinder.
- Ca va pas, non ? explosa Jabinette. C’est mal, de voler…
- T’as une autre idée ? sifflota Grinder en se regardant les ongles.
- Sale Sith, grommela Jabinette.
- Merci, fit Grinder en souriant.
- Mais je sais pas conduire, moi, fit Zombi.
- J’ai pas le permis, déplora Mercurio.
- Ben, je l’ai, moi, fit J.R., rayonnante.
Zombi et Mercurio prirent la même expression que si la créature venait de se reproduire devant eux. Ils perdirent également dix centimètres quand J.R. leur asséna un coup de maillet.
- Zombi, fulmina-t-elle, tu me voles cette voiture, fit-elle en pointant un New Beetle du doigt. On fonce !
Les trois trippeurs partirent, laissant Grinder et Jabinette seuls dans Chambéry. Les « GREUH ! » de la chose se rapprochaient. Autour d’eux, le chaos commençait à s’instaurer, à mesure que les gens se rendaient compte de ce qui leur arrivait dessus. Grinder et Jabinette étaient en plein centre de Chambéry, au croisement entre la rue de Boigne et la Place St. Léger. Grinder regarda Jabinette.
- A ton avis, ils sont partis vers Bassens ou Chamnord ?
- Je sais pas, fit Jabinette en sortant son comlink.
En face d’eux, la créature tourna au coin de la rue, en-dessous du château, digéra la statue de Joseph de Maistre, et avança dans leur direction. Grinder en Jabinette se mirent à marcher à reculons. Le comlink de Jabinette crachota quelque chose que Grinder ne saisit pas.
- Il vont à Bassens, fit Jabinette.
- On va devoir marcher un moment, fit Grinder, l’air sombre.
La créature leur faisait face. Avançant dans la rue de Boigne,
Grinder fonça dans le Monoprix qui s’y trouvait, attrapa une poignée de
balais, de produits nettoyants et de blocs de Javelle, et il retourna
dans la rue. Les deux trippeurs étaient prêts : Grinder avait une
serpillère dans chaque main, des balayettes passées dans la ceinture et
une bandoulière de bouteilles de liquide vaisselle et de doses pour
lave-linge. Jabinette faisait tournoyer un balai et un balai brosse, et
avait rempli un sac à dos de pastilles de Javel.
La créature accéléra, défonçant au passage quelques colonnes
propres à l’avenue. Grinder et Jabinette se mirent à courir en
direction des Quatre Sans cul.
- GREUH !
- MOUHAHAHAHAHAHAHA !
- A POIIIIIIIIIIIIIIIL !!
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Grinder et Jabinette arriveront-ils à appâter la créature de l’appartement numéro neuf ? Mercurio, Zombi et J.R. parviendront-ils à construire une machine à lave-linge ?
Toutes les réponses à ces palpitantes questions dans les prochains… TRIPS DU GRIGRI ! (coming soon)
Trips du Grigri Next Gen : épisode 1. La créature de l’appartement numéro neuf…
(Ici commencent les Trips du Grigri Next Gen, qui se passent un peu plus loin dans le futur des trippeurs.)
Un petit bout de temps a passé. Les trippeurs se sont occupés de leurs doubles maléfiques (enfin, encore plus maléfiques que d’habitude, hein, les trippeurs ne sont pas non plus des Bisounours), puis, suite à un chômage technique de l’inspiration de l’auteur (noyée dans le système scolaire, le manque de temps et les soirées étudiantes), les trippeurs se sont dissous, les Forces Galactiques de l’Equilibre Narratif ayant exigé le démantèlement de toute l’infrastructure trippienne (je fais des néologismes si je veux !) si personne n’était là pour raconter ce que faisait un vaisseau de guerre de quinze kilomètres de long en orbite autour de la terre.
Si vous n’avez pas compris, ce n’est pas grave. En gros, les trippeurs se sont dissous à cause du manque d’inspiration de l’auteur, dû, à…
Pardon. L’auteur essaye simplement de faire comprendre, maladroitement, certes, qu’il va y avoir une ellipse pour combler le gros bout de temps qui s’est passé depuis la dernière aventure des trippeurs, qui ont été mis au chômage narratif à cause de…
BREF !
Quelques années plus tard… (une, en fait, hein, je vais pas faire des ellipses de trente ans non plus, hein… Oh, et pis pourquoi pas ? Soixante ans, même !)
…
Quelque part, une maison dans les montagnes, dans les Alpes… La neige tombe doucement, dans un silence feutré, recouvrant lentement la maison et les arbres l’environnant d’une chape blanche.
Dans la maison, un feu brûle. Trois enfants sont assis en demi-cercle, les yeux brillants, autour d’une personne assise dans un fauteuil roulant. Dans un coin de la maison, on distingue un présentoir, sur lequel des sabres laser sont exposés. Une vieille robe noire typiquement Sith est crânement exposée sur un bustier à côté. Le grand-père dans le fauteuil roulant, un air nostalgique sur le visage, montre des photos aux enfants.
- …Et là, vous voyez, c’est quand on a massacré les tout premiers zombis, lorsque Bi££ Gate$ a infecté l’Albanais avec son virus…
L’ancien fit passer les photos aux enfants, lesquelles photos montraient une bande de joyeux déjantés tranchant allègrement dans une masse informe de gens. Sur une photo, on voyait des viscères en gros plan. Les enfants déglutirent en se faisant passer la photo. La petite lueur brillante de leurs yeux n’était pas due à l’admiration ou à l’intéressement à une quelconque histoire, mais reflétaient leur horreur et l’imminence de leurs pleurs face aux histoires horribles de ce vieux croulant à moitié fou qu’ils étaient obligés d’aller voir tous les ans à la même époque.
- Papa !
Une voix rugit depuis la cuisine, que l’ancien (Grinder, vous l’aurez compris) ignora. Un grand homme barbu apparut, poussant devant lui une chaise roulante contenant une femme qui autrefois devait être blonde, mais dont les cheveux étaient désormais d’un blanc éclatant. Malgré son âge, elle brandissait ses marteaux avec autant de conviction qu’il y avait soixante ans.
- Veux-tu laisser ces enfants tranquilles ? glapit J.R. d’une voix que l’âge avait éraillée. Ses marteaux, toujours impressionnants, n’affichaient toutefois plus qu’un poids de quelques kilos.
- Mais, je dois bien leur montrer ce qu’on a fait quand on était jeunes, si ces petits veulent un jour devenir des vrais Sith, beugla Grinder en agitant une canne au-dessus de sa tête.
- Pas question ! glapit J.R.
Elle reposa ses marteaux sur ses genoux, puis, saisissant les roues, commença à rouler tout doucement vers Grinder. L’ancien Sith, voyant venir la menace, pivota sur place pour faire demi-tour et s’enfuir dans la direction du couloir qui menait aux chambres. Les enfants se relevèrent et allèrent se camper à côté de leur père, qui souriait. La fille de J.R. sortit à son tour de la cuisine pour regarder, elle aussi, le spectacle attendrissant des deux trippeurs octogénaires se rouler après dans leurs fauteuils roulants.
…
Vous voyez, les grandes ellipses, c’est pas forcément une bonne chose (et les premiers à me demander des trips du Grigri octogénaire se verront gratifiés d’une intense séance de réflexion. J’ai pas tout mon temps à perdre à écrire des conneries, boudu !)
Opérons donc, depuis la dernière aventure des trippeurs, une simple ellipse d’une petite année, année pendant laquelle les trippeurs, après s’être tournés les pouces pendant un petit bout de temps, sont retournés à des activités moins stupides après avoir quitté l’Asmodée suite aux menaces des différentes coalitions anti-aussi-grosse-puissance-de-feu-non-affiliée-à-AnakinWeb AnakinWebiennes.
Grinder s’est donc retrouvé à poursuivre ses études (bien qu’elles courent vachement vite !) en compagnie de Mercurio. Les deux trippeurs s’étaient même mis en colocation.
Malheureusement, et malgré les promesses de bonne volonté faites de part et d’autre, le bordel s’était installé.
C’était arrive petit à petit. D’abord, les affaires jetées en tas au pied du lit. La vaisselle laissée à l’abandon une journée. Puis deux. D’autres affaires au-dessus des autres. On commença à oublier la couleur du sol. La vaisselle, la nuit, se déplaçait parfois sur des nuages de champignons et d’étranges créatures nées dans le vivier de l’évier, que Mercurio et Grinder avaient décidé de garder pour la science.
Ce fut par une froide journée ensoleillée, fin octobre, que l’évènement arriva. Grinder et Mercurio rentraient ensemble de la fac, fatigués plus à cause du fait que les chaises des amphis n’étaient pas adaptées à la sieste qu’aux cours distillés dans ces mêmes amphis. Le jour commençait à tomber (personne ne le ramassa, le pauvre), lorsque les deux trippeurs parvinrent à leur résidence. Ils ne remarquèrent pas tout de suite le silence anormal. Ils ne le firent qu’une fois au premier étage, devant les restes de ce qui, manifestement, avait été leur voisine : une cage thoracique immaculée, abandonnée au milieu d’une sorte de mucus verdâtre fluorescent. Grinder et Mercurio échangèrent un regard, devant la porte défoncée des appartements du premier étage. Le leur se situait au deuxième. En cherchant, ils découvrirent les cadavres (les ossements, plutôt) de deux autres voisins. Une quatrième personne avait survécu, mais lorsqu’ils la trouvèrent, elle s’enfuit en hurlant.
- J’aime pas très beaucoup ça, fit Mercurio alors que s’estompait
l’écho de la voisine. Il tentait délibérément d’ignorer la pulsation
verdâtre malsaine qui émanait du haut de la cage d’escalier.
- En effet, fit Grinder, qui de surcroît essayait d’ignorer le bruit de reptation qui provenait de leur appartement.
Le regard des deux trippeurs se croisa à nouveau. Ils déglutirent, puis se mirent à monter lentement les marches. Grinder prit l’un de ses sabres à une seule lame en main, tandis que Mercurio enroulait ses chaînes cloutées autour de ses poignets.
Ils arrivèrent enfin sur leur palier. La porte, sur laquelle brillait naguère le chiffre neuf, gisait, défoncée, dans l’encadrement de la fenêtre. L’air froid d’octobre s’insinuait par les carreaux brisés. Le soleil lança un dernier rayon. Quelque chose brillait d’une lueur verdâtre dans l’appartement numéro neuf.
- Vas-y en premier, fit Grinder. J’te couvre.
- Si tu n’y vois pas d’inconvénients, j’aimerais mieux que tu passes devant, fit Mercurio nonchalamment.
- Non, passe devant, insista Grinder.
- Je me sentirai plus en sécurité si un Grand Maître Sith ouvrait la voie, rétorqua Mercurio.
- Je ne prote plus ce titre, je te rappelle, siffla Grinder entre
ses lèvres. Il activa la lame de son sabre, ajoutant une touche carmin
à la lueur verte, qui pulsait de plus en plus rapidement.
- Et alors ? T’es toujours Sith, que je sache, nan ? fit
Mercurio. Les deux trippeurs se faisaient face, à présent, et Mercurio
déroulait tout doucement les chaînes de ses poignets.
- De toute façon, c’est toi qui devait faire la vaisselle la dernière fois, donc c’est toi qui rentre en premier, fit Grinder.
- N’importe quoi ! On devait la faire ensemble, la vaisselle, d’abord ! fit Mercurio.
La lueur verte se fit encore plus intense. Les deux trippeurs ne remarquèrent rien.
- Mais tu m’emmerdes ! beugla Grinder. Vas-y, nom de Dieu, qu’on en finisse ! J’y peux rien si tu vis comme un porc !
- Moi, je vis comme un porc ? Au moins, je n’obstrue pas la salle
de bains avec des masses de cheveux, et je ne laisse pas des miettes de
partout !
- Ah ouais ?
- Ah ouais !
- Ah ouais ?
- Ah…
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHH ! hurlèrent à l’unisson les deux trippeurs lorsque la chose verdâtre leur sauta dessus.
Ils étaient coincés sur le petit palier, au sommet de la cage d’escaliers. Mercurio lança ses chaînes, qui se firent dissoudre en moins de deux secondes. Un espèce de tentacule fouetta l’air.
- J’ai été attaqué par un string ! Bordel, j’ai été attaqué par un string !
Mercurio se mit à descendre précipitamment les escaliers. Grinder
tenta de faire face et faucha avec son sabre. La chose émit un immonde
borborygme. Grinder sourit, puis fit un rictus lorsqu’il vit que son
coup n’avait rien fait, et avait, de surcroît, désactivé son sabre. Il
lança une décharge d’éclairs de Force. La créature émit un autre
borborygme, puis bondit en avant. Grinder rengaina son sabre et se jeta
par la fenêtre pour éviter le coup. Un tentacule fouetta l’air derrière
lui, manquant de peu sa cheville.
Malgré l’aide de la Force, le Sith atterrit lourdement sur le dos, alors que Mercurio sortait tout juste de la porte d’entrée de la résidence. Une balafre blanchâtre s’épanouissait sur son bras, exhalant une odeur méphitique et un peu de fumée. En haut, il y eût un dernier éclair de lumière verte, un tentacule fouaillant l’air au-dessus des deux trippeurs, puis le bruit et la lumière diminuèrent.
Grinder se releva et regarda Mercurio, dont les yeux approchaient le record mondial question diamètre. Il regardait sa balafre, l’air hagard.
- Bordel, j’ai été attaqué par un string ! balbutia-t-il.
- Je t’avais bien dit que tu gardais n’importe quoi dans tes placards !
- Le string était pas à moi. Je te l’avais offert l’an dernier.
- J’l’ai jamais mis !
- Mouais, c’est ce qu’on dit !
- Mais, euh ! protesta Grinder.
Il y eût un bruit de métal que l’on plie très doucement alors qu’il
est en train de fondre. Mercurio et Grinder échangèrent un regard.
- On s’engueulera ailleurs, fit Grinder.
- D’accord.
Les deux colocataires, désormais chassés de leur logis, se mirent en route. La blessure de Mercurio avait cessé de fumer, mais présentait un aspect inquiétant.
- Et ***censuré***uh, pesta Mercurio. Je fais quoi, moi, avec ce truc ? Pis d’abord, c’est quoi, le machin qui nous a attaqué ?
- A vue de nez, fit Grinder, je dirais qu’ils ‘agirait d’un
amalgame entre nos différentes couches de bordel, animées par les
espèces de machins qui poussaient en douce sous les casseroles, il y a
deux semaines. Tu sais, l’espèce de machin verdâtre qui commençait à
développer une carapace autour de sa casserole.
Mercurio resta un instant sans voix.
- Je pense qu’on est tout les deux un petit peu responsables, non ? fit-il.
- Ouais, t’as raison, fit Grinder en baissant la tête. Bon,
maintenant, l’important, c’est de faire quelque chose pour ton bras.
Une lueur malsaine commença à poindre dans les yeux du Sith, en même temps qu’un petit sourire.
- J’aime pas ce regard, fit un Mercurio inquiet.
- Ne t’inquiète pas, j’ai une super technique. Le Sith alluma son sabre laser. Mercurio recula précipitamment.
- Tu fous quoi ?
- T’inquiète pas ! Méthode Sith : pour éviter le mal de se
propager, on coupe le bras ! c’est radical et sans surprises ! En plus,
comme le sabre laser cautérise, pas de problèmes d’hémorragie ou de
quoi que ce soit !
- Je crois que je vais garder mon bras comme ça, hein ?
Grinder se rapprocha encore un peu de Mercurio. Mercurio se mit à courir, tenant son bras blessé.
- Reviens ! criait Grinder en faisant tournoyer son sabre au-dessus de sa tête.
- Qu’est-ce que vous… commença un gardien de la paix qui croisait leur chemin.
Il y eût un mouvement flou de la part de Grinder, et les vêtements du policier tombèrent au sol en un petit tas, tranchés net par le sabre de Grinder. Le policier partit se chercher une feuille de vigne.
- Reviens, Mercurio ! Je t’assure que ça marche !
Mercurio courait de moins en moins vite, handicapé par sa blessure
et la fatigue de la bataille. Grinder finit par le rattraper alors
qu’il trébuchait et tombait au sol. Utilisant la Force, le Sith écarta
les deux bras de Mercurio, puis il leva son sabre et porta son coup.
Il y eût un claquement sec, et la lame écarlate de Grinder rencontra une lame de sabre laser couleur de jade. Grinder regarda avec dédain le porteur du sabre vert : une jeune femme blonde en tenue de Jedi.
- Grinder ! hurla-t-elle. Qu’est-ce que tu fous, encore ?
- Ca te regarde pas, espèce de Jedi à deux balles ! répliqua vertement Grinder.
- Quoi ? s’outragea la Jedi blonde.
Elle se mit à attaquer furieusement Grinder d’une déferlante de
coups de sa lame verte. Grinder ne se laissa pas démonter et se
défendit. Le combat était équilibré. Momentanément oublié, Mercurio
rampait tout doucement vers un autre coin de la rue. Soudain, on
entendit un grand « BUNK ! ». Grinder s’affaissa tout doucement au sol,
son sabre se désactivant en tombant par terre. La Jedi blonde rengaina
son sabre et regarda la nouvelle arrivante.
- C’est pas possible, ça ! On part six mois à Paris, et voilà que
tu essayes encore de tuer des gens ! Décidément, tu changeras jamais,
soupira J.R. en rengainant son marteau.
Au sol, Grinder gémit en se tenant la tête. Une bosse plutôt monstrueuse commençait à se former sur la tête du Sith.
- Mééééé, euh, se plaignit Grinder, elle voulait m’empêcher de soigner Mercurio.
- Le soigner ? fit la Jedi blonde, incrédule. Le soigner à coups de sabre laser ?
- Technique Sith ! rayonna Grinder. On coupe tout ce qui va pas!
Il y eût un double « Bunk ! », occasionné par un marteau et un
manche de sabre laser. La Jedi blonde rengaina et s’approcha de
Mercurio, qui s’était planqué derrière une boîte aux lettres.
- Jabineeeeeette ! geignit-il. Il voulait me couper le bras !
- T’inquiète pas, Mercurio, je suis là, fit Jabinette. Je vais m’occuper de toi.
Une lueur de méfiance subsistait néanmoins dans le regarde de Mercurio.
- Allons, tu sais bien que je suis une excellente guérisseuse Jedi, fit-elle.
Elle prit doucement le bras de Mercurio dans ses mains, et elle commença à l’examiner.
- Ouhlà, fit-elle en voyant la blessure. Qu’est-ce qui a fait ça ?
- Un string… murmura Mercurio.
- Un quoi ?
- Un string, répéta-t-il un peu plus fort.
Un spasme de rire secoua Jabinette. Elle se ressaisit et demanda à Mercurio ce qui s’était passé. Pendant que le trippeur lui contait leur mésaventure, J.R. se campait devant Grinder, attendant qu’il finisse de compter les petits oiseaux.
- Il se passe quoi ? demanda-t-elle lorsque le Sith eût cessé de regarder dans deux directions en même temps.
- Viens, on va chez Jabinette. Je vais t’expliquer.
La petite troupe se dirigea chez Jabinette, non loin de la résidence où les deux trippeurs avaient emménagé.
Là, alors que Mercurio se faisait soigner, Grinder expliqua ce qui s’était passé.
- Mais c’est horrible ! fit J.R. Comment vous faîtes pour vivre dans un merdier pareil ?
Jabinette sifflota tout doucement en appliquant un pansement sur le
bras de Mercurio, tout en évitant de jeter un regard trop prononcé à
son évier.
- Enfin, bon, depuis le temps que je vous connais, ça devrait pas
me surprendre. Maintenant, je suppose qu’on va devoir se débarrasser de
ce machin ?
- Ouais, fit Grinder.
- Ca y est ! fit Jabinette. Ton bras est soigné, Mercurio.
- Merci, fit ce dernier.
- Bon, il va falloir que l’on s’occupe de cette horreur, soupira Grinder.
Une lueur s’alluma dans les yeux de J.R. et de Mercurio.
- Comme au bon vieux temps ! fit joyeusement J.R.
- Ouaiiiiiiiis ! s’exclama Mercurio.
- Bon, Jabinette, fit Grinder, bien que tu sois une Jedi… (une
lueur de défit apparut dans les yeux de la jeune femme blonde, et sa
main se rapprocha imperceptiblement du manche de son sabre laser), j’ai
le plaisir de te compter désormais au nombre des trippeurs !
- Quoi, comme ça ? fit Jabinette.
- Oui ! Tu peux être fière ! fit Grinder, mains sur les hanches, le torse bombé.
- Et si je veux pas ?
Il y eût un instant de flottement. Grinder, les yeux fermés, s’était figé dans sa pose. Jabinette eût pitié de lui et soupira :
- Bon, d’accord, je veux bien vous aider…
- OUAIIIIIIIS ! s’écrièrent les trois autres trippeurs.
- MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA© ! ricana Grinder.
- HIHEUHIHEUHA ! (il s’agit du cri de guerre de Mercurio, un rire hystérique suraigu.)
- Euh… Powaaa ? tenta timidement J.R.
- A POIIIIIIIL ! hurla Jabinette, les bras levés au ciel. Il y eût un autre instant de flottement.
- OUAIIIIIIIIS ! hurla Grinder en se jetant sur Jabinette et J.R.
- BUNK ! fit le maillet « spicy » de J.R.
- C’est pas bientôt fini, ces conneries, oui ? fit le voisin du
dessous de Jabinette, visible par le trou du plancher par lequel
Grinder venait d’être propulsé.
Quelques minutes plus tard, une fois le trou réparé et le voisin enfermé à double tour quelque part, les trippeurs décidèrent d’un plan d’action.
- Bon, commença Jabinette, d’abord, qu’est-ce que c’est que ce truc qui est chez vous ?
- Une espèce de créature née du bordel et de la crasse, fit Mercurio. J.R. tapota son maillet, l’air furieux.
- Bah, oui, fit piteusement Grinder. On se disait toujours qu’on
allait le faire le lendemain, pis apparemment, les tas de vieilles
fringues ont fusionné avec les créatures de l’évier, et ça a fait cette
espèce de machin radioactif.
- Bon. Vous dites que cette bestiole dissout le métal et absorbe
les éclairs, et qu’en plus les sabres laser lui font rien ? demanda
J.R.
- Ouais, confirma Mercurio.
Jabinette soupira.
- Je m’étais parée à cette éventualité, fit-elle en évitant
soigneusement du regard son évier. J’ai quelques armes que je gardais
pour ce genre de cas…
Elle se leva et se dirigea vers une porte, les trippeurs la suivant des yeux. Elle ouvrit la porte.
- Oh, non… firent Grinder et Mercurio.
- Vous êtes prêts ? demanda Mercurio.
- C’est bon, fit Grinder après avoir interrogé J.R. et Jabinette du regard.
Les quatre trippeurs se tenaient au pied de la résidence dans laquelle se trouvait l’appartement de Grinder et de Mercurio. Une lueur verdâtre malsaine provenait de la fenêtre du deuxième étage. Tous tenaient fermement en main les objets que Jabinette leur avait confiés. Partout autour d’eux, des trous dans le béton dans lesquels quelques traces de mucus traînaient encore. On notait également des débris divers venant de la résidence ravagée.
- Allons-y, fit doucement Grinder.
Tout doucement, les trippeurs approchèrent de la porte menant à la cage d’escaliers. Elle était défoncée, et quelques marches manquaient, révélant un vide béant qui pouvait se révéler traître. Grinder s’engagea en premier, suivi de Jabinette. J.R. et Mercurio suivaient, côte à côte. Arrivés au premier étage, ils entendirent un rugissement dans lequel s’entendait de nombreux gargouillis. Les trippeurs se figèrent. Ils échangèrent un regard, puis ils continuèrent à monter les marches avec une lenteur délibérée. Ils arrivèrent enfin au deuxième étage. La porte de l’appartement numéro neuf était toujours encastrée dans la fenêtre. La lueur verdâtre pulsait toujours, mais avec plus d’intensité. Déglutissant ostensiblement, les trippeurs pénétrèrent à pas de loup dans l’appartement.
- Putain, elle est où, cette saleté ? chuchota Grinder. Je vois rien !
Ils entrèrent plus avant dans la logement, toujours aussi près les uns des autres.
- Je sais pas ! fit Mercurio.
- Y a une lueur verte, pourtant, fit J.R.
- Ouais, mais elle semble moins forte depuis qu’on est rentré…
Ils étaient arrivés dans la pièce principale de l’appartement.
Aucun signe de la chose, même si leurs chaussures commençaient à coller
au plancher à cause de la couche de mucus.
- Beh, ça colle, fit J.R.
- Ouais, ça me rappelle sac de N.D., tiens, fit Grinder, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres.
- Oui, mais la bestiasse est pas là, fit Jabinette, anxieuse
- GREUH !
Quelque chose venait d’éructer, et le son provenait de derrière les trippeurs. D’un seul bloc, ils se retournèrent, le teint soudain aussi vert que celui de la chose qui se tenait devant eux. La chose était là : elle s’était cachée en se collant au plafond pour laisser entrer les trippeurs et les piéger en bouchant la seule sortie.
- Merde ! fit Grinder.
- On n’a pas le choix, fit Jabinette. Mais qu’est-ce que c’est moche !
La chose qui se tenait devant eux était difficilement descriptible : un amalgame de piles de vêtements dans un sale (c’est le cas de le dire) état, de casseroles et aliments dans un état de décomposition avancé, le tout parcouru par ce qui ressemblait à de la mousse vert-grise qui rentrait de sortait de la chose de façon aléatoire. Le tout n’était pas stable et était en constant mouvement, les vêtements passant sur les casseroles, etc.
- GREUH ! fit à nouveau la créature en lançant un tentacule composé de chaussettes et de fourchettes vers J.R.
J.R. hurla et leva son arme : un balais. Elle parvint à détourner
le coup de la créature, qui alla infliger une balafre sombre au mur sur
la droite des trippeurs.
- Ca marche ! jubila Grinder en brandissant sa serpillère. Cette chose craint les produits ménagers !
- A l’assaut ! hurla Mercurio en agitant son arme, un pulvérisateur de produit pour laver la salle de bains.
Jabinette, pour sa part, s’était équipée de petites boîtes renfermant des blocs de javelle. La joie des trippeurs retomba lorsque la chose, incroyablement vive, fouetta l’air d’un tentacule au bout duquel se devinait un caleçon et arracha le balais des mains de J.R. Celle-ci, furieuse, sortit son maillet « spicy » et commença à marteler la créature, également assaillie par les pastilles de javel de Jabinette. Les coups de marteau rebondirent sur la créature, mais lorsqu’elle se fit toucher par les blocs de Javel, elle siffla, alors que sa peau commençait à bouillonner aux endroits où elle avait été touchée. La créature fouetta l’air de nombreux tentacules, par douleur ou par colère. J.R., énervée de voir que ses coups de marteau ne fonctionnaient pas, s’acharna de plus belle : un de ses coups défonça le sol, et tous tombèrent à l’étage inférieur. Grinder se releva en hurlant :
- A l’assaut ! On va pas laisser tout le beau rôle aux blondes !
- Tatayoyo ! hurla Mercurio.
Ils foncèrent sur la chose. Mercurio l’aspergeait avec le produit nettoyant, puis Grinder fouaillait la plaie ainsi crée avec sa serpillère, faisant ainsi hurler et siffler la créature. Soudain, la créature ramassa tous ses tentacules, et les lança tous ensemble dans la direction des trippeurs. Jabinette et Grinder, invoquant la Force, créèrent un mur contre lequel les tentacules rebondirent, mais le contrecoup du choc les envoya voler, ainsi que Mercurio et J.R., par la fenêtre. Ils atterrirent tant bien que mal dans la cour, la chose les suivant en dégoulinant le long du mur.
- Merde, fit Mercurio, je crois qu’elle se régénère.
- Fais chier ! jura Grinder en raffermissant sa prise sur sa serpillère.
La chose grogna à nouveau, et commença à faire tournoyer ses tentacules en l’air…
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Les trippeurs allaient-ils réussir à venir à bout de la chose de saleté de l’appartement numéro neuf ?
Vous le saurez en lisant la suite des…
TRIPS DU GRIGRI !
Les Trips du Grigri – Episode 12,5 et demie : Resurrection !
Trois semaines ont passé… Les trippeurs, désincarnés (morts, quoi :p ^^) suite à la folie meurtrière de J.R., ont récupéré des morceaux de leurs corps, afin de ressusciter, grâce au clonage et à l’antique science de Kardass. Grâce à une extrêmement habile ellipse temporelle de l’auteur, qui nous évite trois semaines narrées d’ennui en attendant la pousse des clones, ainsi que des doléances diverses des trippeurs concernant une éventuelle amélioration de la musculature de leur futur clone. Retrouvons donc, à la veille de leur réincarnation, nos trippeurs, fin prêts…
~
- NON ! hurla Kardass dans la salle principale de recherches scientifiques de l’
Asmodée
.
- Allez, quoi, fit pleymo, au désespoir. Les clones sont bientôt
prêts, je te demande juste de rajouter quoi, quinze, vingt centimètres,
personne n’y verra rien…
- NAN ! C’est trop tard ! En plus, je vous l’ai déjà expliqué,
bidouiller comme ça les corps clonés, c’est un coup à donner des
résultats vraiment TRES étranges.
- Mais…
- L’ELFE ! cria Kardass.
L’Elfe, malicieuse, apparut. Elle tenait dans ses mains un éventail
dont les proportions n’avaient rien à envier à celles des maillets de
J.R.
- Un problème, Kardounet ? demanda nonchalamment l’Elfe en
s’approchant doucement de pleymo. Le spectre commença à reculer, mal à
l’aise.
- Pleymo, encore, soupira Kardass en désignant le spectre du pouce. Tu peux t’en occuper ?
- Avec, plaisir, Kardounet, fit l’Elfe, un grand sourire un poil
sadique collé aux lèvres. Pleymo commença à se sentir mal à l’aise.
Allez, allez, on arrête d’embêter le monsieur, et on reste bien sage
dans son coin ! chantonna l’Elfe en agitant allègrement son éventail
devant pleymo.
Ce dernier hurla, alors que l’Elfe l’emportait en gambadant vers une autre partie du vaisseau.
~
Dix minutes plus tard, Grinder vint lui aussi dans la salle des
recherches, après avoir croisé l’Elfe « transportant » pleymo, ainsi
que Imy et Tom quelques minutes après pleymo. Le spectre furieux de
Jojo fut le dernier que le fantôme croisa avant d’atteindre la salle.
Kardass fumait.
- Grmbl, maugréait le Hamster Sith, pas ma faut si elle m’appelle « Kardounet », nan ?
- Un problème ? demanda Grinder.
- Nan, rien que de l’habituel, fit le Sith fumant. Jojo a fait une
petite crise de jalousie, et m’a « éclairé », haha, sur son point de
vue concernant les appellations intimes…
- Je vois, fit Grinder en souriant. Bon, revenons à des sujets plus sérieux : où en est le processus de clonage ?
- Ben, rien de changé, répondit Kardass. Ils devraient être à
maturation demain. Techniquement, ils sont prêts, mais je les surveille
encore un peu, afin de voir les réactions aux différents tests, quoi.
Jusque là, aucun problème.
- D’accord. Tiens moi au courant si il y a du changement.
- Ca marche.
Le spectre de Grinder flotta par où il était venu. Kardass retourna à ses écrans en soupirant.
~
Le jour fatidique arriva enfin. Tout le monde se rendit dans la
vaste salle de recherche, en ronchonnant, pour la plupart. Kardass se
mit à expliquer le processus de réincarnation.
- C’est pas super compliqué, commença-t-il. Enfin, je pense. Les
corps sont des clones des vôtres. J’ai un peu bidouillé leur ADN, ce
qui leur a permis de grandir aussi vite, mais j’ai ensuite stoppé le
processus… Enfin, bref, approchez-vous en, et rentrez dedans… Ca
devrait marcher. Chuis jamais mort, donc…
Silence gêné. Chacun s’approcha doucement de la cuve où flottait le corps nu de son clone en blublutant. P.O. posa une question.
- Et si jamais ça foire ?
- C’est-à-dire ?
- Bé, si la fusion marche pas, si on se retrouve en légume, si on se noie dans la cuve, chaispas, moi !
- Et bien, si ça ne marche pas, tu pourras toujours réessayer avec
un autre clone, j’en ai prévu toute une batterie au cas où des
accidents code « J.R. » se reproduisaient (J.R. baissa honteusement les
yeux.) Bref, essayez, je sais pas, moi, ça peut marcher ou non ! Le
tout, c’est d’essayer !
- OK…
Les spectres s’approchèrent encore plus près. Ils prirent une
grande inspiration spectrale, et plongèrent vers les clones flottant
dans les cylindres Spaarti.
~
Quelques minutes passèrent. Kardass avait regardé anxieusement les
formes luminescentes se fondre dans les corps des clones. Rien ne
s’était passé depuis lors. Le Sith Hamster s’approcha de ses écrans de
contrôle, lorsqu’un bip retentit, correspondant à un mouvement de l’un
des clones. Kardass s’approcha. Le clone qui avait bougé était celui de
Chacha. Elle avait tapé du pied et tentait de s’extirper du cylindre.
Kardass fit signe à son équipe d’assistants de dégager les autres, qui
commençaient à donner également des signes de vie, et, animé à moitié
par une envie lubrique, il monta l’échelle de service pour accéder au
sommet du cylindre et aider Chacha à sortir. Le Sith déverrouilla la
fermeture du cylindre, fit coulisser le panneau, et tendit une main à
Chacha, l’aidant à poser le pied sur la plate-forme de sortie. Kardass
chercha des yeux une serviette, sans succès. Réprimant un sourire, il
regarda bien en face Chacha, à qui il trouvait que la cuve avait donné
un joli teint rose. Kardass bavait légèrement en admirant la jeune
femme, avant de se rendre compte que l’extrême rougeur de sa peau et le
fait que le liquide nutritif commence à s’évaporer n’était absolument
pas normal.
- Est-ce que ça… commença Kardass.
Il fut interrompu par un magistrale droite décochée par Chacha,
fulminante. Kardass chût du cylindre et atterrit lourdement au sol. Il
se releva, un demi-sourire aux lèvres, en se frottant la joue.
- Rhô, pas la peine de me frapper, je ne pensais à rien de
pervers, fit Kardass. Chacha descendit du cylindre en chancelant
légèrement. Elle s’approcha du Sith et lui décocha une deuxième droite.
Kardass tomba à nouveau au sol, ne comprenant pas la violence de la
jeune femme.
- Hey, c’est bon, j’arrête, maintenant, et va mettre une serviette !
- Je m’en fous, que tu me mates ! hurla Chacha. C’est quoi, ce
bordel ? poursuivit-elle rageusement. Kardass la regardait sans
comprendre, étalé sur le sol. Chacha s’approcha, et posa son pied sur
la poitrine de Kardass, lui offrant au passage une vue que la décence
refuse de décrire.
- Que… ? baofuilla Kardass.
- Pourquoi je suis pas dans mon corps ? hurla la jeune femme.
~
Quelques minutes plus tard, tout le monde fut séché, habillé et réuni dans une salle de briefing de l’
Asmodée
. Kardass était plaqué dans un siège, une assemblée de trippeurs en colère autour de lui.
- Explications ! fit P.O.
- Je sais pas comment ça a pu arriver ! gémit Kardass.
A ce qu’il semblait, le processus de fusion avait réussi, mais dans
une certaine mesure : les trippeurs ne s’étaient pas réincarnés dans
leurs corps respectifs… Grinder s’était ainsi retrouvé dans le corps de
P.O., P.O. dans celui d’Imy, Imy dans celui de Jojo, Jojo dans celui de
Chacha, Chacha dans celui de Pleymo, Pleymo dans celui de Gulfling,
Gulfling dans celui de Léthys, Léthys dans celui de Mercurio, Mercurio
dans celui d’Horazon, Horazon dans celui de Tom, Tom dans celui de
Grinder.
- T’as intérêt à vite trouver une solution, grogna Chacha-Jojo.
L’Empereur des Sith se retrouvait dans un état d’humiliation grave,
même s’il appréciait quelque peu les jolies courbes de son corps
d’emprunt.
- T’as vraiment aucune idée de comment ça a pu arriver ? fit doucement Pleymo-Chacha.
- Euh…
Dans le fond de la salle, l’Elfe et J.R. étaient prises d’un rire silencieux. P.O.-Grinder explosa :
- Et arrêtez de rire, créfieu, dans le fond, c’est pas drôle !
- Moi, hoqueta J.R. entre deux rires, j’ai bien une solution, mais elle va pas vous plaire.
- C’est-à-dire ? demanda Grinder-Tom. (Lequel Tom appréciait la
musculature de son nouveau corps.) Je l’aime bien, moi, ce corps, ça me
dérangerait pas de… (regard noir de Grinder)… le rendre à son
propriétaire légitime, finit-il précipitamment avec un grand sourire
innocent.
- Et bien, fit J.R. une fois son sérieux retrouvé, comme lorsqu’on était dans le Donjon : quelques coups de maillet, et…
- NAN ! firent à l’unisson les trippeurs.
- Rhô, moi, c’que j’en dit…
Regard noir de la communauté trippeuse.
- Peut-être qu’avec un désolidariseur de matière… tenta Kardass en
exhumant un objet long, fin, tordu et absolument menaçant d’on ne sait
trop où. Un seul regard de la population mal incarnée suffit à rejeter
l’idée en bloc.
Le Sith fut à nouveau cloué à son siège. Grinder-Tom, du haut de
ses nouveaux muscles grinderiens, enfonça un index menaçant dans le
sternum du Hamster.
- Trouve une solution, vite, pas que ce corps le déplaise, mais bon, je m’y étais fait, au mien.
- Mais…
Et chacun y alla de son crédo, dans le fou rire renouvelé de l’Elfe et de J.R.
- Un bon coup de maillet, j’te dis ! suggéra à nouveau J.R.
Deuxième vague de regards noirs.
- Personne n’a de proposition plus intelligente ? demanda à nouveau P.O.-Grinder.
- Bé… commença Chacha-Jojo.
- Vi ? Fit P.O.-Grinder.
- Je pourrais balancer une grosse décharge psychique… Ca éjecterait nos esprits de ces corps, mais le succès est pas assuré.
- C’est-à-dire ? demanda Tom-Grinder.
- Disons que ça a une chance de bousiller nos esprits avec…
Silence consterné. Les trippeurs s’entre-regardèrent, puis regardèrent leurs corps d’emprunt.
- ON TENTE ! beuglèrent-ils à l’unisson (un peu moins fort,
toutefois, pour ceux dont le corps d’emprunt, bé, ils le trouvaient
plutôt bien, en fait, mais bon…)
- C’est vrai, quoi, renchérit Pleymo-Chacha, ça fait tout bizarre
cet espèce de… Imy-P.O. rougit, tandis que Chacha-Jojo explosait :
- Bon, ça va ! Tu crois que ça me fait pas bizarre, à moi ?
C’était assez impressionnant de voir le corps menu de Chacha
exploser de colère et menacer d’un ongle finement manucuré le corps
(tout aussi menu ^^) de Pleymo.
- Le prochain qui fait encore un commentaire, je le crame, renchérit Chacha-Jojo sous les rires.
~
Les trippeurs avaient encore discuté de l’option proposée par Jojo un moment. Il fut convenu que l’opération se passerait dans une salle isolée de l’
Asmodée
,
elle-même encore isolée par la présence d’Ysalamiri, histoire que
l’onde de choc psychique de l’Empereur ne dévaste pas par la même tout
le vaisseau. Les trippeurs attendirent encore trois semaines, le temps
que Kardass remette en culture de nouveaux corps. Pendant ces trois
semaines, la cohabitation fut plutôt difficile, entre les trippeurs qui
engueulaient ceux qui possédaient leur propre corps et qui faisaient
n’importe quoi avec (par exemple, Tom-Grinder s’amusant à défier au
bras de fer tout ce qui passait, ou encore Chacha-Jojo qui s’oubliait
et se baladait avec des soutiens-gorges, au grand dam de l’Empereur,
qui répugnait d’ailleurs à en porter, au grand dam de Pleymo-Chacha,
qui craignait une ptose* précoce de son corps.)
*Ceux qui ne connaissent pas la définition du mot « ptose »
devraient éviter de demander sa signification à une quelconque personne
de leur entourage, sous peine de railleries pendant au moins un bon
bout de temps. Vous voilà prévenus : Internet est votre ami
~
Les trois semaines passèrent enfin. A bout de nerfs, les trippeurs
se rendirent dans la salle spécialement préparée pour leur « expulsion
». Les cuves de clonages avaient été amenées, afin que les esprits
puissent les rejoindre sans avoir à résoudre le problématique problème
de passer des bestioles qui repoussent la Force alors qu’on est
soi-même une projection de Force.
Chacha-Jojo se plaça au centre de la pièce. Tous les trippeurs
formèrent un cercle autour de lui et s’assirent à même le sol. Derrière
chaque trippeur était placé une cuve de clonage contenant son corps
original. La salle, circulaire, était complètement encerclée
d’Ysalamiri, ainsi qu’au niveau des ponts supérieurs et inférieurs du
vaisseau. Kardass projeta ses sens via la Force pour vérifier s’il n’y
avait aucune faille dans le dispositif. Constatant que la protection
était optimale, il se tourna vers les trippeurs :
- Bon, on y est. La protection a l’air d’être en place. Commencez
dès que je serai sorti de la pièce, j’ai pas envie d’être désincarné,
moi. Vos clones sont derrière vous. Je vous conseillerai d’y aller un
par un, histoire que ça fasse pas le même merdier qu’on a eu la
dernière fois. Voilà. Bon courage, les aminches.
Kardass sortit, refermant soigneusement la porte derrière lui.
Chacha-Jojo fit un tour complet sur lui-même, tituba, rétablit son
équilibre, et s’adressa aux trippeurs.
- Bon, on est partis. Je vais balancer la décharge en essayent de
contrôler au maximum. Vu que je suis pas dans mon corps, je risque
d’avoir du mal à y arriver. Une fois désincarnés, si ça foire pas,
allez-y un par un pour reprendre possession de votre corps, et pensez-y
de toutes vos forces, chassez de votre esprit toute autre
considération. Compris ?
Parterre d’assentiments à demi-murmurés.
- OK ! C’est parti, fit Chacha-Jojo. Préparez vous !
Le Sith se mit en lévitation au centre de la pièce, paupières
closes. Tout le monde, sur le sol, fit de même, se concentrant.
L’énergie commença à affluer doucement vers Chacha-Jojo, puis de plus
en plus vite. Tout d’abord indiscernable, le flux d’énergie devint
suffisant pour faire trembler les cuves et faire vaciller l’éclairage.
Le corps de Chacha-Jojo se mit à rougeoyer, puis s’enveloppa d’une aura
rougeâtre. Enfin, soudainement, Jojo relâcha l’énergie qu’il avait
accumulée, la propulsant vers les trippeurs en méditation. La vague
d’énergie les enveloppa. Les corps semblèrent résister un instant, puis
furent soufflés par la déferlante d’énergie et partirent en arrière.
L’esprit des trippeurs fut proprement éjecté, restant dans la même
position que le corps naguère occupé. Chaque esprit revint lentement à
la conscience. Jojo avait dérivé vers un bord de la salle, un peu plus
pâle que la norme acceptable pour les esprits. A sa place, une grande
silhouette de deux bons mètres et des poussières développait toute sa
grandeur, tenant dans une main osseuse une faux au tranchant
impressionnant.
- ENCORE VOUS ? fit-elle d’une voix d’outre-tombe.
- Non, mais on ne fait que passer, dit précipitamment Grinder avec un beau sourire un rien forcé.
- … fit la Mort.
Silence gêné. La Mort raffermit sa prise sur le manche de sa faux.
- BON, IL ME SEMBLE QUE CETTE FOIS EST LA BONNE, fit-il. Tous les esprits « reculèrent » précipitamment.
- Ah, euh, en fait, laissez-nous vous expliquer, fit P.O., affichant le même sourire que Grinder.
- NON. CETTE FOIS, C’EST LA BONNE. VOUS ÊTES MORTS, ET JE NE VOUS LAISSERAI PAS VOUS EN ALLER UNE FOIS DE PLUS !
- Mais, euh ! Vous savez, on a eu un petit problème d’intendance
quand on s’est réincarnés, tout ça… Du coup, hop ! on se désincarne à
nouveau, et on recommence pour être sûrs que ça marche !
Vague de sourires assurés et de hochements de tête désespérés de la part des trippeurs.
- BON, ECOUTEZ, fit la Mort, un rien de mélancolie dans sa très
pesante voix. VOUS NE POUVEZ PAS TROMPER LA MORT INFINIMENT COMME CA.
SUIVEZ MOI, OU J’EMPLOIERAI LA FORCE.
Ses yeux lancèrent un éclair bleu flamboyant. Les trippeurs
maintinrent un instant le gros sourire, qui commençait à se dégrader au
niveau des commissures.
- Vers vos corps ! hurla Grinder.
Ce fut la ruée générale. Personne ne posa la question, mais tout le
monde se demanda si ça allait marcher, cette fois, si tout le monde se
ruait sur son corps. La Mort leva sa faux, tranchant au passage des
molécules d’air de son fil finement aiguisé. Armant son arme, il fonça
sur Horazon, qui, en professionnel de la fuite, ne se retourna pas. Il
essaya d’accélérer sa vitesse en se concentrant le plus possible. La
Mort gagnait du terrain. Horazon fonça sur sa cuve de clonage,
atteignant son corps au même instant que les autres trippeurs…
~
La Mort se tenait seule, silencieuse, dans la salle. Les
différentes vagues d’énergie qui avaient balayé la pièce étaient
retombées, instaurant un calme surnaturel. Elle regarda attentivement
la salle. Quelque chose commença à s’animer. Si elle était capable
d’humour, la Mort aurait ricané.
-
ILS N’ONT PAS FINI D’EN BAVER…
pensa-t-il.
Il y eût un claquement et la Mort disparut.
~
Grinder ouvrit les yeux. Il vit quelques bulles lui passer devant
les yeux avant de crever à la surface de la cuve de clonage. Le
liquide, bleuâtre, l’empêchait de voir ce qui se passait dans la pièce.
Le Sith se secoua, et remonta à la surface de la cuve d’une poussée. Le
couvercle s’ouvrit, et deux techniciens l’aidèrent à sortir. Flageolant
sur ses jambes toutes neuves, le Sith se tâta des pieds à la tête. Sa
vision était encore un peu floue, mais tout semblait en ordre et être
bien à lui. Grinder tourna la tête quand la porte de la salle s’ouvrit.
Kardass entra et se dirigea vers Grigri.
Une serviette nouée autour de la taille, Grinder descendit au pied
de la cuve, en s’appuyant sur un technicien. Tout autour de lui, les
autres cuves s’ouvraient, relâchant des corps dont les esprits
semblaient être les bons.
- Ca va ? demanda Kardass.
- Weurps, fit Grinder, dont la bouche avait encore le goût du fluide nutritif.
- Mais encore ?
- Weurps, répéta le Sith.
Kardass s’éloigna prudemment. Une décharge était si vite arrivée…
- C’est moi, confirma Grinder en régurgitant une dernière flaque de fluide.
- Ouf, soupira Kardass. Ca va ?
- Ouais, ça va, confirma le Sith en titubant un peu sur ses jambes.
Tout avait l’air de fonctionner. Jetant un œil autour de lui, Grinder
remarqua également les titubages des autres trippeurs. Tout semblait en
ordre, pas de titubage frénétique vers Kardass avec de folles envies
meurtrières dans les yeux, non plus que de cris horrifiés signalant une
absence significative à quelques endroits clés de l’anatomie.
- Allez, réunion, lança Jojo en se rapprochant de Grinder et de Kardass.
Tout le monde quitta la salle pour aller se laver et se changer. Personne, en partant, ne remarqua le petit détail qui…
~
Finalement, tout le monde fut changé, et se retrouva dans la salle
de débauch… Euh, dans la salle de réunion habituelle et confortable où
tout le monde réunionnait confortablement avec tous les autres mondes.
Bref.
- Bon, bé, ça fait plaisir de retrouver son corps, constata Chacha, un peu traumatisée par la case « Mâle ».
- Ouais, en effet, soupira Jojo, non moins traumatisé par la case « Femelle ». L’Elfe était à nouveau accrochée à son bras.
- Bon, fit Grinder, est-ce que…
Il fut coupé par la secousse d’une explosion. La porte s’ouvrit sur le capitaine Chaax, paniqué, talonné par trois enseignes.
- Que se passe-t-il, Capitaine ? demanda Grinder.
- Une explosion dans le secteur 4-9-12, monsieur, fit Chaax.
- Origine ?
- Inconnue. Il semble qu’une décharge d’énergie ait pulvérisé une partie de la coque interne dans cette zone.
- Et, mais le secteur 4-9-12 est proche des hangars ! remarqua Tom.
- Une mutinerie ? demanda Imy.
- Peu probable, répondit Grinder. On a les rapports des holocaméras ?
- Pas encore, elles arrivent, monsieur, dit un enseigne après avoir porté la main à son oreillette.
- Qu’est-ce qui se passe, nom de moi ? fit Grinder.
~
A quelques kilomètres de là, flottant dans le vide de l’espace, la
Mort, chevauchant son impressionnant destrier, contemplait la fleur de
feu qui commençait à éclore sur un flanc de l’
Asmodée
. Des pensées trottèrent derrière les orbites vides de ses yeux, puis elle talonna son destrier de ses talons osseux. Le cheval fit volte-face avant de foncer vers le néant, disparaissant rapidement en laissant une traînée de feu vite étouffée par le vide spatial.
~
La deuxième explosion, plus forte, fit vibrer plus distinctement le
grand vaisseau. Grinder se rua vers la passerelle, suivi par les autres
trippeurs.
- Que se passe-t-il, bon sang ?
- Je ne sais pas, monsieur, fit l’officier à qui Grinder
s’adressait. Il semble que des gens se soient infiltrés dans le hangar
de proue, aient volé des Tie Defender, et aient fait exploser la paroi
du hangar avant de s’enfuir. Il y a eu des brèches d’atmosphère, mais
les portes anti-explosions ont été abaissées, et on ne compte qu’une
centaine de morts.
- Qui a fait ça ? demanda sombrement le maître de l’
Asmodée
.
- Les rapports des caméras viennent d’arriver, monsieur, fit le responsable de la sécurité.
Grinder demanda à ce que la vidéo passe sur l’écran principal de la
baie de navigation. Le silence se fit sur la passerelle. Soudain,
Grinder se souvint d’un détail fondamental : lorsqu’ils étaient sortis
des cuves de clonage, les corps qu’ils avaient abandonnés n’étaient
plus au sol…
Grinder contemplait sur l’écran son image, horriblement déformée
par un rictus inhumain, suivie par celle des autres trippeurs,
affichant la même tête…
Trips du Grigri – Episode 12 : Death Attitude !
Kardass jubilait. Il sautillait un peu partout en chantonnant des
airs populaires joyeux, formant ainsi un net contraste avec la
dépression qu’affichait J.R.
Les spectres, eux, étaient soucieux.
- Je me demande quand même comment on va ressusciter, fit Grinder.
- Boarf, on va bien en voir le bout, fit Imy. Quand on avait fusionné, on en était bien sorti, nan ?
- Ouais, mais grâce à Kardass, et sous la menace, rappela Grinder.
- Mouais.
- C’EST PAS BIENTÔT FINI, OUI ? explosèrent en même temps Jojo et Tom.
Les deux spectres avaient viré au rouge, projetant de meugnonnes
petites fumerolles rougeâtres ectoplasmiques. Kardass sautilla encore
un peu avant de se tourner, tout sourire, vers Jojo et Tom. Une
puissante décharge électrique l’accueillit, l'envoyant contre le mur.
- C'est pas parce que je suis un spectre que j'ai plus aucun pouvoir, fit Jojo, rageur.
- Ouais, renchérit Tom. Comme les vieux Sith !
- Wailleuh, bougonna Kardass.
- Bien fait ! répondirent Tom et Jojo.
- Ça nous avance pas, fit Grinder.
- Quelqu'un a une idée ? demanda PO.
Tout le monde se mit à cogiter activement. Kardass riait sous cape
(enfin… Ce qui s’approchait le plus d’une cape dans un costume de
Hamster, quoi), et les ectoplasmes projetaient d’intenses fumerolles
ectoplasmiques, témoins de leur concentration.
- Ah ! fit Imy.
- Oui ? fit Grinder.
- Nan, nan nan…
- Bon.
- Ah !! fit Tom.
- Oui ? fit Grinder.
- Nan, nan nan…
- Bon.
- Ah !!! fit Gulfling.
- Oui ? fit un Grinder de plus en plus foncé.
- Euh… Nan, nan nan…
- Bon…
- Ah !!!! fit Horazon.
- QUOI, NOM DE DJIOU ? hurla un Grinder noir tellement il avait foncé.
- Euh, nan, rien, fit timidement Horazon.
- Le premier qui refait « Ah », je le fume, fulmina Grinder.
Avant de toussoter bêtement.
- Enfin, façon de parler, quoi.
- On va pas avancer comme ça, fit Jojo. Qu’est-ce qu’on peut faire ?
- On pourrait commencer par sortir d’ici, nan ? fit un Kardass qui cachait mal sa joie.
- Ah !!!!! fit pleymo.
Le bruit que fit Grinder fut passablement comique. On aurait dit
une bouilloire laissée trop longtemps sur le feu avec un liquide rigolo
dedans, et qui approche du seuil de l’explosion. En gros, quelque chose
comme « Pfuiiiiirt ! »
- J’espère que c’est valable, cette fois, fit Jojo tandis que
l’Elfe éloignant prudemment le spectre de Grinder avec un éventail.
- Bé, je me souvenais de cette histoire d’Empereur ressuscité, fit
pleymo timidement en regardant Grinder s’enfoncer inexorablement dans
le mur sous l’emprise de l’éventail de l’Elfe, qui semblait y prendre
goût.
- Je suis pas ressuscité, fit froidement Jojo.
- Mais nan, pas toi, Palpatine !
- Quoi, l’affaire des clones ? fit Tom.
- Exactement !
- C’est pas con, comme idée ! fit PO.
- Il a fait comment, déjà ? demanda Imy.
- Bé, il a incarné son esprit dans des clones préalablement
fabriqués, fit Grinder, qui revenait peu à peu, en jetant de temps en
temps un regard furieux à l’elfe.
- On a quand même un petit problème, nan ? fit Léthys. Où on les trouve, les clones ?
- Béééééé… fit Grinder, un brin hésitant.
- Fastoche, fit Jojo. On prend un morceau de chacun, on bidouille un peu, dans un cylindre Spaarti, et hop ! Clonés !
- On est mort, fit cyniquement Mercurio. On a pas de corps. Rien à prendre pour bidouiller un peu, tu vois ?
- Je te rappelle quand même qu’on a laissé tout plein de notre
personne sur les murs de la salle, lança Jojo aigrement. On a qu’à
aller en récupérer des morceaux – enfin, « on », Kardass, l’Elfe et
l’autre psychopathe, on retourne sur l’
Asmodée
de Grinder, et hop ! On clone.
Kardass eût un grand sourire.
- Nan, fit-il.
« CRASH » fit le mur dans lequel il termina sa course après s’être
fait électrocuter par l’intégralité de la population Sith des spectres.
- D’accord – aille – fit-il en se relevant douloureusement. Les
spectres des filles (massacrées elles aussi dans la fureur de J.R.) lui
tournèrent résolument le dos.
- Bon, bé, on y retourne, alors, fit Grinder.
~
Ils retournèrent d’un pas vif (d’un flottement vif en tout cas,
pour la plupart) sur la scène du carnage. J.R. se tint à distance des
corps, tout en menaçant activement de son maillet Kardass pour qu’il
ramasse les bons morceaux de corps, qu’il plaçait dans des boîtes
sorties d’on ne sait où. L’Elfe vomit peu pour se donner une
contenance… Non, plutôt pour s’en défaire, à vrai dire.
La scène était quand même assez impressionnante, se dit Grinder.
Il ne pensait pas qu’on pouvait enfoncer à ce point des doigts dans un
mur avant qu’ils cessent de ressembler à des doigts. Il ajouta
soigneusement à son petit bloc-notes mental : « ne plus jamais, au
grand jamais, contrarier J.R. » Puis il ajouta discrètement : « au cas
où, prévoir de meilleures chevilles, ou carrément un tir de turbolaser
direct… »
Une petite demi-heure plus tard, Kardass enlevait une paire de
gants tachés de sang, s’épongea le front du revers de la main, et
regarda le tableau. Le patchwork de morceaux de cadavres vaguement
dégoulinant et évoquant une odeur de charnier dégoulinait un peu moins.
Des doigts avaient été retirés des murs, et trois caisses d’aspect
sobre trônaient à côté du Hamster Sith.
- C’est fait, fit-il en s’épongeant une nouvelle fois le sang.
- Tant mieux. T’as bien pris tout ce qu’il fallait ? demanda un
Grinder menaçant en faisant crépiter dans ses mains une boule de feu
bleuté.
- Ouiouioui, fit précipitamment Kardass, conscient de la menace
évanescente des Sith désincarnés, et de celle, beaucoup, beaucoup plus
tangible, du maillet de J.R.
- On y va, alors, fit Jojo. On va transporter les caisses avec la
Force Laquelle est la plus lourde, Kardass ? ajouta-t-il innocemment.
- Celle-ci, indiqua-t-il.
- Ah, tant mieux, tu pourras t’en charger, alors, je ne me sens pas de taille pour la faire léviter.
- … n’osa pas répondre l’autoproclamé nouvel Empereur.
- En route, alors, fit Grinder en se concentrant pour faire léviter la caisse où son corps était… euh…
empaqueté
.
~
- Euh, on va où, au fait ? fit une toute petite voix. J.R. sortait de son mutisme.
Les spectres lui envoyèrent un regard mauvais.
- Sur l’
Asmodée
, évidemment, fit Jojo avec un mépris évident dans la voix.
- Bé oui, J.R., fit plus doucement Grinder (il connaissait J.R.
depuis plus longtemps, et avait plus de facilité à lui pardonner.
D’accord, cet excès là était dur à passer. Mais quand même…)
- Oui, mais, on sort par où ? fit la petite voix.
Silence.
- Elle a pas tort, fit Horazon. La cage d’ascenseur du résidu de
Gate$ est détruit, et on sait même pas où mène le tunnel de l’espèce de
Hamster, là…
- Tiens, c’est vrai, ça, fit Imy. Il va jusqu’où, le tunnel, Kardounet ?
- Kardounet ? répondit froidement ce dernier. Je sais pas, je sais
pas, répondit-il précipitamment en essayant d’éteindre son oreille
droite de Hamster. Les spectres devenaient un poil chatouilleux sur les
éclairs en ce moment.
- Comment ça, je sais pas ? demanda pleymo.
- Bé, y a de la roche, moi, je creuse, point barre, ronchonna Kardass en sortant d’on ne sait où une oreille neuve.
- Hmmm… fit Grinder. L’idéal serait de ressortir par le coin Gate$, nan ?
- Mais on a regardé, fit Chacha avec un regard mauvais en direction de pleymo, y a PAS de deuxième sortie !
- Je propose de mieux regarder, fit Grinder. En plus, on a pas si bien fouillé la salle…
- Pis, j’y pense, remarqua PO, maintenant qu’on est des spectres, on peut passer au travers des murs !
- Ca pose quand même de sacrés problèmes d’orientation, fit Grinder. Tu traverses, mais tu vois rien quand même, alors…
- Mouais, mais si on a une idée générale de la direction… fit PO.
- Ca vaut le coup d’essayer ! fit Imy.
- Bon, alors, allons-y ! lança Mercurio.
Les trippeurs flottèrent (pour la plupart) alors en direction de la
salle de Bi££ou, s’éclairant de la faible lueur qui se dégageait des
spectres.
~
- Bon, bé, ça a pas changé, fit Gulfling. Toujours pareil.
- Ouais, renchérit Horazon. Le rôti est juste un peu plus cuit,
ajouta-t-il en ayant un geste en direction du cadavre de Bi££ Gate$.
- Oh non, c’est dégueulasse, fit l’Elfe.
Même J.R. se risqua à un petit regard méchant, avant de se remettre à déprimer sévèrement.
Les spectres posèrent les caisses au sol, ainsi que Kardass, mais
avec passablement plus d’efforts : Jojo avait refusé que ce dernier
s’aide de la Force pour la porter. La langue pendant, le Hamster Sith
s’appuya le dos à la caisse pendant que les spectres examinaient plus
attentivement les alentours.
- Bon, alors, on a des décombres, commença Horazon, du truc machin
informatique fondu, du rôti bien à point, huk huk huk, une fausse
porte, un ascenseur tout pérave…
- Ouais, ça va, fit Tom.
- Dites, fit Grinder, il faudrait que quelqu’un aille voir en haut ce qui se passe.
- Pourquoi ? demanda Léthys.
- Bééééééé… Chaispas, pour voir si le lycée est encore là, si, il y a un espoir de ressortir par l’ascenseur, je sais pas…
- Je veux bien y aller, fit le spectre de Gulfling. Se carapater dans des tunnels, même pleins, c’est un truc de nains, ça !
- Hey, j’ai une idée, fit soudainement, et à l’étonnement général, Tom.
Silence, à part le bruit de la respiration de Kardass.
- Oui ? demanda poliment Imy.
- Bé, j’me disais… Nous, vu qu’on est morts, on aura pas de problèmes pour remonter, nan ?
- Certes, fit Gulfling.
- Et ben, c’est tout con, alors, on n’a qu’à buter les autres, et à tous ressortir. Point barre.
Silence. Kardass s’était sensiblement mis en position de défense.
- Marchera pas, Tom, fit Grinder d’une voix lasse. Les corps. Cloner. Réincarnation. Ca fait pas tilt ?
- Nan, mais pas tout le monde, poursuivit Tom en arborant un grand sourire. Juste Kardass !
Ce dernier déglutit de façon très audible en se rapprochant encore
d’une éventuelle voie de sortie par le tunnel. Jojo flotta
nonchalamment dans cette direction.
- Mais nan, bordel, râla Grinder. Si il crève, on prend qui, nous, pour tout remonter et appeler l’
Asmodée
? Une blonde décérébrée ou une blonde en état de choc ?
- Béé… Allez, euh ! fit Tom. En plus, il dit que c’est lui l’Empereur, d’abord. Moi je dis, on le tue.
- Nan !
- Allez !
- L’Elfe ? demanda doucereusement Grinder. Tom n’aima tout de suite pas ce ton. Tu pourrais ressortir ton éventail ?
- Hé, c’est de la… Bonbonbondaccord, fit-il précipitamment, emporté par un courant d’air.
- Ca ira, l’Elfe, merci, fit Grinder.
- Pas de problème ! fit-elle avec un grand sourire, qui ne provoqua
pas de lueur d’intérêt chez Jojo, vu qu’il était dépourvu des glandes
nécessaires à ce processus.
- Bon, en attendant, j’y vais, moi, fit Gulfling.
- OK, on t’attend, fit Mercurio (et non, sans la lueur égrillarde dans le regard.)
~
Quelques minutes passèrent. Gulfling revint.
- Bon, alors ? demandèrent les spectres en cœur.
- Boarf, rien de spécial, à part des gens qui se sont barrés en
courant quand ils m’ont vu. C’est tout. M’ont bien l’air dézombifiés,
en tout cas.
- Tant mieux, soupira Imy.
- Ouais, renchérit PO, les morsures, ça va bien cinq minutes !
- Et c’est un type qui se prend pour un vampire qui dit ça ? fit remarquer Tom.
- Oh, ça va, hein ?
Les spectres continuèrent de se chamailler pendant encore quelque temps.
- On a tout vérifié ? demanda Chacha en profitant d’un instant de calme dans la chamaillerie.
- Bééééé… Je crois, oui, fit Grinder.
- C’est quoi, ça ? demanda l’Elfe en pointant le deuxième accès factice.
- Boarf, rien qu’une issue de secours factice, soupira Grinder.
- Fiu fiu fiu, sifflota pleymo. L’ensemble des trippeurs lui jeta un regard noir, même J.R., l’espace d’un court instant.
- Ca veut dire quoi, « factice » ? demanda l’Elfe.
- Bé, que c’est du chiqué, expliqua Jojo.
- Quoi, c’est une issue de secours crachée ? fit l’Elfe. Je comprends pas vraiment…
- Mais nan, fit Imy. Chiqué comme truqué. Enfin, du pas vrai. Faux. Une fausse issue, quoi.
- Euh… D’accord, fit l’Elfe, perplexe. Mais il y a quelque chose derrière la porte ?
- Va voir par toi-même, ricana Kardass.
- Oh, il est méchant, ce mur, fit l’Elfe en claquant la porte.
- Tu sais lire ? fit Jojo, sincèrement surpris.
- Mais oui !
- Ah bon, firent les trippeurs, surpris.
- Et c’est quoi, les grilles dans les murs ? demanda l’Elfe, décidément curieuse de tout.
- L’aération, fit Tom, blasé.
- Euh… C’est par là que passe l’air ? demanda l’Elfe, incertaine.
- Oui, fit Tom.
- Ah. Et l’air, il vient d’où ? demanda encore l’Elfe.
- De la surface, je suppose, fit Tom.
Il était appuyé dans le vide, sa main spectrale tenant son menton
immatériel dans un air de profond abattement. Il cligna machinalement
deux ou trois fois des yeux, ainsi que l’ensemble des trippeurs.
- AAAAAAAAAAAAAAH !!!!! firent à l’unisson les trippeurs, à
l’exception de l’Elfe, en dehors du coup, et de J.R., qui osa un timide
« aaaaaaaaah ? » entre deux phases de dépression.
- Mais on est trop stupides ! fit Tom.
- Tu peux le dire, fit Imy, et encore, je trouve le terme bien faible.
- L’aération. La péripatéticienne d’aération, gémit Grinder en
serrant dans ses mains sa tête immatérielle. Pourquoi on y a pas pensé
plus tôt, berdel de morde ?
Les gémissements continuèrent un moment. Kardass s’était approché
de l’aération la plus proche. Il activa son sabre, et découpa la
grille. Prudemment, il commença à s’engager dans le conduit. Tout le
monde entendit très nettement le « tchac » et le bruit doux d’un
morceau d’oreille de costume de hamster tombant au sol.
- Il y a un peu de ventilateurs, fit Kardass, légèrement verdâtre, en retournant dans la pièce.
Les spectres s’étaient calmés. Grinder s’en alla inspecter le
conduit : blindé de ventilateurs tournant à plein régime. Il remonta
prudemment le conduit, en restant bien arrimé dans le mur à côté afin
d’éviter le souffle meurtrier des ventilateurs. Le conduit restait
droit et uni tout du long, et aboutissait dans un obscur placard à
balais du bâtiment technique du lycée.
Grinder redescendit.
- C’est bon, fit-il, ça remonte. Faudra juste faire gaffe aux ventilateurs, quoi.
- Dingue qu’on y ait pas pensé plus tôt, fit Mercurio, encore sous le choc.
- Bah, allez, c’est pas si grave, fit Jojo en se rapprochant de l’Elfe.
- Ouais, railla pleymo, on est juste morts, hein, J.R. ?
Cette dernière se fit toute petite et sanglota de plus belle.
- Euh, dis donc, pleymo, TG, hein ? fit remarquer Tom. Sans tes remarques sur le narrateur…
Les chamailleries reprirent de plus belle. Grinder voleta vers Kardass, lui intimant de se mettre en route.
- Je veux bien, lui répondit-il, mais je fais comment pour les ventilateurs ?
- Boarf, un coup de sabre, ou alors, on se charge de griller les
circuits électriques… Les gars ! hurla Grinder en se retournant vers
les autres spectres en pleine chamaillerie.
Pas de réponse.
- Dis, l’Elfe, fit Grinder avec un sourire très large, tu veux bien me faire flotter tout ça vers le conduit d’aération ?
Les spectres non Sith s’écartèrent prudemment. Les Sith se
chamaillaient toujours, sans se rendre compte qu’ils glissaient tout
doucement vers le conduit d’aération.
- …pas idée d’être aussi… disait Tom.
- …crétin fini comme… lançait Imy.
- …de c’t’enfoiré de narrateur, tançait pleymo.
- M’enfin, on bouge, nan ? fit Jojo. Il s’écarta prudemment.
- Hey ! firent pleymo, Imy, Tom et PO. Tu fais quoiiiiiiiii…
Leur cri se perdit dans les profondeurs du conduit d’aération,
alors qu’ils étaient aspirés violemment vers l’extérieur. Grinder se
mit à rire, avant de se rendre compte qu’il était désormais, avec Jojo,
le seul Sith spectre ici présent.
- Bon, ça va, fit-il sous les quolibets. Viens avec moi, Jojo, on va griller ces ventilateurs !
Les deux Sith se mirent en place, et se concentrèrent. Une minute
plus tard, le conduit était passablement moins rempli de pales
tranchantes, et passablement plus rempli de spectres boudeurs revenus
du dessus.
Un quart d’heure plus tard, Kardass, l’Elfe et J.R. se tenaient
dans le placard à balais, passablement plus serrés, surtout avec les
caisses.
Une heure plus tard, après des explications embarrassantes avec
des agents d’entretien hébétés de trouver dans un placard trois
personnes portant des caisses dégoulinantes de sang et accompagnées de
quelques spectres, tout le monde était de retour sur l’(italic)Asmodée.
- Bon, allez, fit Grinder. Tu me balances tout ça aux techniciens,
Kardass, j’ai une flopée de cylindres Spaarti dans le quadrant
inférieur du vaisseau. Le temps que les clones poussent, et hop ! Nous
voilà ressucités.
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Mais… Kardass sera-t-il fidèle à sa parole ? Les trippeurs
ressusciteront-ils ? Grinder (nan, l’auteur, pas le crétin désincarné…)
réussira-t-il à trouver des idées et à publier régulièrement la suite
de son histoire ? Vous le saurez en lisant la suite des… TRIPS DU
GRIGRI !
Trips du Grigri - Episode 11 et des chiffres derrière pour faire joli : Rencontre avec... AVEC QUI?????
- CENSURE ! explosa J.R. en fonçant sur Grinder.
- Euh… Du calme ! essaya de tempérer le Sith, paniqué. Derrière lui
gisaient les corps inconscients de l’intégralité de la population mâle
trippeuse et naheulbeukienne.
- NON ! JE NE ME CALMERAI PAS ! MEURS !
J.R. fonça sur Grinder, et lui plaça un énorme coup de marteau entre les deux yeux. Grinder eût terriblement mal, aperçut une jolie lueur noire, puis plus rien.
~
Creuse creuse creuse
~
Grinder se releva.
- Putain, t’y es allée fort, gémit-il en se relevant.
Il se gratta la tête. Au contraire de ce à quoi il s’attendait, le
monde extérieur n’était pas flou. Il était plutôt net, mais légèrement
brumeux, surtout à la limite du champ de vision. Grinder secoua la
tête, comme pour disperser la brume, puis baissa les yeux.
- WOUAAAAAH ! C’est quoi, ça ?
- J’AI BIEN PEUR QUE CE SOIT VOTRE CORPS, fit une voix qui aurait suffi à ancrer un navire.
- WOUAAAAAH ! répéta Grinder stoïquement.
- C’EST UNE HABITUDE A PRENDRE, remarqua la Mort.
Il s’avança (petite précision : la Mort est un mâle, oui, un mâle
nécessaire) vers Grinder. Il était très grand, au moins deux mètres
dix, et était enveloppé dans un grand vêtement noir à capuche, qui
l’habillait de pied en cap. Il souriait. De toute façon, vu sa tête, il
aurait eu du mal à faire autre chose. Il portait à la main une
impressionnante faux, surtout de par sa lame, dont le fil bleuté
tranchait de pauvres molécules d’air à quelques centimètres de la lame
proprement dite.
- Je… je suis mort ? réalisa Grinder.
- T’inquiète pas, c’est un coup à prendre, soupira une voix aigre-triste.
- Pleymo ? s’étonna Grinder.
- Oui.
- Mais… Mais alors… Tu es… Mort ?
- OUI.
- T’es vraiment un boulet, soupira pleymo. A ton avis, on faisait quoi, une sieste ?
- « On » ?
- Coucou ! firent une multitude de spectres.
Grinder faillit sursauter avant de se rendre compte que non. Mourir
ôtait un sacré paquet de glandes plutôt gênantes dans certaines
situations.
- On est pas dans la panade…
- IL FAUT BIEN EN ARRIVER LA UN JOUR OU L’AUTRE, remarqua sépulcralement la Mort.
- Ouais, ben quand même, ça fait un choc, fit Imy.
- Tout ça à cause de Naru, remarqua Jojo, sans éructer (chose impossible pour un spectre.)
- Hey, c’est pas bête, ce que tu dis, enchaîna Tom.
- Ouais, renchérit PO. C’est parce que pleymo voulait se
débarrasser d’elle qu’on se retrouve là. Gêné, le spectre de pleymo ne
répondait rien.
Le groupe se tourna vers lui, lui jetant des regards lourds de
sens. Il y eût un instant de flottement, avant que tout le monde ne se
mette à hurler « A mort ! »
Puis il y eût un blanc, et tout le monde toussota, gêné.
- On voulait pas vous vexer, fit remarquer Grinder.
- J’AI L’HABITUDE, soupira-t-il. BON, VOUS ÊTES PRÊTS ? demanda-t-il, en faisant un mouvement circulaire de la faux.
- Ah, euh…
- Comment dire…
- En fait…
La Mort s’avança. Dans ses yeux bleus, une petite lueur s’embrasa…
~
Kardass était un peu perdu. Pris de frénésie Hamsterrienne, il
n’avait pas arrêté de creuser depuis… Depuis… Depuis qu’il avait perdu
le compte. Deux épisodes au moins.
Ralentissant son forage peu à peu, il finit par se stopper, et il
se retourna : personne en vue. Un peu normal, en quelque sorte : il
creusait tellement vite…
Mais il était inquiet pour les autres, tout de même, encore qu’il
aurait bien laissé ce petit *^ù) de Tom moisir dans les grottes pour
très longtemps. L’Empereur aussi, tant qu’à faire…
~
- Merde, comment on pourrait se sortir de là ? demanda Grinder.
- Revenons à la vie sous forme de spectres ! dit PO.
- La vie ?
- Boarf, la non-vie, si tu préfères.
- Pas con, admit Jojo. Un peu comme ces couillons de Jedi et les ancien Sith…
- O.K., fit Grinder avant de se tourner vers la Mort. On peut négocier ?
- NON.
- Y a pas de justice.
- NON. IL N’Y A QUE MOI.
- On vous a déjà dit que vous étiez très spirituel ? bafouilla
Grinder. Euh… Je veux dire… C’est une histoire de conviction
religieuse… Vous savez, j’crois pas particulièrement à un au-delà, mais
plutôt à une sorte de rematérialisation sous forme d’esprit tirant sa
puissance de la Force.
- CA M’A L’AIR ASSEZ LIMITE, COMME NON-VIE, remarqua la Mort.
- Ca peut être très amusant, vous savez, fit Grinder. Faire peur aux gens, enfin, j’vais pas vous apprendre ça à vous…
- EN GENERAL, ON SE LASSE AU BOUT DES TROIS PREMIERS SIECLES…
- On peut aussi pervertir des gentils et guider des méchants sur la voie du Côté Obscur. C’est mieux, ça non ?
La Mort le regarda fixement. Ses yeux d’un bleu profond
traduisaient une immense lassitude, laissant entendre que Grinder
n’était pas le premier à lui servir ça.
- BON. APRES TOUT, A L’HEURE DU CHOIX, CHACUN EST LIBRE.
- J’ai pas choisi de mourir.
- EN QUELQUE SORTE, SI.
- J’voudrait pas vous interrompre, toussota Imy, mais… Est-ce qu’on peut se matérialiser, maintenant ?
- JE VOUS EN PRIE. BON, EXCUSEZ MOI, JE DOIS VOUS LAISSER, ON M’ATTEND DANS UN ELEVAGE DE POULETS.
- Ah, la grippe aviaire…
La Mort ne répondit pas, et se retourna, avant de siffler
puissamment. Un hennissement retentit, et un magnifique cheval apparut,
traversant la roche comme… Ben, comme de la pas roche. La Mort
enfourcha son destrier, fixa sa faux, consulta quelques sabliers dont
l’ampoule supérieure était presque vide, puis il donna un grand coup de
talon dans les flancs de son cheval. Ce dernier hennit, puis se cabra
avant de partir au galop dans le mur, laissant derrière lui des traces
enflammées de sabots.
~
Kardass revenait lentement sur ses pas. Il avait senti une perturbation étrange dans la Force…
~
J.R. était à genoux, le visage enfoui dans ses mains. Elle pleurait à chaudes larmes en sanglotant.
- POURQUOIIIIII ? hurla-t-elle. Pourquoi ils sont aussi stupides ? Ils sont morts, maintenant, BEUHAHAHAHAHA !
Elle pleura encore un moment, avant de se relever. Elle ramassa son
maillet, regarda la scène sanglante qui s’étendait autour d’elle, puis
emprunta le couloir par lequel tout le groupe était arrivé.
~
Dans un coin de la salle, les Naheulbeukiens étaient serrés les uns
contre les autres, terrifiés. Ils avaient été miraculeusement épargnés
par la furie blonde qui leur avait foncé dessus, laquelle furie
pleurait bruyamment au centre de la pièce, marteau à portée de main,
des cadavres étendus un peu partout autour d’elle.
- Lâche moi, fit rageusement le Nain.
- Oh, pardon, bafouilla la Magicienne en se rendant compte qu’elle
était collée au Nain. L’Aventurier, lui, ainsi que le Voleur et le
Barbare, étaient collés à l’elfe, qui commençait à devenir bleue.
- Mmmfez mmmfoi ! gémit-elle.
- Oh, pardon, firent les trois mâles gênés en sifflotant et en
regardant ailleurs. L’Ogre, lui, s’était rapidement remis et picorait
quelques uns des morceaux de troll parsemant les murs et le sol.
- Je veux les mêmes points de Force qu’elle ! fit le barbare.
- C’est vrai qu’elle est effrayante, constata l’Aventurier, retrouvant son sang-froid.
- Regardez, elle s’en va ! s’exclama l’elfe.
- Tant mieux ! Plus loin cette furie sera, mieux je me porterai, fit le Nain au niveau des genoux de tout le monde.
- Mais on peut pas la laisser comme ça !
- Bien sûr que si, on peut ! fit l’Aventurier ;
- Il serait en effet plus sage de la laisser partir. Nous ferions ainsi montre de ruse…
- Je te répète que j’en ai pas dans mon sac ! Et pis, zut, tiens,
je vais avec elle. Elle a sûrement besoin d’une amie à qui parler.
- Depuis quand t’es ton amie ? ricana le Nain. L’elfe l’ignora et partit à la poursuite de J.R.
- Hey, reviens ! cria l’Aventurier. Mais reviens ! Ah, qu’elle est conne !
- Tant mieux ! Ca fera un ornement mural, fit le Nain.
- T’es vraiment lourd, s’énerva l’Aventurier. Bon, on fait quoi ? On va à sa poursuite ?
- Jamais !
- Je préférerais affronter un Golbarg, fit la Magicienne.
- Zolo ak zudum schlatoum griduk, fit l’Ogre entre deux bouchées.
- Qu’est-ce qu’il dit ?
- Il dit qu’il a encore envie de rester ici à cause de la nourriture étalée sur les murs.
- Quelle nourrit… QUOI ? Mais empêche-le de bouffer les cadavres ! gémit l’Aventurier.
- Ach gropack schlipa grado ?
- Zooooo, krokut ypa’ck !
- Hein ?
- Il m’a promis qu’il toucherait qu’au Troll.
- Tant mieux. Bon, le Barbare, le Voleur, vous voulez aller chercher l’Elfe, ou pas ?
- Ca va pas, non ? fit le barbare. Elle est plus forte que moi en baston, ce serait pas cool si on criosait des monstres.
- Pour ma part, je me dois de refuser une telle initiative après
avoir considéré tous les dangers qui pourraient menacer mon intégrité
corporelle que nous pourrions rencontrer en allant chercher notre
jeune… amie.
- Vous êtes désespérants, soupira l’Aventurier, vaincu. Allons-y, conclut-il en désignant l’autre sortie, derrière le Troll.
~
- Attends moi ! Mais attends moi !
L’Elfe courrait après J.R., qui pleurait à chaudes larmes en progressant rageusement dans le tunnel.
- CHUIS QU’UNE ENFLUUUUURE ! hurla J.R. en pulvérisant un morceau de mur avec son maillet.
- Mais non, faut pas dire ça ! fit l’Elfe de sa petite voix aiguë.
- SIIIII ! J’AI ASSASSINE MES AMIS !
- Mais après ce qu’ils avaient fait, tu avais raison… Enfin, presque…
- *Hurlements*
- Remarque, je suis contente que ça soit pas moi…
- *Vagissements*
Les deux filles continuèrent ainsi leur conversation, en remontant le couloir creusé par Kardass…
~
Kardass, lui, avait sorti son sabre. Devant lui retentissaient d’étranges bruits, et ils n’auguraient rien de bon. La lame carmin jeta des lueurs chatoyantes rougeâtres sur les murs en s’activant. Lentement, se préparant au combat, le Sith progressa rapidement à pas feutrés…
~
- Hey, y a pas quelque chose qui approche ? demanda l’Elfe, ses oreilles remuant légèrement.
- Snif, pleurnicha J.R. avant de raffermir sa prise sur son maillet couvert de sang. On dirait que tu as raison…
Les deux filles se retournèrent, et se cachèrent à un détour du tunnel, prêtes à en découdre.
~
Kardass avançait de plus en plus rapidement. Les bruits venaient de cesser devant lui, il ralentit soudainement avant d’aborder un tournant.
~
- WHAAAAAAAAAA !!
~
- YAAAAAAAAAH !!
~
Kardass venait tout juste de rencontrer J.R. et l’Elfe, embusquées
au détour d’un couloir. Les trois protagonistes se mirent à hurler
copieusement l’un sur l’autre armes brandies, avant de lâcher leurs
armes pour se saisir la tête de leurs mains et hurler de plus belle.
Ils finirent enfin par se calmer.
- Weuarf, vous m’avez fichu une de ces trouilles ! soupira Kardass.
- Mouais, ben, on a eu bien peur, nous aussi ! fit J.R. L’Elfe
restait catatonique. Elle regardait fixement un point hors de vue des
deux trippeurs.
- Bon, enfin, où sont les autres, J.R. ?
Silence embarassé.
- L… Là… fit doucement l’Elfe, ignorée de tous, en levant tout doucement un doigt tremblant.
- Ben, ils sont où ? répéta Kardass. Et qu’est-ce qu’elle fait avec toi, aussi, elle ?
J.R. soupira avant de sangloter un peu dans sa manche.
- Je… Je les ai tués, fit-elle d’une toute petit voix.
- Hein ?
- Je les ai tués, répéta J.R., la voix brisée.
- QUOI ? Mais pourquoi t’as fait ça ?
- Gue… gue gue gue… répéta l’Elfe.
- Ils ont… ils ont donné Naru en pâture à un Troll.
Kardass resta silencieux alors que J.R. courbait la tête. L’Elfe s’était mise à reculer prudemment.
- Je peux voir les corps ? demanda finalement Kardass.
- Pas la peine.
- Si tu veux.
- Hein ? Comment ça, pas la peine ?
- J’ai dit « si tu veux », fit J.R., perplexe.
- Gue…gueguegue…
- Youhouuuuuu !
- Allons-y…
- BOUH !
Kardass et J.R. sursautèrent brusquement. Juste en face de l’Elfe
se tenaient des êtres immatériels nimbés d’une lueur rougeâtre pour
certains et bleutée pour d’autres.
~
- WHAAAAAAAAAAAAAAAAA !
- WHAAAAAAAAAAAAAAAAA !
- Gue… gueguegue…
~
- Pas trop tôt, bande de boulets ! fit le spectre de Grinder, poings sur les hanches.
- WHAAAAAAAAAAAAAAAAA ! firent Kardass et J.R. à l’unisson. L’Elfe restait dans son état catatonique.
Grinder attendit patiemment qu’ils retrouvent leur calme.
- Grinder ? demanda J.R., à la fois incrédule et choquée.
- Non, le Père Noël en slip, railla l’ex-Sith.
- Comment… Comment ça se fait que…
- Tu nous as tués, tu te souviens ? fit remarquer acidement PO. J.R. prit une mine coupable.
- Dé… Désolé, marmonna J.R. avant de fondre en larmes.
- Allez, allez, tempéra Jojo. C’est pas si grave. Tu as au moins fait un pas sur la Voie du Côté Obscur…
J.R. lui jeta un regard assassin. Enfin, façon de parler, il ne restait plus grand-chose à tuer.
- Merde ! fit enfin Kardass.
- Bien le moment de réagir, fit un Tom tout aigri. Bizarrement, un sourire se dessina sur les lèvres su Hamstero-Sith.
- Quoi ? demanda Grinder, brusquement inquiet.
- Vous êtes bien morts ?
- Non, on fait figuration, soupira pleymo.
- MOUHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! ricana Kardass.
- © ! s’insurgea Grinder.
- Vous êtes morts ! Tous les deux ! Tom et Jojo ! J’y suis arrivé !
J’Y SUIS ARRIVE ! ME VOICI EMPEREUR A LA PLACE DE L’EMPEREUR !
- … firent Tom et Jojo.
~
Que se passera-t-il par la suite ? Les trippeurs se sortiront-ils
de cette situation qui semble plus que désespérée, qui semble même en
fait tellement inextricable que l’auteur devra se suicider pour ne pas
avoir à faire fondre ses trois dernières neurones pour trouver une
suite ? Vous le saurez en lisant les prochains…
TRIPS DU GRIGRI !
Trips du Grigri – Episode 11 : Quelqu’un a des pommes ? ( Fit with reality)
Dans leur couloir, les Naheulbeukiens tremblaient, sans doutes plus sous le coup de la fureur du Sith que de celle du Troll. Jojo, resté avec eux, faisait circuler une bouteille de whisky, à la grande joie de l’ogre et du barbare.
- Faut pas s’inquiéter, fit l’Empereur, accoudé à l’elfe, une
bouteille à la main. C’est normal, de petites sautes d’humeur comme ça,
de temps en temps.
- De petites sautes d’humeur ? fit sardoniquement l’aventurier. J’aimerais pas le voir se mettre en colère !
- Oh, non, croyez moi, vous aimeriez pas ! abonda Jojo en buvant une gorgée.
Dans la caverne située après la grille, Grinder faisait face au troll. La bestiole émettait force hurlements, en tirant sur les chaînes qui la liaient au mur.
- Ta gueule ! hurla Grinder. On a déjà le ventre de PO, on a pas besoin de toi !
Sabre au poing, le Sith se jeta sur le Troll.
- Hein ? s’étonna Grinder. Le sabre n’avait strictement rien fait à la bête.
Le Sith s’acharna, n’infligeant pas la moindre entaille au monstre.
- C’est pas vrai, vitupéra Grinder. HORAZOOOOOON ! hurla-t-il ensuite.
- Vi ? demanda l’ensorceleur, blasé.
- Rappelle moi les caractéristiques des trolls ! Et vite !
- Du calme, du calme, je tente mon test de caractéristiques… Hmmm..
DD de 17… d20+15… 18.. Ce qui nous fait 18+17 = 35… Je pense avoir
réussi le test. O.K., O.K., je te dis ce que je sais, conclut
précipitamment l’arcaniste en voyant l’expression de Grinder. Si je me
fie à ce que je sais et aux grimoires que j’ai trouvé dans la brouette
de la magicienne, ce machin a une régénération accélérée, et une peau
en cortose.
- Gnéééééé ? firent avec un bel ensemble tous les Sith présents.
- Je dis ce que je sais, moi, balbutia Horazon alors que Imy le secouait comme un prunier.
- Bon, ben, si le sabre marche pas, on va y aller avec des trucs
classiques qui marchent toujours, annonça l’Empereur en faisant craquer
ses phalanges.
Tout le monde recula prudemment, sauf l’elfe, toujours accrochée au bras de l’Empereur. Jojo invoqua une puissante décharge d’électricité, qui fonça droit sur le Troll. Le monstre baîlla. La décharge fut déviée, et alla défoncer un pan de mur.
- … fit l’Empereur, au bord de l’apopplexie.
- Hey, regardez ! fit J.R. Il a une drôle de bestiole accrochée dans le dos !
- J’y crois pas, un ysalamiri ! pleura Tom.
- Mais c’est quoi que cette bestiole de mes deux ? s’énerva Grinder. On peut pas la toucher avec nos moyens de starwarsiens !
- Huk huk huk, firent en même temps Horazon, Léthys, Mercurio et
Gulfling. Le Nain et le Demi-orque tâtaient du plat de leur lame,
Mercurio astiquait ses poings, et Horazon sortait des parchemins.
- Vous pensez à quoi ? demanda J.R.
- XPééééééééééééé ! hurlèrent les rôlistes, avant de foncer sur le troll.
Lequel baîlla encore, expédiant les personnages contre le mur, initiant ainsi une jolie décoration en relief. Les quatre protagonistes glissèrent lentement contre le mur avant de finir par terre.
- Glok ! fit l’ogre.
- Qu’est-ce qu’il veut, lui ? demanda l’aventurier.
- Je sais pas, répondit la magicienne. L’ogre s’était tourné vers
le troll et commençait à émettre des borborygmes incompréhensibles.
- Akala gropapfoum tirota grampata ! fit le troll.
- Huk huk, groka tirala klump ! répondit l’ogre.
(*~Note~* Pour une plus grande compréhension de l’histoire, le dialogue des deux monstres sera intégralement traduit pour nos lecteurs, tout en restant complètement incompréhensible pour les protagonistes de l’histoire. Les puristes peuvent aller se faire voir ailleurs ^^)
- *’Tain, il m’a foutu la trouille, là, le p’tit nerveux qui s’est jeté sur moi tout à l’heure !*
- *Huk huk, faut pas faire gaffe, apparemment, tu lui résistes bien !*
- *Mouais. N’empêche que j’ai eu la trouille !*
Les trippeurs et naheulbeukiens, eux, se regardaient sans comprendre. La discussion entre les deux créatures se poursuivit, puis l’ogre revint vers la magicienne, qui traduisit.
- Bon, alors, apparemment, il a faim, fit-elle.
-
RAGNAGROOOOK
! fit le ventre de PO.
- BUNK ! fit le maillet « spicy » sur la tête à PO.
- Pas fini, les conneries, oui ? fit J.R., un chouïa énervée. La situation est déjà assez ridicule !
- Beuh.
- Bon, il a faim ? enchaîna Grinder. On pourrait lui donner quoi à manger ?
- Schalague vuk zodo ? demanda la magicienne.
- Zwalo, schatoum, pam pam ! répondit goulûment le troll.
- Euh… bégaya la magicienne. Dans son coin, bien qu’il soit écrasé par terre, Horazon ricanait.
- Qu’est-ce qu’il dit ? demanda l’aventurier.
- Et bien, il dit qu’il veut manger.
- Qu’est-ce qui lui ferait plaisir ?
Le fou rire d’Horazon empira. Il fallut la menace du maillet « spicy » pour le faire cesser.
- Et bien, il dit qu’il veut manger l’elfe.
- Quoi ?
- Avec des pommes !
- Schlague vuk !
- MOUHAHAHAHAHA ! fit Horazon.
- Hey, ©, sale plagieur ! s’emporta Grinder.
- Et ben, on fait quoi ? demanda Imy.
- On lui donne l’elfe ! cria le nain.
- Il faut savoir se sacrifier, parfois, abonda le voleur.
- Hey ! s’écria l’elfe.
- Il veut faire quoi, avec les pommes ? demanda J.R.
- Moi je sais ! fit Gulfling.
- Ouais, c’est comme dans la chanson.
- Quelle chanson ? demanda Naru.
- Euh… rien.
- Bon, on fait quoi ? demanda l’aventurier. On peut pas lui donner autre chose à manger ?
- Le premier qui touche à l’elfe se prend une décharge dans les
naseaux, commenta placidement Joruus, un bras tenant une bouteille
autour du cou de l’elfe.
- Rappelle moi ton niveau ? demanda le barbare en dégainant son impressionnante épée à deux mains.
- 30.
- Ah, et bien… rougit le barbare en rengainant.
- Oui.
- Hem.
- Bon, ça résout pas notre question, dit Grinder.
- J’ai peut-être une solution, fit pleymo en attirant Grinder et l’aventurier à l’écart.
- C’est quoi ? demanda Grinder.
- On lui file à bouffer Naru.
- T’es pas dingue ? s’exclama l’aventurier.
- C’est ta copine, bougre de sagouin !
- Lis le sous-titre de l’épisode.
- Hein ?
- « Fit with reality » ? lut Grinder. Et alors ?
- Et si ton cerveau atrophié en venait aux conclusions, hein?
- Qui a un cerveau atrophié ?
- Hem.
- Euh… Personne.
- C’est quoi ces histoires de réalité ?
- Rien, rien, t’occupe. Donc, si je comprends bien, en vrai, t’es plus avec…
- Pas la peine de le gueuler sur les toits ! On la balance au troll, et on passe, rien de plus simple.
- C’est vrai que ça me semblait bizarre de voir le narrateur nous
faire rencontrer ces cré… Euh, les Naheulbeukiens, rattrapa Grinder.
- Vous être horribles ! s’exclama l’aventurier.
- Ta gueule ! firent ensemble les deux Sith.
- Ca va ! N’empêche que…
- Vous voulez pas plutôt lui filer l’elfe ? fit le nain, s’interposant.
* Long regard appuyé lourd de sens de Jojo*
- Enfin, moi, c’que j’en dit…
- Bref, t’es sûr de ton coup ? demanda Grinder.
- Oui.
- O.K. pour moi, soupira Grinder. Imy, Tom, venez par ici.
Les deux Sith approchèrent.
- S’passe quoi ? demanda Imy.
- J.R., viens aussi, fit Grinder.
- Tu fous quoi ? demanda pleymo.
- T’inquiète ! répondit Grinder en aparté. Bon, tiens, J.R., pour
passer le troll, je voulais voir un truc : mets toi entre Imy et Tom,
là, comme ça…
- ? fit J.R.
- Bon, très bien ! dit Grinder en se frottant les mains. C’est
parti ! Tom, je t’avais jamais dit que tu es le meilleur Sith que j’ai
jamais rencontré ? En fait, haha, je t’arrive pas à la cheville. Et
toi, Imy, tu es le meilleur guitariste du monde ! Hendrix peut aller se
rhabiller, avec toi, hahaha !
Grinder continua à abreuver les deux protagonistes d’un fleuve
d’éloges. Personne n’y comprenait rien. Soudain, les chevilles des deux
Sith, flattés à outrance, se mirent à enfler. J.R. fut prise au milieu.
- Hey ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Ca colle ! C’est gluant ! Peut plus bouger !
- Jojo, chope son maillet ! ordonna Grinder. Pleymo, tu sais ce que tu as à faire.
- Hey ! protesta J.R., recouverte par de la cheville rosâtre.
- Vite, ça va exploser ! dit Grinder. Jojo, c’en est où, ce maillet ?
- Eurf, trop lourd ! fit l’Empereur.
- Bon, aidez-le !
De son côté, pleymo s’était approché de Naru, et il l’avait saisie par la taille.
- Qu’est-ce que tu fous ? demanda-t-elle.
- Désolé, chérie, je te quitte, fit pleymo avant de balancer Naru en direction d’un troll ravi.
- MAIS C’EST DEGUEULASSE ! explosa J.R. Elle essaya de bouger, mais
les chevilles de Tom et d’Imy la maintenaient solidement, tandis que
son maillet était traîné hors de portée par Jojo, PO, Léthys, le
barbare, le nain et Gulfling.
Le troll, lui, avait commencé à renifler Naru, qui criait désagréablement aigu. Puis le monstre parla.
- Il lui manque des pommes ! traduisit Horazon.
- SORTEZ MOI DE LA !!
- BANDE DE (série de mots que la censure réprouve tellement vivement que l’auteur a dû arrêter d’écrire pendant une semaine)
- Merde, on fait quoi ?
- Demande lui s’il accepterai pas de la bouffer sans pommes, fit
Grinder, transpirant. Les chevilles des deux Sith commençaient à
présenter de légères fissures.
- Pam pam no zwalo schirota patû? Demanda Horazon.
- Râgluk, nirota pam pam zwalo. Hirota grabo. Huk huk huk.
- Littéralement, il dit qu’il a besoin de pommes. C’est moins goulu, sinon. Huk huk huk.
- ‘Tain, où on va trouver des pommes dans ce donjon pourri ? s’écria Grinder.
- Hé, oh, du calme ! fit l’aventurier. Dans leur coin, le groupe
qui tirait le maillet de J.R. l’avait déplacé de trois mètres
cinquante, infligeant au sol une jolie tranchée.
- BANDE DE (série de mots, etc, je vous la refait pas) hurla J.R., virant au mauve.
- Tom, t’as de beaux yeux ! encouragea Chacha, qui n’avait jamais
bien apprécié Naru. Imy, j’adore ta façon de jouer de la guitare !
Encouragés, les deux Sith rougirent, et leurs chevilles enflèrent
un peu plus. Et là, c’est le drame : sous la pression, les chevilles
finirent par exploser, projetant un peu partout des morceaux de chair
rosâtres, dégoulinants et gluants.
- BANDE DE MFFFFT ! fit J.R. en se prenant un morceau dans la
bouche, évitant ainsi à la censure une nouvelle descente chez l’auteur.
- Trouvez une solution, viiiiiite ! intima Grinder au bord du
désespoir. La lueur de rage dans les yeux de J.R. aurait fait peur à
n’importe quel Sith. Dans leur coin, Jojo, PO, Léthys, le barbare, le
nain et Gulfling avaient abandonné, à bout de forces.
J.R. commençait à se dépêtrer des morceaux de cheville tout
collants. Tom et Imy, à bout de forces eux aussi, étaient allongés sur
le sol, pantelants. Pleymo s’approcha de J.R., et, mine de rien, lui
fit un croche-pied qui la replongea dans la cheville.
Le Troll, dans son coin, commençait à s’impatienter. Naru émettait
des cris de plus en plus aigus, mais sur une note variant selon sa
position spatiale (dépendant de la position du bras du troll, cela va
de soi.)
- Bloquez J.R. ! ordonna Grinder. Tous ! Horazon, t’as pas un sort de génération de pommes ?
- Laisse moi consulter mon grimoire, fit l’ensorceleur. Alors,
création de machine fantastique, création d’effigie, dégraissage des
poêles à frire, récurage des toilettes…
- Vite, on s’en fout de ça !
- Je fait ce que je peux ! Reprenons… Ah, je vois : j’ai un sort de convocation d’alliés naturels.
- Tu vas pas convoquer une pomme, quand même !
- Ben, en modifiant un geste par-ci, par-là, on peut très bien arriver à…
- M’en fous de la théorie, incante !
A côté, suivant les ordres de Grinder, Jojo, PO, le barbare, le
nain, Gulfling, Léthys et Mercurio s’étaient jetés sur J.R., façon
plaquage de rugby. La masse de corps tremblota pendant quelques
secondes, avant d’exploser, projetant du trippeur et du naheulbeukien
un peu partout sur les murs. J.R. faisait peur à voir : turquoise de
colère, ses muscles s’étaient mis à saillir, la faisant ressembler à
une catcheuse (remplacez la boue par de la cheville.) Elle s’avança,
récupéré son maillet, et avança sur Grinder, qui reculait timidement en
se planquant derrière un Horazon pas rassuré du tout.
- Incante, nom de nom de nom !
- Ah, voilà : Ahf klopahck, ni-ôh grabenwouick iktô schönapfel !
Une intense lueur bleue illumina la scène, aveuglant momentanément
tout le monde. Lorsque la luminosité redevint normale, les trippeurs
pouvaient admirer un magnifique panier de pommes, rouges, belles et
reluisantes, le genre de pommes qui fait regretter d’avoir 70 ans et
pas de dentier. Le Troll, de joie, tapa dans ses mains, oublieux de la
Naru qui se trouvait dans sa dextre. Avide, le monstre se jeta sur le
panier, s’en saisit de la sénestre, puis se retourna. D’étranges et
plutôt horribles bruits se firent entendre, suivis des sons
caractérisant une mastication intensive.
Pour finir, le Troll se retourna, rota un bon coup, envoyant l’elfe dans les pommes (haheuhaheuha. Hem.)
- Et ben voilà, affaire règlée ! soupira Grinder.
- Ah oui ? fit une J.R. rougeâtre, tapotant sa main d’un joli
maillet « spicy » constellé du cuir chevelu de la plupart des
trippeurs.
- Euh, on pourrait pas…
- ESPECE DE
Trips du Grigri – Episode 11 transitif : Gné donjon???
Les trippeurs venaient de s’immiscer dans le tunnel ouvert par
Kardass grâce à son pouvoir de la Hamster Team. Malheureusement pour
les trippeurs, le Sith n’était pas en vue. Seul un très lointain bruit
de creusement attestait sa présence.
- Euh… fit Joruus29. Il fait quoi, le Lulu, là ?
- Ben, il creuse pour nous sortir de là, apparemment, fit Imy.
- On devrait le suivre, nan ? fit PO.
- Si on veut sortir d’ici, vaut mieux, en effet ! remarqua Grinder.
- Mouais, c’est limite, comme plan, quand même… ronchonna Tom.
- Rhô, tu vas pas encore nous faire une crise de rivalité, nan ? menaça J.R.
- OK, OK, j’me calme ! marmonna Tom précipitamment, les larmes aux
yeux au souvenir de la douleur éprouvée par le bon vieux choc de ce
cher « spicy ».
- Et ben on y va, alors !
- Dans quel ordre ? demanda naïvement Naru.
Silence gêné.
- Bééé… commença Grinder. J’vous explique… J.R. va passer devant
pour nous prévenir du danger avec son marteau. J’y vais juste derrière
pour éclairer avec mon sabre. Jojo me suit, passque comme ça, je peux
le protéger. Imy vient juste derrière, puis Tom, PO, pleymo, Chacha,
Naru, Léthys, Horazon, Gulfling et Mercurio.
- Ca me va parfaitement ! jubila Mercurio en tapotant dans ses mains.
- Euh… je crois que je serai plus utile à l’avant avec ma pelle… fit Gulfling en brandissant ledit engin.
- J’veux pas de Léthys derrière ma copine ! firent en même temps pleymo et PO.
- Bande d’enfoirés ! fit ce denrier.
- J’ai pas envie de me retrouver avec Mercurio dans le dos ! paniqua Horazon.
- Vive la confiance !
- J’ai pas ma ceinture de chasteté !
- Bon, je recommence… soupira Grinder.
- Je passe devant et j’éclaire. Derrière moi, Gulfling, pour la
pelle. Encore derrière, J.R. Puis Mercurio, Léthys, Tom, Chacha, PO,
Naru, pleymo, Imy, Joruus29 et Horazon ! Ca vous va ?
Un concert de protestations se fit entendre :
- Le Mercurio est encore trop près ! il va corrompre J.R. pour me passer dans le dos !
- Mais qu’est-ce que tu vas imaginer ? s’indigna Mercurio.
- Tom est trop près de ma Chacha !
- J’veux pas rester à l’arrière avec ces tarés ! fit l’Empereur.
- BON, CA VA ! hurla Grinder, coupant le sifflet de tout le monde. C’est quand même
mon
histoire, non ? Alors, c’est moi qui décidé !
- Hey, ouais, il a pas tort, fit Léthys.
- C’est vrai que c’est lui qui raconte ce qui nous arrive…
- Et que c’est à cause de lui qu’on est dans ce merdier ! tempêta Horazon.
- Euh, doucement, tempéra Grinder. Héhé, laissez moi refaire l’ordre, ça va aller, j’vous promet.
Le Maître de l’Histoire (NdG : *splortch *! (pour ceux qui ne
suivent pas : chevilles ^^)) s’isola quelques minutes avant de revenir
proposer son ordre de passage :
- Bon, voilà : Mercurio passe tout devant, comme ça, tout le monde
est content. Ensuite, J.R. pour le marteau. Ensuite, Gulfling, pour la
pelle, puis moi, pour la lumière. Je prend Tom derrière moi, puis Imy,
et Jojo. On a ensuite Chacha, PO, Naru, pleymo, et pour
l’arrière-garde, Horazon et Léthys, pour les muscles et les sorts. Ca
vous va ?
Concert de marmonnement.
- Génial ! sourit Grinder. En avant !
Les trippeurs se mirent en route, en suivant l’ordre choisi par
Grinder. Mercurio n’était pas très rassuré. Les trippeurs avancèrent
sur une centaine de mètres, le couloir se poursuivant de manière
uniforme, en quasi ligne droite. Soudain, Mercurio pila, provoquant un
concert de protestations et de récriminations.
- Chut ! intima Mercurio. Vous entendez rien ?
- Ben, maintenant que tu le dis… fit Grinder. Tous tendirent l’oreille.
- Glok, fit une grosse voix gutturale.
- Dépêches-toi ! fit une autre voix inconnue.
- C’est une rune de protection de l’Empire Koundar !
- C’est quoi, ça ? demanda Naru.
- Plus vite ! fit une voix rappelant celle de Gulfling.
- Un collègue ! intervint ce dernier.
- Elle fut crée par le souverain pour garder son trésor, reprit Voix Koundar.
- C’est pas le moment de raconter ta vie ! fit Dépêche-Toi.
- Je l’ai, poussez vous !
- Doucement ! s’exclama une voix féminine, qui attira l’attention de la populace mâle des trippeurs (sauf de Mercurio)
- Afh zontar nahou skaom arhhhh !! scanda Voix Koundar. Un bruit magique bas de gamme se fit entendre.
- Impressionnant, reconnut Dépêche-Toi.
- Si les monstres passent par là, ils seront noyés dans un torrent de lave ! précisa Empire Koundar.
- Allez, on se tire ! dit nerveusement Voix-Un-Peu-Comme-Celle-De-Gulfling.
- C’est quoi, ces conneries ? demanda Grinder, exprimant tout haut ce que tout le monde pensait tout bas.
- Chaispas, haussa des épaules (si, si !) PO. Mais ça me dit quelque chose, je sais pas quoi…
- Ca venait de l’autre côté du mur, nan ?
- On va pas passer la nuit là-dessus ! En route ! menaça J.R.
Le groupe reprit docilement sa marche. Deux cent mètres plus loin, le chemin bifurquait sur la gauche.
- Hey, stop ! fit Mercurio. J’entend encore des voix !
- Putain, encore ! soupira Grinder. Qu’est-ce que c’est, encore ?
- Mais qu’est-ce que c’est ? fit Voix Féminine derrière le mur.
- Zavutaaaa ! Zavutaaaaaa ! hihéhéhéhéhéhé ! firent une multitude de petites voix nasillardes.
- Des gobelins ! s’écria Gulfling en sortant sa pelle.
- Qu’est-ce que tu fous ? demanda Grinder.
- Ben, y a une baston contre des Gobelins, j’y vais, moi !
- Des Gobelins ! fit une voix mâle, très… mâle.
- Qu’est-ce que je disais !
- A mort ! fit Voix-Un-Peu-Comme-Celle-De-Gulfling.
- Takala ! fit la grosse voix du début.
- Je peux même pas tirer à l’arc ! fit Voix Féminine.
- Tant mieux, fit une voix de dandy, qui éveilla l’intérêt de Mercurio.
- Impossible de les aider, nous sommes coincés dans ce couloir, fit Dépêche-Toi.
- Hey, ils ont besoin d’aide contre des Gobelins ! J’y vais !
s’écria encore Gulfling en se mettant à creuser frénétiquement dans la
paroi.
- Hey ! Mais arrêtez le ! intima Grinder.
Trop tard. Le Nain avait creusé la paroi, pour déboucher…
~
…dans un couloir en pierre, petit, sombre, dans lequel un nain, un
barbare et un ogre fonçaient sur un groupe de Gobelins en hurlant des
cris de guerre. Gulfling se joignit à la charge, pelle à la main, et il
commença à décapiter du Gobelin à coups de pelle : un coup j’assomme,
un coup j’décapite.
A l’arrière, une elfe, un aventurier, un voleur et une magicienne
regardaient placidement, avec toutefois une certaine nuance d’ennui
dans le regard.
- Z’êtes qui, vous ? demanda Grinder.
- Ben, et vous, alors ? s’insurgea l’aventurier.
- J’vous retourne la question !
- Houlà, on va pas aller loin, là, soupira Jojo. J’prend les
négociations. J’nous présente : on est des trippeurs, on est paumés
dans les sous-sols du lycée, et là, on cherche à sortir.
- Nous, on est, ben… Bon, allez, disons, un groupe d’aventuriers, et, euh… On recherche une statuette dans ce donjon.
- J’ai vraiment l’impression d’avoir entendu ça quelque part, fit pensivement PO.
- Là n’est pas la question, fit Jojo.
Buuuurps
, ajouta-t-il.
- C’est quoi, un « lycée » ? demanda l’aventurier.
- Laissez tomber, poursuivit Jojo. Vous avez rien contre le fait qu’on fasse un morceau de chemin avec vous ?
- Ben, pas spécialement, fit pensivement l’aventurier. Quelles sont vos compétences ?
- On sait un peu tout faire, coupa Grinder. Je suis moi-même un
Sith de niveau 23. Jojo est un Sith 20/Empereur 10, ce qui lui donne un
NGE de 30. J.R., ici présente, est HammerCaster de niveau 19. Le gars
qui a l’air paumé, oui, toi, PO, est une sorte de truc tellement
multiclassé qu’on s’y perd. Après, en vrac, on a encore du Sith, un
mégalomane, un guerrier – celui qui tranche du Gobelin à coups de
pelle, là-bas – de la fille qui sait pas faire grand-chose – non, tape
pas, J.R., j’parlais pas de toi ! – un magicien, le mec chétif, là,
dans le coin – repose ce parchemin ! – et un barbare.
- Pas mal, pas mal, concéda l’aventurier. Personnellement, je vois rien contre le fait que vous veniez avec nous.
- Dites, les gars faiblissent un peu, remarqua la magicienne. Je vais lancer un sort pour les aider.
Elle commença à incanter, sous l’œil d’expert d’Horazon.
- STOP ! coupa-t-il presque instantanément. Vous voulez lancer un tourbillon de Waza ?
- Et bien, oui, bafouilla la magicienne, sa concentration rompue. Faut pas ?
- Nan, c’est un sort qui cible pas. Vous allez toucher tout le monde, nous inclus !
- Ah, euh…
- Attendez, je m’en occupe, soupira Horazon en sortant un parchemin.
Le magicien lança un sort, celui d’Eclairs multiples. De sa main
tendue jaillit une colonne d’électricité, qui alla percuter les
Gobelins en chaîne, les faisant tous sombrer dans l’inconscience. Une
fois les Gobelins morts, Horazon se frotta les mains, satisfait. Il
allait se retourner vers le groupe d’aventuriers, lorsqu’une puissante
décharge électrique le percuta dans le dos, l’envoyant s’encastrer dans
un mur, duquel il glissa lentement au sol dans un nuage de fumée.
- Nan mais, fulminèrent Jojo, Grinder, Imy et pleymo. Qui a le monopole des éclairs ici, hein ?
- Impressionnant, reconnut l’aventurier. La magicienne, elle, boudait.
- Ouaiiiiis ! s’écria le nain en frappant dans les mains de Gulfling. Pas fâché de tomber sur un collègue dans ce donjon moisi !
- Hey ! s’indigna le barbare en mettant une taloche au nain.
- Oh, tu te calmes, toi ? fit Gulfling, menaçant, pelle à la main.
*Bruit d’armes qu’on dégaine*
- Hey, oh, c’est pas le moment de se battre, tempéra l’aventurier,
mains tendues vers les protagonistes. On continue. Vous nous suivez ?
demanda-t-il aux trippeurs.
- C’est parti, soupira Grinder.
~
Les trippeurs suivirent le groupe d’aventuriers. Ils leur avaient
brièvement expliqué leur histoire. Ils se trouvaient en fait dans le
fameux Donjon de Naheulbeuk, et actuellement, ils essayaient d’échapper
à des monstres après avoir pourri une taverne.
- Et on va où, en fait ? demanda Grinder. Passque là, on a perdu un Hamster, et euh…
- Vous inquiétez pas, on suit le plan, fit fièrement la magicienne.
- Pour aller où ? fit sournoisement Grinder.
- Et pis d’abord, qui c’est qui l’a fait, ce plan, hein ? remarqua l’aventurier.
- Ben, moi, mais…
- Bon, j’ai compris, soupira Grinder.
- Glok, fit l’ogre.
- Ta gueule, toi.
- Akala miam miam !
- Non, ne le mange pas !
-
GROAAAAAAAAAAAR
!
- Qu’est-ce qui se passe ? T’as faim, PO ? demanda J.R., blasée. Les Naheulbeukiens, eux, s’étaient arrêtés, l’air inquiet.
- Nan, moi, quand j’ai faim, ça donne plutôt ça.
-
RAGNAGROOOOOOK
!
-
GROAAAAAAAAAAAR
!
- Et bé, y a une différence, que te dis-je ? fit PO.
- C’est pas le bruit d’un troll, ça ? demanda en tremblant le voleur.
- Un troll ? On en a pourri combien, hein, Léthys ? demanda Gulfling en serrant amoureusement sa hache contre son sein.
-
GROAAAAAAAAAAAR
!
- Ouais, bon, il m’énerve, là, fit Grinder. Vous venez ? Il activa son sabre et se porta en avant.
- Ca roule, firent les trippeurs.
Les Nahuelbeukiens, interdits, restèrent un peu en retrait avant de
suivre le mouvement. Une grille barrait le passage : les aventuriers se
demandèrent où était la clé : Grinder coupa tout ça d’un mouvement
rageur de sabre. Derrière la grille, une bête immonde attendait nos
trippeurs. Comment allaient-ils s’en sortir ? Les aventuriers
étaient-ils dignes de confiance ? L’auteur allait-il enfin trouver une
*^*^ù$ de bonne idée sans plagier ? Vous le saures en lisant les
prochains…
TRIPS DU GRIGRI !
Trips du Grigri - Episode 11 : Trapped !
Trips du Grigri - Episode 11: Trapped !
Les trippeurs se tenaient devant les décombres qui encombraient
(c'est le cas de le dire) la cage de l'ascenseur secret menant au
repère secret de Bi££ Gate$ sous le lycée de l'Albanais.
" Qu'est-ce qu'on fait? demanda Grinder.
- Ben, on remonte!
- Qui a dit ça? fit Grinder.
- Moi, répondit PO.
- Et comment on fait, bougre de sagouin?
- Ben, on déblaie tout ça, et hop hop hop, on remonte!
- Tu déblaies avec quoi? intervint Chacha.
- Bé, euh...
-
Buuuuuurps
, laissez moi faire... éructa l'Empereur en piochant une bouteille de whisky et du tissu inflammable.
L'Empereur pochtron commença à introduire le tissu dans la bouteille, l'imbibant d'alcool.
- STOOOOOOOOOOOOOOP! hurla J.R. en portant ses mains à la tête,
lâchant par la même son maillet "spicy", qui retomba sur le pied de
Tom. (Le cri qui suivit serait passablement difficile à rapporter sans
une onéreuse table de montage et un expert en son ; nous nous
contenterons donc d'un simple
WOUAAAAAAARG!!
)
- Que se passe-t-il? demanda Jojo, pendant que Kardass pouffait.
- J'le sens pas, ce truc, répondit J.R. La chute de l'ascenseur a
déjà bien endommagé la structure, et apparemment, Bi££ Gate$ a trop
consolidé le tout. Une explosion serait fort peu conseillée.
- Mouais...
- On n'a qu'à creuser un tunnel, intervint Imy.
- Comment? s'enquit Léthys.
- Ben, si on réussit à choper suffisamment de petites cuillers, et avec un peu de patience...
- Et tu les trouvres où, tes petites cuillers? demanda Mercurio.
- Ben, dans la cantine!
- Et comment tu accèdes à la cantine, hmm? insinua sournoisement Horazon.
- Gnéééééééé...
- Dites, fit Kardass, d'un point de vue strictement logique, Gate$
se serait pas limité à un seul accès à son repaire souterrain, vous
pensez pas?
Long silence marqueur d'une intense réflexion.
" Il a pas tort, fit Grinder.
- Ouais, et il l’aurait planqué où, son deuxième accès ? insinua
sournoisement (aussi) J.R. Derrière elle, Tom, retenu désespérément par
Naru, essayait de lui mordre le mollet.
- Pfff, faut toujours que quelqu’un gâche tout, soupira Kardass.
Allons tout simplement voir dans la salle des ordis, peut-être y a-t-il
une porte avec marqué « deuxième accès » dessus !
Les trippeurs retournèrent dans la salle du Bi££ou. Et
effectivement, à la surprise générale, une porte avec « deuxième accès
» marqué dessus était présente.
- Le narrateur est prévisible, je trouve, fit PO.
- Cht ! intima Grinder.
- Ouais, il a jamais d’idées, c’couillon ! fit pleymo.
De mini nuages commencèrent à s’amonceler au-dessus des têtes de pleymo et Tom.
- De toute façon, l’important, c’est de sortir, non ? fit Kardass en posant la main sur la poignée de la porte.
Qu’il ouvrit.
Pour découvrir un mur en brique de la plus belle facture avec marqué dessus : « vous apprendra, bande d’enfoirés. »
- PO ? Pleymo ? fit doucement Grinder.
- Euh…
- Oui ? termina Pleymo.
- VOUS ET VOS CONNERIES ! hurla le héros (et c’est peu dire (sic))
de ces aventures. ON TROUVE ENFIN UNE SORTIE, ET IL FALLAIT QUE VOUS
POURISSIEZ LE TOUT EN VEXANT LE NARRATEUR ! BANDE DE PETITS…
- Du calme, intima J.R., menaçante, un gros « spicy » en main.
Tout le monde recula prudemment d’un pas, la colère de Grinder
s’estompa un peu.
- N’EMPÊCHE QUE SANS LEURS…
- Arrête les majuscules, fit J.R. Ca devient illisible pour les oreilles.
- Gné ?
- Contente toi de parler normalement.
- N’empêche que sans vos conneries, murmura Grinder…
- C’est mieux ! coupa J.R.
Grinder prit sa respiration, vira au rouge, puis repris en essayant
de ne pas foudroyer J.R. sur place. Un horrible sourire de dément lui
barrait le visage.
- …et ben, on serait sur le chemin du dehors ! termina le Sith, un filet de bave coulant de ses lèvres.
- Pis en plus, intervint Chacha, vu qu’on est sous terre, on va pas tarder à manquer d’air…
Treize regards vides se tournèrent vers elle.
- Ben, c’est vrai, quoi, et…
- AAAAAAAAAAH ! hurlèrent tous les trippeurs à l’unisson.
- Je veux pas mourir, je veux pas mourir ! hurla Tom, hystérique, sautillant de partout.
- Hep… tenta timidement Naru.
- Chuis trop jeune pour ça au mon Dieuuuuuu… se lamenta Horazon.
- Oui ? intervint Mercurio.
- Pas toi, couillon.
- Hep…
- Je… je sens le manque… d’air… suffoqua difficilement Imy, les mains à la gorge.
Joruus29, un chouïa moins paniqué que les autres, se raccrochait
fermement à la certitude du goulot d’un millésimé de Wayland. J.R.
tourna de l’œil, laissant tomber son maillet, qui, attiré par les lois
de Murphy, atterrit sur le pied droit de Tom. Tom serra les dents, au
bord des larmes, et se retint pour ne pas crier et ainsi gaspiller de
l’air. Il se contenta de pleurer à grosses larmes, la face
congestionnée par la douleur.
- Hep… retenta une Naru exaspérée.
- Chacha, serre moi foooooooort ! pleura PO, écrasant sa promise dans ses bras.
- … hoqueta Chacha, virant au bleu.
- HEP, CREVINDJIOU ! hurla Naru en pointant quelque chose vers le plafond.
Les trippeurs, interloqués, interrompirent leurs lamentations et
regardèrent dans la direction du doigt tendu de Naru. Lequel pointant
une grille avec marqué dessus « aération ».
- Oui, et alors ? fit pleymo. On a zigouillé l’alimentation générale…
Naru se contenta de repointer le doigt. Juste en-dessous clignotait
un petit témoin rouge : « branché sur alimentation d’urgence ».
- Ah.
- Euh.
- Héhé…
- WOUAAAAAAAAARG !
- Késsyspasse ? fit une J.R. sortant du coma.
- Il se trouve que vous vous êtes inquiétés pour rien, fit Grinder en toute mauvaise foi.
- Ben, même si on meurt pas asphyxiés, le problèmes reste le même, non ? fit Horazon. On peut pas sortir.
Dans le lointain, un roulement de tambour retentit. Tout le monde
se figea, l’espace d’un instant. Avant de se remettre à bouger.
- Arrête tes conneries, sermonna Gulfling, on se serait crus dans un roman d’heroic-fantasy.
- Ca va, bouda Horazon.
- Et comment on sort, alors ? demanda Léthys.
- Réfléchis, au lieu de poser des questions stupides ! fit Tom.
La situation s’envenima, tout le monde se mettant à crier sur tout
le monde. Finalement, Kardass, qui s’était assis dans un coin, se
releva, soupira un bon coup, et annonça :
- Bon, je ne pensais pas en arriver à de telles extrémités, mais puisqu’il en est ainsi…
- Oui ? fit un Grinder interloqué.
- Hu-hum, poursuivit Kardass, ménageant ses effets. Je crois que voilà le moment de me servir du pouvoir de… la Hamster Team !
Gros silence.
Mais alors gros, très gros. Tenez, pour vous faire une idée,
imaginez vous dans un bain, bien relaxé. Vous commencez à vous
assoupir, tranquillement, lorsque quelqu’un, qui ignore vos problèmes
cardiaques, vous explose brusquement un gros ballon en papier dans les
oreilles. Et bien, le silence qui survint juste après la déflagration
initiale, juste entre les deux battements de cœur ratés, oui, ce
silence d’outre-tombe, et bien, voilà, c’est ce genre de silence.
Bref, un gros silence, donc, qui fut rapidement interrompu par une série de rires gras.
- Gna gna et gna et gna et gna ! bouda Kardass en tirant la langue. Puisque c’est comme ça, je boude !
Il croisa les bras et se détourna du reste des trippeurs. Les rires s’éteignirent progressivement.
- Rhô, allez, c’était pour rire ! fit pleymo
- Ouais, on pensait pas à mal. fit Grinder.
- Si, si ! fit Tom.
SCHBONK !
- Oups, pardon, fit innocemment J.R. en ramassant son maillet «
spicy ». Après le WOUAAAAAAAARG d’usage, on commençait à avoir du mal à
distinguer le pied de Tom de ses chevilles à cause de bandages.
- Allez, Kardass !
- Grmpf !
- Allez, euh, Lulu ! (prononcez « Loulou »)
- GRMPF !
- Buuuuuuuurps !
- Bon, c’est d’accord, soupira Kardass. Donnez moi trente secondes.
Le Sith se retourna, se planqua derrière un rideau. Des sons
étranges finirent par se faire entendre. Puis le rideau tomba, révélant
un Kardass en costume de Hamtaro, avec une grosse casquette à oreilles
et des dents à faire pleurer un Gundark.
- Je vous préviens, le premier qui rit peut aller se faire photographier ! menaça Kardass.
Les trippeurs serrèrent les dents et n’émirent que des petits
gémissements de rire, d’une discrétion douteuse. Tom avait commencé à
sortir un appareil photo, Joruus29 une caméra. Seule J.R. restait à peu
près sérieuse en marmonnant des trucs du genre «
marmonnemarmonnemarmonnepasriduculeHamtaromarmonnemarmonnemarmonne »
- Bon, c’est parti ! annonça Kardass en vissant soigneusement sa casquette à oreilles sur sa tête.
Il s’approcha du mur, cracha dans ses mains avant de les frotter
l’une contre l’autre, puis il fonça dans le mur en émettant un fort
bruit de foreuse. Un nuage de poussière s’éleva, masquant l’action aux
yeux des trippeurs. Lorsqu’il retomba, ce fut pour laisser la place à
un tunnel qui s’enfonçait dans des profondeurs obscures. Seul un
lointain bruit de mastication indiquait que, dans le lointain, un
Kardass hamsterisé était à l’œuvre.
Prudemment, les trippeurs s’enfoncèrent dans le tunnel. Où cela allait-il encore les mener ?
